mai 17, 2021

Les Dossiers Secrets du Vatican – Ils Auraient Dû Rester Secrets…

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Titre Original : The Vatican Tapes

De : Mark Neveldine

Avec Olivia Taylor Dudley, Michael Pena, Dougray Scott, Djimon Hounsou

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Angela Holmes, une jeune femme ordinaire de 27 ans, comprend un jour que sa présence a un effet dévastateur sur son entourage, infligeant des blessures, voire la mort, à ceux qui l’approchent. Estimant qu’elle est possédée, le Vatican est sollicité pour pratiquer l’exorcisme. Mais il s’avère que le mal qui ronge Angela est une ancienne force satanique d’une puissance hors du commun. Le père Lozano va tenter d’éliminer le redoutable démon, pas seulement pour sauver l’âme de la jeune femme, mais notre monde…

Avis:

Le cinéma est un médium qui sert à véhiculer trois sensations, la tristesse, la joie et la peur. Mais il faut croire que la plupart des scénaristes et producteurs ont oublié comment transmettre ce dernier sentiment. Depuis quelques années déjà, le film d’horreur subit une baisse flagrante de qualité. Si certains s’en sortent mieux que d’autres, l’horreur cinématographique perd de sa superbe et le cinéphile averti regrette amèrement les années 70/80, où un vent de liberté soufflait sur les productions sanguinolentes. Avec l’avènement du found-footage permettant de grosses économies, le cinéma d’horreur s’est fourvoyé dans un axe superficiel et sans saveur. Et si Les Dossiers Secrets du Vatican n’est pas un found-footage, il n’en demeure pas moins aussi creux et terriblement mal foutu. Retour sur un échec retentissant.

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La principale problématique qui ressort dans chaque film d’horreur du moment, c’est le vide intersidéral qui imprègne les protagonistes. Hormis Crimson Peak, même s’il reste en dehors des clous du film d’horreur typique, tous les personnages de film d’horreur contemporain sont de gros stéréotypes qui essayent de correspondre à une jeunesse actuelle fantasmée. De ce fait, on a soit de jeunes débiles profonds dont les réactions sont injustifiées, soit des personnages lambda qui n’ont aucune particularité hormis celle d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Le film de Mark Neveldine, qui signe sa première réalisation tout seul, est symptomatique de cette pauvre caractérisation. Et cela a pour effet de ne ressentir aucune empathie envers les personnages. Vu qu’on ne les aime pas, qu’on ne ressent rien pour eux, comment alors susciter la moindre peur sur le devenir de ces gens. D’autant plus qu’au-delà du personnage, il devient très difficile à l’acteur de s’imprégner du rôle s’il n’a pas une description poussée de ce qu’il doit incarner. Et le film ne déroge pas à cette règle. Olivia Taylor Dudley a beau être très jolie, on ne croit pas une seule seconde à sa partition. Tout comme Michael Pena dans le rôle d’un ex marines devenu prêtre qui est transparent et qui se demande tout au long du film comment il doit jouer.

Néanmoins, si l’on ne ressent rien pour les personnages, qui s’avèrent pénibles et parfois risibles, peut-être que le film possède une bonne ambiance. Et là encore, c’est raté. Le film n’arrive jamais à trouver le bon équilibre entre ambiance délétère et étrange et moment plus impressionnant. C’est bien simple, on flirte très souvent dans le néant et la réalisation est désastreuse. Regarder Les Dossier Secrets du Vatican (va savoir pourquoi le pluriel est utilisé alors qu’il n’y a qu’un cas) équivaut à se taper une version longue des Feux de l’Amour. Du coup, si le spectateur n’a pas encore 80 ans révolus, il risque fort de se faire chier. Mais blague à part, le métrage est une grosse blague. Entre une clarté rendant la photographie kitsch au possible et une shaky-cam à la moindre bousculade, le film n’a jamais une identité propre et ne montre jamais la sauce au niveau de l’ambiance. La fin atomise tout sur son passage, partant à vau l’eau et devenant une vanne potache sur la possession où l’héroïne devient un super sayan détruisant tout sur son passage.

Alors que reste-t-il au film? Rien, résolument rien. On aurait pu croire à quelque chose de plus sérieux et mieux torché que Gallows ou Unfriended, mais rien n’est fait, et c’est peut-être pire. Même le scénario ne tient pas la route, et la forme donnée ne correspond pas tellement à la finalité. On se retrouve avec des plans en found-footage très rapide, des moments en caméra de surveillance, des moments en caméra embarquée, mais sans jamais de liant entre ces plans, ce qui donne un film un aspect de négligence vraiment détestable. D’autant plus que le métrage ne se positionne jamais sur un style d’horreur. Certes, on a la possession, mais c’est relativement mal exploité, ne mettant aucunement l’accent sur une tension palpable durant le sempiternel exorcisme et en plus cela, le film ne sera jamais gore ou malsain. Tout se passe hors-champ ou de manière brouillonne afin de masquer un manque d’idée flagrant de mise en scène.

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Au final, Les Dossiers Secrets du Vatican est certainement l’un des pires films d’horreur de l’année voire de la décennie. Nanti d’une absence de scénario décent, le film s’octroie en plus le luxe d’avoir une réalisation clipesque et médiocre qui ne suscite à aucun moment la peur. Pire, le film ne cherche jamais à faire peur, hormis avec des jump scare inutiles et ne faisant pas avancer l’histoire. Et cela sans oublier les personnages qui n’ont aucun historique et auxquels on ne peut s’attacher. Bref, un film très mauvais qui ne vaut pas tripette.

Note: 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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