juin 23, 2021

Ibeyi – Ibeyi

jlnk

Avis :

Alors non, Ibeyi n’est pas le nom d’un célèbre footballeur français prononcé par un édenté. Comme le montre si bien la jaquette de l’album, il s’agit d’un groupe de deux sœurs jumelles qui officient dans un genre très particulier et très peu médiatisé, un mélange pas si évident de soul/jazz/trip-hop et parfois rap. D’origine franco-cubaine, les deux sœurs ne sont pas tombées par hasard dans la musique. Il faut dire que leur père était le percussionniste du groupe Buena Vista Social Club. Il décède alors que les filles n’ont que onze ans et elles décident de se mettre à cajon, un instrument que maîtrisait leur papa. En même temps, elles apprennent des chants folkloriques en Yoruba, qui est une langue africaine importée à Cuba au XVIIème siècle. Elles signeront un premier EP en 2014 et leur premier album éponyme sort en 2015 sous le label XL Recordings. L’occasion de se plonger dans cet univers particulier que l’on n’entend pas souvent et qui se situe entre Bjork et Nina Simone.

Le skeud s’ouvre sur une intro, Eleggua, qui est en yoruba. Le premier constat est que cette langue demeure relativement chantante et plutôt jolie à entendre. Ce premier morceau reste à capella et donne tout de même une idée sur la suite de l’album. On s’attend à quelque chose d’hybride, d’assez mélodieux mais aussi de difficile d’accès. Et ce sera vraiment le cas. Il suffit d’écouter le vrai premier morceau, Oya, pour comprendre qu’il faudra plus d’une écoute pour prendre l’ampleur du disque. Le titre est plutôt sympathique malgré une instrumentalisation faiblarde et on remarquera que les deux sœurs jouent avec les langues, alternant entre anglais, français et yoruba. Le résultat est surprenant et ressemblera à s’y méprendre à du Bjork tant la voix d’une des deux sœurs est similaire. Ghosts est un titre plus recherché avec un piano scandé plutôt agréable et qui s’assimile parfaitement avec la voix des chanteuses. Le titre sera d’ailleurs plus soul/gospel que le précédent et lui sera supérieur. D’ailleurs, c’est surement l’un des meilleurs titres de l’album. Le problème viendra juste du rythme de l’ensemble, puisque l’album reste sur le même rythme tout du long et s’avère quelques fois ennuyeux. A l’image de River qui reste un titre où l’instru tient plus à l’électro qu’à de la musique cubaine ou gospel et dont le rythme lénifiant finit par endormir le plus endurci des mélomanes. On retrouvera cela avec Think of You, un titre pénible à la structure haché et qui reste franchement décevant malgré l’alchimie qui règne entre les deux voix de la sororité.

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Néanmoins, certains titres tirent un peu leur épingle du jeu. On peut parler quelques secondes de Stranger Lover qui est un peu plus pop que le reste du skeud avec notamment un refrain plus marqué que dans les autres titres et une structure plus lisible. Mais ce que l’on peut reprocher, et cela va à l’ensemble du skeud, c’est que l’instrumentalisation reste assez faiblarde et parfois inexistante. Et même si les deux sœurs possèdent une jolie voix, elle ne suffit pas à couvrir l’absence d’idée au sein de l’instru qui s’avère minime. Behind the Curtain en est l’exemple même, puisqu’il faut mettre le son à fond pour entendre un peu les instruments. Certains titres sont aussi à part dans le skeud à cause d’un style qui s’oppose complètement à la soul ou à la musique aux références iliennes. Par exemple, Weatherman est un morceau électro d’une lenteur rappelant Bjork mais avec une volonté de créer une ambiance un peu mystique, voire spatiale. Cela ne marche pas du tout et l’ennui gagne celui qui écoute assez rapidement. On peut aussi parler de Singles, qui peut s’apparenter à du r n’b mais dans un style moins électro et un rythme moins dynamique, ce qui donne vraiment le change avec ce qui se fait en ce moment. Malheureusement, là encore, l’instru pêche vraiment et l’ensemble n’est pas assez pêchu justement pour apporter un quelconque intérêt.

Au final, Ibeyi, le premier album du duo de sœurs Ibeyi, n’est pas un album qui apportera l’adhésion d’un grand nombre de fans. Il faut dire que les deux jeunes femmes font dans un genre assez complexe, aux confluents de plusieurs styles et que l’ensemble reste assez monotone. Entre un rythme relativement lent et une instrumentalisation au rabais, ce premier album n’est pas inintéressant, mais il s’avère vite ennuyeux et c’est bien dommage.

  1. Eleggua
  2. Oya
  3. Ghosts
  4. River
  5. Think of You
  6. Behind the Curtain
  7. Stranger Lover
  8. Mama Says
  9. Weatherman
  10. Faithful
  11. Yanira
  12. Singles
  13. Ibeyi

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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