juin 13, 2024

Nickelback – No Fixed Address

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Avis :

Dans tous les domaines musicaux, il est difficile de classer bien précisément certains groupes tant ils essayent de mixer différents styles pour avoir leur propre identité. Le domaine du rock n’échappe à cette règle avec des sous-genres stériles comme le post-grunge, le rock alternatif, le doom métal ambiant psychédélique et bien d’autres aux noms imprononçables, la palme revenant au mathcore, genre de métal à la frontière du djent et du n’importe quoi. L’essentiel, pour tous ceux qui aiment les guitares et la batterie, c’est que le son soit là et résonne bien. Que tout cela fasse rock n’roll. Et pourtant, Nickelback fait partie des groupes de rock les plus connus et les plus moqués, à cause d’une prépondérance à l’aspect commercial et mercantile du rock. Mais que nenni, le groupe vit depuis 1995 et continue de vendre plus de disques que la moyenne dans le rock alternatif, pointant de façon éhontée un majeur en face de ses détracteurs. Après le succès de How You Rewind Me, ballade rock que l’on nous a ressassé dans les oreilles jusqu’à la lie, le groupe est revenu fin 2014 avec un huitième album, No Fixed Address, qui fut enregistré un peu partout dans le monde. Et bizarrement, le résultat est plutôt intéressant et bien plus rock que ce qu’en dise les pisse-froids.

Le skeud s’ouvre sur Million Miles an Hour, un morceau débordant d’énergie avec des riffs très agressifs et une voix en retrait, un peu trafiquée, donnant plus de peps et montrant que le groupe est de retour avec une envie de rentrer dans le lard. Le titre est assez long mais relativement bien foutu et lorgnerait presque du côté du métal avec une vitesse très intéressante. Le deuxième titre sera du même acabit tout en gardant une certaine retenue et un peu plus de technicité. Edge of a Revolution est plus lent, plus Nickelback, mais reste relativement puissant pour le groupe qui nous avait habitué à des ballades moins transcendantes. On aura même droit à un solo ultra rapide, mais bien réalisé, montrant que le guitariste solo en a sous la pédale et pourrait faire plus pour le bien-être du groupe. Et cette énergie, on la retrouve qui parsème tout l’album, mais dans des genres assez différents. En effet, si les deux premiers titres entrent dans un rock alternatif proche du hard, on ne pourra pas dire cela de She Keeps Me Up, quatrième pièce de l’album, qui rentre plus dans une funk rock plutôt sympathique et qui remplit son office. C’est cool, c’est bien foutu et cela donne une pêche d’enfer. On sent aussi une certaine inspiration cajun dans Get ‘Em Up et son riff redondant et grave, pour un titre entrainant et qui montre toute la palette inspiratrice du groupe, qui arrive à changer de style comme de chemise tout en réussissant à ne jamais se perdre. Et bizarrement, ces morceaux sont moins porteurs sur le marché de la musique et on ne peut pas dire que le groupe fait du mercantile. On retrouvera cela avec The Hammer’s Coming Down, morceau plus grandiloquent que la moyenne ou encore Sister Sin qui clôture l’album de façon sympathique.

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Néanmoins, tout n’est pas parfait dans l’album. Le groupe a toujours tendance à tomber dans le piège de la ballade facile ou du titre plus commercial que le reste. On obtient alors un skeud en dent de scie, qui penche fort heureusement du bon côté de la balance. L’exemple le plus flagrant est What are you Waiting For ?, un titre chiant au possible avec un beat électro en fond, un refrain barbant et digne d’un final de 50 Nuances de Grey et avec des inserts électros qui plus mauvais effet. Il s’agit clairement du plus mauvais titre de l’album. On pourra aussi compter sur Satellite, un truc insignifiant et qui ne restera pas du tout en tête ou encore Make me Believe Again, qui reste un peu plus rock, mais qui s’avère trop lénifiant pour vraiment marquer les esprits. Enfin, difficile de passer à côté de l’autre pire morceau du skeud, Miss You, qui est une catastrophe sur toute la ligne, voulant partir sur des bases reggae et des paroles débiles, et arrivant à un titre quasi inécoutable. Et que dire du titre Got me Runin’ Round en duo avec Flo Rida et qui reste une déception malgré l’ajout de cuivres.

Au final, No Fixed Address, le dernier album de Nickelback, souffle le chaud et le froid dans un album qui n’est pas si désagréable et qui contient de bonnes surprises à l’instar des deux premiers titres. Un album varié, qui essaye d’autres pistes, allant de la simple ballade lénifiante aux morceaux plus hard et pêchu, tout en passant par des titres plus funk voire pop. Bref, un skeud qui n’est ni une déception, ni un chef d’œuvre, mais qui a le mérite de ne pas décevoir et d’essayer autre chose tout en gardant un style solide, s’assurant l’adhésion de fans.

  1. Million Miles an Hour
  2. Edge of a Revolution
  3. What are you Waiting For ?
  4. She Keeps Me Up
  5. Make Me Believe Again
  6. Satellite
  7. Get ‘Em Up
  8. The Hammer’s Coming Down
  9. Miss You
  10. Got Me Runnin’ Round feat Flo Rida
  11. Sister Sin

Note: 13/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=gmdzbVVin0s[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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