mai 16, 2021

Des Pas dans le Brouillard

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Titre Original : Footsteps in the Fog

De: Arthur Lubin

Avec Stewart Granger, Jean Simmons, Bill Travers, Ronald Squire

Année : 1955

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Depuis la mort de son épouse, Stephen Lowry affiche une douleur feinte. Une mort que lui-même a provoquée en empoisonnant sa femme. Sa jeune servante, Lily, a trouvé le flacon d’arsenic et obtient de ce fait un redoutable moyen de pression dont elle use. Elle en profite pour prendre de l’autorité dans la maison et contraint Stephen de faire d’elle sa maîtresse. Or, Stephen désire épouser Elizabeth, la fille de son associé Alfred Travers.

Avis :

Il arrive que parfois, certains réalisateurs des années 40/50 demeurent dans l’anonymat le plus total  de nos jours. C’est un peu le cas d’Arthur Lubin, et pourtant, le cinéaste a une longue filmographie, notamment dans le cinéma bis et le mélange comédie/épouvante. Pour preuve, il commence sa carrière en 1940 avec Vendredi 13, un film d’horreur avec Boris Karloff et Bela Lugosi, qui n’a rien à voir avec Jason Voorhees. Par la suite, il va faire plusieurs films mettant en scène Bud Abbott et Lou Costello, dans la série des Deux Nigauds. Mais sa carrière atteindra son paroxysme en 1943 avec son adaptation du Fantôme de l’Opéra pour Universal. Par la suite, Arthur Lubin va continuer son bonhomme de chemin en faisant très souvent des films d’horreur ou des films fantastique à l’image de The Spider Woman Strikes Back. Vers la fin de sa carrière, il s’aventurera plus dans d’autres genres et c’est avec Des Pas dans le Brouillard qu’il va revenir un petit peu sur le devant de la scène.

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Film oscillant constamment entre le drame et le thriller, Des Pas dans le Brouillard est un métrage hybride qui cache un joli jeu de chat de la souris entre deux acteurs au top de leur forme. Il faut dire que le film se concentre exclusivement sur la relation duelle entre les deux personnages, qui sont, chacun à leur manière, d’odieux personnages, ne visant qu’une chose, la richesse. En effet, d’un côté nous avons Stewart Granger, un homme riche qui vient de perdre sa femme mais qui ne fera pas illusion bien longtemps, étant visiblement satisfait de ce décès et de son plan machiavélique. De l’autre côté, Jean Simmons demeure plus fourbe, cachant un démon derrière un visage d’ange. Là aussi, cette jeune femme de ménage va devenir un maître chanteur avec une psychologie très ambiguë. Et c’est de la relation entre les deux personnages que va naître le principal intérêt du film. Car au bout d’un moment, on ne sait plus sur quel pied danser avec eux. Tantôt honnête, tantôt fourbe, les deux personnages cherchent mutuellement à se rendre la pareille, l’un pour sauver son honneur et l’autre pour obtenir richesse et respect.

Le plus impressionnant dans ce film, c’est que ces deux personnages, qui sont finalement les héros, il n’y en a pas un seul qui a un bon fond. Aussi ignoble l’un que l’autre, le film met en avant les pires instincts humains pour obtenir des choses finalement si futiles. D’autant plus que chaque action est réfléchie pour piéger l’autre et qu’in fine, les raisons des exactions des personnages sont purement et simplement matériel. Le pire, c’est que l’un comme l’autre sont complètement dénués de sentiments, n’éprouvant ni remord, ni regret sur certaines actions, à l’image de ce meurtre gratuit dont le personnage principal se sauve in extremis, dans un tribunal et ne montrant aucune sensation. Seule Jean Simmons semble avoir un semblant de remord à faire ce qu’elle fait, mais on en arrive à un tel point que l’on se demande si elle ne joue pas un jeu afin de tromper le spectateur. D’ailleurs, cette relation toxique qui sera au centre de l’histoire va aboutir à un autodestruction programmée et dramatique.

Le seul point noir du film, c’est la réalisation qui reste assez plate et sans trop d’idées. Certes, l’ambiance globale est plutôt intéressante, car elle rappelle les films gothiques de la Hammer, notamment dans les décors ou encore dans cette brume permanente, si chère à l’Angleterre et aux films se déroulant dans ses vertes contrées. Cependant, Arthur Lubin livre une mise en scène assez classique, avec des lieux qui se répètent et sans grande envie. A titre de comparaison, Douglas Sirk, pour la même époque, avait beaucoup plus d’idées que lui. Alors après, il y a bien une scène dans le brouillard qui demeure plutôt éthérée, réminiscence du cinéma d’épouvante cher à Arthur Lubin, scène qui reste bien foutue, mais qui est aussi très attendue et sans surprise.

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Au final, Des Pas dans le Brouillard est un film noir britannique plutôt intéressant et relativement plaisant. D’une durée courte, ne se perdant pas en fioritures, le film d’Arthur Lubin se concentre sur une relation toxique entre deux personnages abjects dont le jeu consiste à faire chanter l’autre pour aboutir à ses fins. Il en résulte un film simple, presque malsain, mais qui pêche par son manque d’idées de mise en scène, malgré une ambiance quasi gothique omniprésente.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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