janvier 21, 2022

Le Locataire

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Titre Original : The Tenant

De : Roman Polanski

Avec Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas, Shelley Winters

Année : 1976

Pays : France

Genre : Thriller

Résumé :

Trelkovsky, d’origine juive polonaise, travaille dans un service d’archives et se lie difficilement avec ses collègues. Il visite un appartement inoccupé dans un quartier populaire de Paris et la concierge lui apprend que la locataire précédente s’est jetée par la fenêtre quelques jours auparavant. Trelkovsky s’installe dans l’appartement. Mais il est bientôt victime de multiples vexations de la part de ses voisins…

Avis :

Figure majeure du septième art, la filmographie de Roman Polanski est riche et d’une diversité infinie. Roman Polanski fait partie de ces réalisateurs qui même après soixante ans de carrière arrivent toujours autant à surprendre le public et ça, avec de nouveaux films, comme « La vénus à la fourrure« , ou alors lorsque que l’on découvre des plus anciens qui restent à ce jour impeccables et toujours aussi efficaces.

L’un des thèmes qui revient assez souvent dans l’œuvre de Roman Polanski, c’est la paranoïa, chose qu’il a abordé dans les excellents « Répulsion« , « Rosemary’s Baby » et « Macbeth » avant d’en faire l’un des sujets principaux de ce « Locataire« . J’ai toujours aimé la façon dont le réalisateur aborde ce thème. Alors même qu’il répète, Polanski a ce génie de toujours l’aborder de manière différente et ce film parisien en est une belle preuve, car le réalisateur livre un film original et angoissant, qui peut vous faire douter de vos voisins.

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Trelkovsky est un jeune bien sous tous rapports. Respectueux, poli, réservé, il est à la recherche d’un appartement dans Paris. Il réussit à en obtenir un dans un quartier populaire de la capitale. Cet appartement était précédemment loué à une jeune femme qui s’est jetée par la fenêtre. D’ailleurs, l’appartement est meublé avec les affaires de cette jeune femme. Alors qu’il pensait avoir trouvé un beau lieu de vie, Trelkovsky va très vite déchanter, car il se retrouve assez vite en conflit avec ses voisins, et peu à peu, le poids de ce voisinage bien trop tatillon se fait omniprésent. Et Trelkovsky finit même par se demander si la jeune qui vivait ici avant lui n’a pas fini par se suicider à cause de ses voisins.

« Le locataire » ou l’histoire de la fulgurante descente de la folie d’un homme fragile. Roman Polanski signe un thriller psychologique implacable qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Sir Alfred Hitchcock.

Étrange et machiavélique, l’histoire est excellente. Le réalisateur va nous faire basculer peu à peu dans une paranoïa destructrice étouffante. « Le locataire » jouit d’une tension palpable qui se ressent à chaque plan, et ça, même avant d’être au cœur du film. Le scénario est terrible et tient la route jusqu’au bout, avec ce final incroyable qui pour ma part m’a laissé avec plus de questions qu’en arrivant dans ce film. Mais bizarrement, je n’ai pas trouvé ça agaçant, Roman Polanski a une manière presque arrogante et naturelle d’amener ce final et nous laisse nous faire nos propres conclusions. Et ce final est un peu le quitte ou double comme souvent chez Polanski. Certains détesteront et d’autres apprécieront. Pour ma part, alors même que je me pose cinquante interrogations en repensant à ce film qui me hante quand même un peu depuis que je l’ai vu, j’ai apprécié la frustration. Sinueux, sadique, et même un peu pervers, le réalisateur part assez loin dans la folie et l’identification de son personnage et je l’ai suivi avec plaisir.

Très noir, « Le locataire » est un film que j’ai trouvé très angoissant dans sa mise en scène. Roman Polanski a vraiment intégré quelque chose de désagréable dans sa façon de filmer. À chaque plan, chaque scène, on ne se sent pas en sécurité, on se sent comme son personnage principal, persécuté, si bien que c’est une bouffée d’air frais quand Trelkovsky sort de cette résidence. On se demande bien jusqu’où le réalisateur pourra bien aller, ce qui rend d’autant plus le film captivant. C’est terrible, car le réalisateur maîtrise tout et à tout moment et ne laisse rien au hasard.

C’est Roman Polanski lui-même qui tient le rôle principal de son film et il se trouve qu’il est excellent acteur. C’est la première fois que je le vois jouer et je suis aussi surpris que conquis. Très élégant, il tient bien son personnage et assure aussi bien dans les scènes banales comme une discussion entre amis que dans les moments les plus tendus de son personnage. Pour jouer son entourage, le réalisateur a choisi un casting très surprenant. Si la très rare Isabelle Adjani ne surprend pas dans l’univers de Polanski et se trouve aussi intrigante que séduisante dans son look, aujourd’hui rétro, on sera plus surpris de trouver dans de petits rôles, Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Michel Blanc, qui sont alors jeunes débutants et éclateront deux ans plus tard. On trouve aussi, dans un petit rôle, le grand producteur Alain Sarde. Le propriétaire est quant à lui jouer par l’américain Melvyn Douglas. Comme je le disais, ce casting est vraiment surprenant.

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Je suis donc ravi d’avoir pu voir ce film. Roman Polanski m’a bien angoissé avec cette histoire et cette ambiance effrayante. Le réalisateur m’a encore une fois surpris dans sa manière de se réinventer, tout en restant dans la ligne qui fait son cinéma. Alors que ce « Locataire » s’apprête à fêter ses quarante ans l’année prochaine, il demeure efficace et il n’a vraiment pas mal vieilli. C’est donc un film à découvrir, car sans être le meilleur de son réalisateur, c’est de l’excellent cinéma.

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=acVTOXnkYEE[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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