décembre 7, 2023

The River’s Edge – Money Time

jaquette

De :Allan Dwan

Avec Anthony Quinn, Ray Milland, Debra Padget, Harry Carey Jr.

Année: 1957

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier, Aventure

Résumé:

Un gangster oblige son ancienne maitresse et le mari de celle-ci à l’accompagner dans sa fuite vers le Mexique.

Avis:

Quand on évoque le cinéma des années 50/60, on pense immédiatement à des acteurs célèbres et devenus cultes. Et bizarrement, on parle rarement des films de cette époque. On va penser que tel acteur à jouer dans tel film et qu’il était éblouissant, mais il est rare qu’un film en particulier marque le spectateur contemporain. Anthony Quinn fait partie de ces acteurs que l’on remarque rapidement, parce qu’ils ont eu une carrière faramineuse et parce qu’ils dégagent un charisme naturel. Si on le combine avec Allan Dwan, un réalisateur qui a dû faire près de 300 films durant sa carrière, cela donne The River’s Edge, aussi connu sous le nom de Le Bord de la Rivière. Tourné en 1957, le film est à la croisée des chemins entre le polar, le film noir, le film d’aventure et à quelque part le western. Et si mélanger les genres n’était peut-être pas forcément le premier vœu du réalisateur, force est de constater que cela marche toujours aussi bien aujourd’hui et que le film n’a pas pris une seule ride. Bien au contraire, il conserve un charme désuet savoureux et propose une histoire simple mais fondamentalement humaine.

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Margaret, une fille de la ville, vit dans un vieux ranch avec son mari, Ben. Au bout du rouleau, la jeune femme veut s’en aller mais son mari la retient, lui rappelant qu’il l’aime et que c’est grâce à lui qu’elle n’est pas retournée en prison. Arrive alors Nardo, un bandit dont est amoureuse Margaret et à cause de qui elle est allée en prison. Il vient avec un joli butin et souhaite passer la frontière mexicaine. Pour se faire, il menace Ben, qui connait bien la région, et le force à l’aider à traverser la frontière. S’engage alors une relation de force entre les deux hommes dont sera juge la belle Margaret.

Si le film est un savant mélange des genres, c’est parce qu’il utilise les codes de ces derniers. Le film explore le thème du triangle amoureux, qui est une récurrente dans le cinéma noir. Ensuite, il y a un personnage trouble que l’on a dû mal à cerner et cela jusqu’à la toute fin. Ici, ce sera Nardo le gangster, un personnage qui n’aime que l’argent, qui peut sembler inhumain mais qui possède un bon côté, celui du joli cœur. Ray Milland l’interprète à merveille avec sa gueule d’ange, proposant ainsi un personnage clé de l’intrigue, qui se montre sans pitié mais avec quelques moments de lucidité. Ce triangle sera l’occasion de brasser des relations humaines fortes et de dévoiler petit à petit des caractères cachés. Ainsi, la belle Margaret n’est pas si inoffensive que cela et le gentil Ben n’est peut-être pas celui que l’on pense. Le film joue sur cette ambivalence, offrant des protagonistes forts et terriblement attachants.

Et c’est en cela que le film et une véritable petite pépite. Non seulement le rythme et la réalisation sont au top, mais en plus de cela, on prend le temps d’apprécier les personnages, de les connaître et de sentir de l’empathie pour eux. C’est le genre de chose que l’on ne voit plus aujourd’hui car tous les personnages sont lisses, unidimensionnel et c’est bien dommage. Alors on pourrait croire que le film a mal vieilli et ce n’est pas loin de la vérité, mais cela rajoute un cachet au film qui prend alors des allures de voyages spatio-temporels. On voit les décors en mappe-painting, on voit que cette forêt est factice et on remarquera aussi les éléments du décor qui tombent au bon moment comme cette grotte qui apparait lors d’un orage, mais tout cela est une formidable leçon de cinéma et de mise en scène. Très intimiste, le film ne va pas se lancer sur des décors époustouflants, préférant rester proche des personnages. Enfin, le film change de ton de manière adéquate. S’il démarre comme un film noir, il bascule dans le film d’aventure à la sauce western par la suite et ce changement radical va permettre de mettre en évidence les caractères de chacun, justifiant ce changement et montrant tout le talent des comédiens pour changer de visage.

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Au final, The River’s Edge fait bien partie des perles noires du cinéma. Malheureusement, c’est une perle bien peu connue qui mérite d’être redécouverte par le plus grand nombre. La copie livrée par Sidonis Calysta est de bonne qualité et permet de voir ce film en vostf avec un joli grain. Bref, un film noir que l’on conseille fortement, à la croisée des genres et qui est porté par des acteurs ultra talentueux.

Note: 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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