janvier 22, 2022

Life After Beth – Zomb Romance

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De : Jeff Baena

Avec Dane DeHaan, Aubrey Plaza, John C. Reilly, Anna Kendrick

Année: 2015

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Horreur, Comédie

Résumé :

Dévasté par le décès brutal de Beth, sa petite amie, Zach décide de ne pas laisser passer sa seconde chance lorsque sa bien-aimée revient d’entre les morts.

Avis :

Le film de zombie est un genre balisé dont il est très difficile de sortir des codes. Si George Romero a bâti sa carrière sur ce genre et demeure le fondateur du mort-vivant moderne, peu de réalisateurs ont réussi à lui tenir tête dans ce domaine, tant l’aspect dramatique reste similaire et qu’il est difficile d’innover dans le fond. Alors que faire ? Visiblement, les comédies sont le ressort dont a besoin le zombie. Il faut dire que rire avec un sujet aussi lourd de sens que la mort qui n’existe plus et l’absence de rédemption semble être un chemin tout tracé pour briser certains codes et certains tabous. Il n’est donc pas étonnant de voir que les meilleurs films de chair putréfié en marche sont des comédies comme Shaun of the Dead, Bienvenue à Zombieland ou encore Life After Beth. Certes, tout n’est pas réussi dans ces films-là, mais il y a une volonté de briser des codes et de garder l’aspect tragique du zombie tout en y apportant un vent de fraîcheur. Et si pour certains la moquerie est de toutes les injures celle que l’on pardonne le moins, quand on frôle l’hommage par le pied de nez, on ne peut qu’applaudir.

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Premier film de Jeff Baena, on ne peut pas dire que le cinéaste a choisi de commencer sa carrière par thème évident. Là où certains se laissent aller au drame intimiste ou la comédie graveleuse, le réalisateur choisit un thème très codé pour y appliquer une version teenager franchement rafraîchissante. Parce qu’on oublie souvent que le travail du deuil n’est pas si évident, et que le zombie peut permettre un déni évident. C’est ce que va tenter d’explorer avec tendresse et drôlerie le réalisateur avec Life After Beth. Beth est une jeune adolescente qui se fait mordre par un serpent lors d‘une randonnée et meurt. Zac, son petit ami est désespéré, jusqu’au jour où il découvre que Beth est revenue. Sauf que jour après jour, l’état de Beth se dégrade et elle devient de plus en plus violente. Et c’est bien là qu’arrive tous les enjeux dramatiques du film.

Tout d’abord du deuil parental. Il n’y a rien de pire que de perdre un enfant et le cinéaste arrive bien à faire ressentir cela avec les deux parents de Beth. Entre la joie et la surprotection, on va avoir droit à une vision très touchante et très dure de la perte d’un enfant, de ce que l’on peut être prêt à faire pour ne pas reperdre un être cher. Perçue comme une deuxième chance, cette opportunité sera en fait un cadeau empoisonné qui engendrera des évènements bien plus graves. Ensuite, il y a le deuil de l’être aimé. Plutôt que de partir sur un amour bien installé, Jeff Baena place son point de vue sur un amour adolescent et incandescent. Et c’est très intelligent puisque cela va permettre d’aborder les thèmes de l’amour frivole, celui qui est libérateur, sans souci et instantané. De là va naître les premiers doutes, la fuite puis la prise de responsabilité. En fait, Life After Beth est un film d’amour qui utilise le zombie comme parabole, mixant les codes des deux genres pour en faire un film hybride d’une grande efficacité.

Et si le film a des lacunes, comme sa première partie qui montre deux familles un peu barges, ainsi qu’une réalisation très simple, renvoyant perpétuellement au cinéma indépendant américain, le cinéaste arrive à rendre son film non seulement attachant, mais aussi très drôle. Et pas seulement dans une loufoquerie qui virerait rapidement à la gaudriole, mais dans un humour, presque anglais. Certaines situations sont totalement ubuesques, mais le film arrive à tenir jusqu’au bout son concept sans jamais défaillir, en mettant cet humour par petites touches, même au sein de la dégradation physique de l’héroïne. Et c’est bien là toute la réussite du film, réussir à émouvoir et faire rire sur un postulat de départ quasi horrifique. Cela est dû aussi en grande partie à des acteurs très complices et relativement convaincants. Dane DeHaan est très touchant dans sa relation avec sa petite amie et Aubrey Plaza est à la fois drôle et effrayante. Le couple fonctionne parfaitement, les jeunes acteurs étant partis deux semaines tout seul pour apprendre à se connaître. Et que dire de John C. Reilly, qui trouve un rôle tout simple, mais débordant d’amour pour sa fille.

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Au final, Life After Beth est une étonnante surprise qui est complètement en dehors des clous plantés par Romero. Drôle, touchant mais aussi intelligent et parfois apeurant, le premier film de Jeff Baena est une petite réussite dont il serait dommage de passer à côté. Si le genre essaye d’échapper à ses codes avec des postulats de départ différents, il faut croire que celui de la comédie douce-amère soit un meilleur choix que le drame larmoyant, puisque ce film s’avère bien meilleur que Maggie, sorti la même année, et pourtant, il a fait bien moins de bruit.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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