mai 26, 2024

Automata – Proche de la Cata

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De : Gabe Ibanez

Avec Antonio Banderas, Dylan McDermott, Melanie Griffith, Birgitte Hjort Sorensen

Année : 2014

Pays : Espagne, Bulgarie, Etats-Unis, Canada

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Jacq Vaucan, un agent d’assurance de ROC robotics corporation, fait des tests sur des robots. Ce qu’il découvre va avoir de profondes conséquences sur l’avenir de l’humanité.

Avis :

Les mondes post-apocalyptiques ont le vent en poupe depuis l’avènement de Mad Max Fury Road l’année dernière. Entre des univers désertiques ou un paysage dans lequel le robot est devenu monnaie courante, le cinéma permet à chaque réalisateur d’avoir sa vision du futur et d’imposer une imagerie plus ou moins forte. Néanmoins, certains films ont plus marqué les esprits que d’autres, et outre les Mad Max de George Miller, on peut aussi noter l’énorme influence de Blade Runner sur la science-fiction moderne. Riche en allégorie et métaphore sur la vie et la mort, le film de Ridley Scott a eu un impact émotionnel incroyable, tant et si bien que certains thèmes ont du mal à s’en défaire pour avoir leur propre identité. C’est par exemple le cas avec Automata de Gabe Ibanez, un film de science-fiction dans un monde dystopique qui veut avoir une réflexion profonde sur la nature humaine et son extinction.

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Jouant à fond la carte de l’acteur principal connu, Automata va tenter deux coups. Celui de relancer la carrière d’Antonio Banderas, même si on a pu le voir totalement décomplexé dans Expendables 3, et celui de faire un petit film de SF à l’ambition démesurée, citant sans vergogne ses aînés. Seulement, aucune des deux volontés ne va réussir, la faute à un scénario indigent et à une réalisation transparente qui n’arrivera jamais à décoller. Le film démarre pourtant bien. Les effets spéciaux sont convaincants, mais c’est surtout l’aspect policier prédominant qui le sort du lot des films de SF. Tous les ingrédients sont réunis pour fournir un bon thriller post-apo dans le domaine des robots, sans pour autant tomber dans la surenchère d’action. Sobre, avec un héros torturé qui se cherche, aussi bien psychiquement que dans son métier, le film arrive à captiver avec des moyens simples. D’autant plus que la photographie du métrage est relativement belle, palliant rapidement le manque de budget évident, qui se ressent dans une mise en scène simple et sans aucune grandiloquence.

Mais malheureusement, le film se perd rapidement en tergiversations inutiles et surtout dans un pamphlet contre l’humanité qui ne sert pas à grand-chose. De la psychologie de comptoir, voilà ce que nous sert Automata. Et c’est tout le problème du film qui va essayer par tous les moyens de retranscrire le mythe du zombie à la sauce robot. Ici, chaque humain est désespéré ou méchant et signe pas à pas son extinction. Alors que les robots, serviles, ne font qu’accélérer une fin d’existence de plus en plus évidente. Le film, qui n’arrive jamais à s’éloigner de son propos pour prendre de la distance sur ses dires, reste figé dans une nonchalance pénible. De ce fait, tout est prévisible en plus d’être lent et rien ne raccroche le spectateur aux personnages. Même le héros du film est insupportable, autant dans son inaction que dans sa surenchère d’émotions sur la fin, mais l’empêchant de prendre des décisions importantes. D’autant plus qu’Antonio Banderas empêche au personnage de prendre toute son ampleur, la faute à un surjeu permanent et à une absence totale de logique. Seul Dylan McDermott, en flic gominé, aurait pu sauver la mise, mais il est aussi transparent que son K-way dans le métrage.

Alors que reste-t-il à sauver dans ce film malgré des débuts prometteurs. Pas grand-chose tant le métrage nous laisse sur une impression de fainéantise sur la fin. Car non seulement c’est long, mais le réalisateur tire au maximum ses scènes pour tenter, certainement, d’alourdir son propos contre les humains. Malheureusement, tout cela est très maladroit et le réalisateur tombe dans une mise en scène contemplative détestable, voulant certainement apporter une vision auteurisante à son œuvre. Sauf que ça ne marche pas et rend le tout indigeste et peu passionnant. Et c’est dommage parce que certaines choses sont bien dans ce film, comme les effets spéciaux relativement convaincants ou encore un début tonitruant sous forme de thriller policier avec une enquête.

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Au final, Automata n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Le film ne tient pas la distance malgré une entrée en la matière plutôt convaincante et se perd en conjectures stupides, tirant vers le post-apo de bar-tabac avec une réflexion psychologique de bas-étage. Mensonger sur la façon de vendre le film (en voyant la jaquette, on pourrait croire à un nouveau I, Robots de Proyas), Automata ne relancera pas la carrière d’Antonio Banderas qui se révèle être mauvais en plus d’être desservi par une VF imbuvable. Bref, un métrage décevant, car bien trop long pour ce qu’il a à raconter, à l’image de sa traversée du désert, qui marque le climax du film.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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