décembre 6, 2021

The Human Centipede III – Prisonnier de sa Connerie

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De : Tom Six

Avec Dieter Laser, Laurence R. Harvey, Eric Roberts, Robert LaSardo

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Le troisième et dernier volet de la trilogie, qui prend place dans une prison à haute sécurité en plein milieu du désert.

Avis:

Tenir une trilogie sur un concept ridicule et qui n’amène aucune réflexion, voilà un tour de force qu’a réussi à faire Tom Six, réalisateur néerlandais qui s’est expatrié aux States après le succès de son premier film. Le point de départ est débile à souhait, mais peut être amusant sur un métrage: faire un mille-pattes humain. Et c’est ce qui va se passer. Si le premier métrage est très bancal mais peut tenir la route en offrant au spectateur ce qu’il était venu chercher, du gore et de la merde, le deuxième opus était une calamité vulgaire et prenant clairement le spectateur pour un con. Voulant changer de registre en prônant le film d’auteur, Tom Six s’est fourvoyé en offrant un spectacle encore plus gore, mais d’une débilité affligeante. Alors bien évidemment, on a peur pour ce troisième opus, qui prend le partie de faire un mille-pattes humain de 500 personnes dans une prison, tout en alliant gore et humour, essayant de surfer sur le succès des comédies gores comme Braindead ou Bad Taste. Malheureusement, le cinéaste n’est pas Peter Jackson.

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Bill Boss est le directeur aux méthodes radicales d’une prison aux Etats-Unis. Accablé par la chaleur, sa prison détient le record d’incidents dans tout le pays et le procureur lui laisse deux semaines pour rétablir l’ordre sinon il est viré. Complètement frappadingue, il essaye plusieurs méthodes comme verser de l’eau chaude sur le visage des détenus ou encore en castrer quelques-uns. Son assistant va alors lui fournir une idée de génie, faire un mille-pattes humain modulable pour calmer les détenus et les remettre sur le droit chemin. Il va alors se faire aider par son assistant, le réalisateur Tom Six et son médecin de prison.

Faire deux fois le même coup, peu de réalisateurs auraient osé le faire et pourtant, Tom Six récidive en annonçant que son deuxième film n’était qu’un film dans un film. Sorte de mise en abîme du pauvre, on ne peut pas dire que le cinéaste brille pas son ingéniosité. Et histoire de ne pas se mouiller, les propos du troisième volet par rapport aux deux films sont mitigés, certains les trouvant très mauvais et d’autres très bons, à l’image des vraies critiques qui se sont divisés par rapport à cette trilogie. Quoi qu’il en soit, ce troisième volet risque fort de mettre tout le monde d’accord tant tout est mauvais et respire la mauvaise foi. Non seulement Tom Six participe à ce projet en tant qu’acteur (raté), mais en plus, il prend la spectateur pour un con avec une pseudo-réflexion sur la peine de mort dans une prison de taré. Seulement, le plus meurtrier de tous est bien le directeur de cette prison, sorte de violeur masochiste et complètement taré qui n’hésite pas à torturer ses détenus comme sa secrétaire.

Pour avoir du gore, le spectateur va être servi, sauf que cela sera moins tendu que dans le deuxième. En fait, le film est tellement vulgaire et putassier qu’il ne surprendra personne dans ses élans gores et que l’on ne sera guère impressionné. Par exemple, tous les moments très gores seront en gros plan, facilitant le trucage et devenant risible. Alors oui, il y aura de l’émasculation en gros plan, de la torture et quelques moments crados, mais rien n’aura de véritables portées. Le tout étant gâché par le jeu outrancier de Dieter Laser en gardien de prison complètement fou qui gueule durant toute la durée du métrage. Il en devient insupportable, à un tel point que l’on est tenté d’arrêter le son quand il parle. Heureusement, Laurence R. Harvey contrebalance le tout, sans pour autant rendre le film regardable. On se demande encore commence Bree Olson, actrice porno de renom, a pu se mettre dans cette galère ou comment Eric Roberts a accepté de jouer dans un tel navet. Ceci dit, lui, il n’a peur de rien et à jouer dans bien des nanars.

Même au niveau de la réalisation, le film fait moins professionnel que les deux précédents. Voulant faire plus grand et plus gros, le réalisateur se trompe une fois de plus dans ses choix, voulant faire une comédie gore et réalisant finalement un film insupportable et mal branlé. Outre l’improbabilité du scénario, la réalisation est dégueulasse, offrant des plans dignes des plus grandes productions Asylum avec un fond vert et des gros plans sur de faux barbelés. Les passages dans le bureau sont ridicules et on sent vraiment un manque flagrant d’investissement et de volonté de bien faire. Et cerise sur le gâteau, le film est plus long que les autres, le rendant interminable pour ne rien rajouter, hormis une vision cynique sur la peine de mort et le système carcéral américain, qui prend des allures de grand-guignol.

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Au final, The Human Centipede III est une purge infâme qui enterre définitivement la série dans les méandres du navet imbuvable. D’ailleurs, quand on regarde les trois films à la suite, on sent qu’il n’y a aucune cohérence entre eux, hormis une mise en abime grossière ainsi qu’une volonté de faire un mille-pattes plus grand. Insupportable, débile, mal foutu, voilà l’exemple type de saga qui se perd totalement au fur et à mesure des épisodes, et pourtant, il n’y en a que trois.

Note: 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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