décembre 6, 2021

Le Ver à Soie – Robert Galbraith

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Auteur : Robert Galbraith

Editeur : Grasset

Genre : Thriller

Résumé :

Quand l’écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu’il est simplement parti s’isoler quelques jours – comme cela lui est déjà arrivé par le passé –, elle ne demande à Strike qu’une seule chose : qu’il le retrouve et le lui ramène.
Mais, sitôt lancée l’enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme. Le romancier vient en effet d’achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence.
Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier – un tueur impitoyable, tel qu’il n’en a encore jamais rencontré dans sa carrière –, Strike va devoir d’abord percer à jour ses motivations profondes.

Avis :

Tandis qu’elle travaille à l’écriture du scénario du spin off d’Harry Potter (Les animaux fantastiques) pour une sortie cinéma prévue à l’horizon 2016, J.K. Rowling délaisse son nom pour se faufiler à nouveau dans la peau de Robert Galbraith. L’appel du coucou se révélait un polar des plus sympathiques. Cet ouvrage démontrait par la même que son auteur était autant à l’aise dans le domaine de la fantasy que du policier ; même s’il persistait quelques écueils ou contraintes difficilement séparables du genre. Ce deuxième volet a-t-il pour objectif de ne rien changer ou de se renouveler un minimum pour offrir un incontournable ?

Force est de constater que l’entame nous plonge dans l’enquête avec plus de rapidité que son prédécesseur. Outre une introduction quasi anecdotique, la romancière ne s’embarrasse pas de planter le décor ; quitte à délaisser l’ambiance si particulière qu’elle était parvenue à instaurer dans le premier tome. À savoir, le climat des polars dits « classiques » des années 1950 où les cabinets des détectives privés sentaient le tabac froid, où traînaient des verres d’alcool (plein ou vides) sur les bureaux. Le tout agrémenté de réactions machistes, de jolies donzelles en détresse et d’un dédain évident pour l’autorité et les règles.

Ici, l’atmosphère se veut plus contemporaine avec une écriture toujours détaillée, mais qui fait la part belle à des descriptions comportementales exacerbées pendant la majeure partie du récit. Comprenez que les investigations suivent un schéma narratif similaire, pour ne pas dire calqué, sur son homologue sans jamais s’en écarter. On a donc droit à une pléthore d’entretiens, de conversations plus ou moins fructueuses via des interrogatoires qui disposent d’une routine bien rodée. Il en découle une répétitivité évidente au fil des pages, et ce, malgré un intérêt de base qui ne faiblit qu’en de rares moments.

Bien qu’il soit possible de parcourir l’histoire sans s’être attardé sur L’appel du coucou, certains détails et évocations récurrentes font qu’il est fortement conseillé de le connaître pour apprécier l’intrigue dans sa totalité. En ce sens, la progression dans une autre sphère assez fermée offre une continuité substantielle. Après avoir évolué dans le milieu du showbiz et de la mode, Cormoran Strike se penche sur le monde impitoyable de l’édition. Là encore, on a beau changer d’environnement, les impressions demeurent les mêmes. On dénotera une superficialité de circonstances avec une « élite » intellectuelle arrogante au possible.

Dès lors, la caractérisation est nivelée par le bas. La faute à un duo de tête trop similaire dans leurs réactions et leur personnalité. Les événements ne parviennent pas à les atteindre. Malgré leur implication, ceux-ci ne les mènent nullement vers une portée supérieure ou parallèle. Par exemple, dans leur vie privée. À cela, s’ajoute la gamme habituelle d’individus (de suspects ?) plus détestables ou stupides les uns que les autres. La mise en avant de défauts constants, ainsi que leur rapport et leur détachement avec le meurtre, fait qu’il est très facile de les mésestimer ou les blâmer pour diverses raisons. Rien de très surprenant sur ce plan-là.

Au final, Le ver à soie est un polar sympathique qui pèche par un manque flagrant de nouveautés. Beaucoup trop semblable à L’appel du coucou, l’histoire suit une construction identique composée d’une profusion de dialogues, d’un peu de réflexion et d’un minimum d’investigations pour résoudre l’énigme. Les amateurs d’enquête policière se laisseront prendre au jeu à condition de ne rien attendre d’autre qu’une resucée du premier tome dans un contexte légèrement différent. Un roman qui aurait gagné à ce que l’atmosphère soit plus développée pour une qualité d’intrigue grandit face à de nombreuses errances au niveau de la progression. Correct, sans se montrer épatant ou immanquable.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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