janvier 22, 2022

Taj Mahal

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De : Nicolas Saada

Avec Stacy Martin, Louis-Do De Lencquesaing, Gina McKee, Alba Rohrwacher

Année : 2015

Pays : France, Belgique

Genre : Drame

Résumé :

Louise a dix-huit ans lorsque son père doit partir à Bombay pour son travail. En attendant d’emménager dans une maison, la famille est d’abord logée dans une suite du Taj Mahal Palace. Un soir, pendant que ses parents dînent en ville, Louise, restée seule dans sa chambre, entend des bruits étranges dans les couloirs de l’hôtel. Elle comprend au bout de quelques minutes qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Unique lien avec l’extérieur, son téléphone lui permet de rester en contact avec son père qui tente désespérément de la rejoindre dans la ville plongée dans le chaos.

Avis :

Nicolas Saada est un réalisateur français qui a plutôt bien commencé sa route. Scénariste plutôt doué, il a travaillé sur des films tels que « Les Marchands de sable » de Pierre Salvadori ou « Nuit blanche » de Frédéric Jardin. Entre deux scénarios, Nicolas Saada s’essaie à la réalisation et livre « Espion(s)« , un petit film d’espionnage romantique porté par Guillaume Canet et Géraldine Pailhas. Un film qui, sans être extraordinaire, avait son petit charme. Mais depuis, le réalisateur était aux abonnés absents.

Puis a débarqué la bande-annonce de « Taj Mahal« , un film tourné en Inde et porté par la « Nymphomaniac » de Lars Von Trier, Stacy Martin. Au vue de l’actualité, « Taj Mahal » avait de quoi déranger et on fut assez surpris qu’il reste programmé pour une sortie en salle, alors que d’autres films comme « ‘Made In France » de Nicolas Boukhrief furent reportés. Le film revient sur des attentats commis par des djihadistes dans un hôtel de luxe à Bombay en 2008. La bande-annonce laissait présager un film assez saisissant. Mais à la place de ça, hormis deux ou trois bonnes idées, « Taj Mahal » se révèle être une catastrophe totale. Un film en totale roue libre qui va faire tous les mauvais choix.

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Louise est une jeune femme de dix-huit ans qui accompagne ses parents à Bombay pour deux ans. Installée dans un grand hôtel de la ville, elle qui veut faire de la photo, profite de ses journées pour visiter la ville et prendre quelques clichés histoire de s’imprégner de l’ambiance du pays. Un soir, alors que ses parents sont sortis dans un restaurant, Louise qui regardait tranquillement un film dans sa chambre, entend de grosses détonations. Très vite, elle apprend que l’hôtel est victime d’une attaque terroriste. Sur les conseils de son père qui essayait de rejoindre les lieux du drame au plus vite, Louise s’enferme dans sa chambre et se cache dans la salle de bains. Commence alors pour elle de très longues heures où les détonations se font de plus en plus proche.

Pour son deuxième film, le réalisateur Nicolas Saada a décidé de mettre en lumière un épisode peu reluisant de l’histoire du terrorisme. Le film nous raconte sur le papier la prise de l’hôtel le Taj Mahal, un soir de novembre 2008. Le film se base plus particulièrement sur la survie d’une jeune femme piégée dans sa chambre. Jusque-là, et malgré l’actualité, l’idée donnait envie, surtout que la bande-annonce laissait présager un film qui ressemblerait plus à un huis-clos psychologique. Mais ça, c’était sur le papier, car une fois transposé à l’écran, on va rester stupéfait devant l’improbabilité de ce film, dont rien ou presque ne ressort.

Pour la faire simple, le début est plein de charme, même si le jeu d’acteur laisse à désirer. L’Inde et l’ambiance de la ville fonctionnent bien et les vingt premières minutes sont relativement plaisantes. Puis, très vite après, le film commence à traîner en longueur, un peu comme si le réalisateur tuait le temps, pour laisser en suspens le spectateur sur ce qui va suivre. Quand est-ce que l’attaque va-t-elle commencer ? Malheureusement, ça ne fonctionne pas, car on a vu la bande-annonce et on le sait comment elle débute. Le film lasse donc très vite, mais on reste attentif, espérant « le meilleur » pour la suite. Mais une fois l’attaque commencée, « Taj Mahal » sera confondant de bêtise, d’improbabilité et surtout de lourdeur, à se demander comment la plupart de ce que l’on voit a pu être validé à un moment ou un autre.

Franchement, hormis deux ou trois scènes qui peuvent faire monter une certaine tension, comme les tirs qu’on ne voit pas, les ombres derrière la porte ou encore l’idée de ne jamais sortir de cette chambre et de ne pas voir ce qu’il se passe dans cet hôtel pour laisser l’imaginaire faire le reste, on repassera pour la suite.

Le scénario est pourtant très simple et aurait dû fonctionner, mais clairement, ça ne marche pas. Aucune ambiance, les différentes « péripéties » laissent sourire tant on n’y croit pas. Les personnages sont inconsistants et mal joués. On a l’impression que personne n’est dirigé et chacun se démerde comme il peut. Le film traîne en longueur, alors qu’il fait à peine une heure et demie. Le réalisateur s’attarde à essayer de faire monter la pression, avec des actions qui ne servent à rien. On peut comprendre que la peur fasse son œuvre, mais parfois, c’est un peu tiré par les cheveux. Dix minutes, peut-être plus, sur un personnage qui rampe pour aller chercher son chargeur de portable… Les personnages des parents sont une blague à eux seuls. Pour vous dire, je crois bien que ce sont les parents les plus détendus du monde, en sachant leur fille piégée dans un hôtel plein de terroristes qui tirent sur tout ce qui bouge. En plus de ça, les actions et les comédiens sont alimentés par des dialogues risibles. D’autant plus risible que comme les comédiens n’y croient pas vraiment, ils n’y mettent pas le ton. On avance donc difficilement vers la fin. En fait, le seul truc qui fait tenir le spectateur devant un tel désastre, c’est l’envie de savoir si la belle Stacy Martin (qui fait ce qu’elle peut) va s’en sortir ou non. Alors imaginez le désespoir quand on découvre que le film va plus loin que le soir des attentats, et qu’une fois la belle sauvée (ou non), le réalisateur décide de tirer l’expérience sur un bon quart d’heure pour faire de la psychologie sur le choc post-traumatique des victimes.

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« Taj Mahal » développe donc quelques bonnes idées, mais qui malheureusement est difficilement regardable. Et de « Taj Mahal« , j’en garderais simplement l’envie de Nicolas Saada de faire autre chose que ce que l’on a l’habitude de voir dans le cinéma français. On saluera donc l’initiative, mais le constat est totalement raté… Dommage.

Note : 04/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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