décembre 2, 2021

La Féline

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Titre Original : Cat People

De : Paul Schrader

Avec Nastassja Kinski, Malcolm McDowell, John Heard, Annette O’Toole

Année: 1982

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Irena retrouve son frère Paul à la Nouvelle-Orléans. Dans les jours qui suivent, une mystérieuse panthère tue une prostituée. L’animal se révèle avoir d’étranges liens avec Paul et Irena.

Avis :

Faire des remakes ne date pas d’aujourd’hui. De tous les temps et depuis les prémices du cinéma, reprendre un film pour le remettre au goût du jour s’est toujours fait et parfois, on ne sait même pas que le film en question est un remake. Prenons The Thing de John Carpenter qui est un remake, n’en déplaisent à certains. Il faut dire que les films fantastiques des années 40 ont pris une certaine claque, que ce soit dans le scénario ou dans les effets spéciaux et bien souvent, ils ont besoin d’un petit coup de polish pour briller à nouveau. Remettre au goût du jour, certes, mais surtout apporter une certaine modernité à un propos qui commençait à devenir poussiéreux malgré un fond diantrement intéressant. C’est donc après quarante ans d’existence que le film La Féline de Jacques Tourneur va subir un remake de la part du sulfureux Paul Schrader, à qui l’on doit notamment Hardcore, qui est une plongée âcre dans le monde du porno. Et comme à son habitude, le réalisateur ne va pas y aller par quatre chemins, offrant un remake classieux, érotique, moite, mais qui traine un peu en longueur et dont le propos reste un poil trop obscur.

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La Féline raconte donc les retrouvailles d’une jolie nana avec son frère, qui ne souhaite qu’une chose, la baiser. Sombrant rapidement dans un contexte incestueux mettant mal à l’aise le spectateur, le réalisateur va en profiter pour peaufiner une ambiance mystique et dérangeante. En effet, après une introduction riche en symbolique, Paul Schrader va contextualiser une légende urbaine dans notre époque et alterner des plans étranges avec d’autres beaucoup plus terre à terre. Et c’est de cette dichotomie que va naître l’atmosphère si particulière du film, offrant un métrage à la frontière entre fantastique, horreur et drame érotique. Du coup, La Féline vaut vraiment le coup d’œil pour sa mise en scène fiévreuse et ses séquences assez chaudes avec la sculpturale Natassja Kinski.

Mais pas que. En effet, s’arrêter à cet état de fait que Paul Schrader est un génie de la caméra et sait filmer le corps des femmes comme personne serait très réducteur. La Féline c’est aussi et surtout une histoire d’amour infinie qui dépasse les frontières de la famille et se veut mystique. Un mysticisme assez difficile d’accès mais qui offre cette ambiance éthérée au film et permet de tenir en haleine le spectateur face à quelque chose d’étrange et qui a une portée assez lointaine. D’ailleurs, cette rêverie est souvent bousculée par des fulgurances gores dont le cinéaste n’hésite pas une seule seconde à montrer en gros plans, comme lorsqu’un employé de zoo se fait arracher un bras. Là encore, tout est fait pour choquer, interpeller et ainsi donner plus de richesse aux plans plus charnels.

Seulement, le film de Paul Schrader souffre de plusieurs scories. Rien de bien grave en soi, mais assez pour faire baisser le film en qualité. En premier lieu, il y a une mauvaise gestion du rythme. Si le film est parfaitement dosé dans son jonglage des genres, il manque de dynamique sur certaines séquences et il y a des creux qui font perdre le fil du métrage. Ainsi, par moments, le spectateur lâchera l’affaire, faisant retomber une ambiance pourtant prégnante. Ensuite, comme dit plus haut, le film a une symbolique très forte et parfois, il est très complexe d’en saisir toutes les subtilités. A titre d’exemple, si la fin veut montrer une ode à l’amour et une malédiction horripilante, la façon d’y arriver laisse dubitatif et il manque vraiment de l’émotion. D’ailleurs, ce sera l’un des points faibles du film, l’absence concrète d’émotion. Si certaines séquences sont chaudes, si le jeu du chat et de la souris entre John Heard et Natassja Kinski est beau et intéressant, il manque vraiment de la douceur dans ce film, il manque une petite nuance d’amour psychologique pour pleinement convaincre. En fait, on se retrouve face à un film où l’aspect sexuel prédomine sur le côté psychique et c’est un peu dommage, car un juste dosage des deux aurait été bénéfique, rendant la fin plu touchante, plus dramatique.

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Au final, La Féline de Paul Schrader, le remake du métrage de Jacques Tourneur, est un film qui a bien vieilli et qui résiste aux affres du temps. Erotique à plus d’un titre et bourré de symbolique sur l’amour, le métrage demeure encore aujourd’hui un réel plaisir qui trouve un juste équilibre entre fantastique, horreur et érotisme. Cependant, entre les problèmes de rythme et la portée symbolique difficile d’accès, ce film demeure étrange et manque cruellement d’émotion. Mais même si cela gâche un peu le film, La Féline reste un bon métrage sulfureux, comme on n’en fait plus maintenant.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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