décembre 2, 2021

DmC Devil May Cry

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Résumé :

Partez incarner Dante durant sa jeunesse alors qu’il chasse les démons.

Avis :

Depuis quelques années, l’industrie vidéoludique nippone est en perte de vitesse. En cause, des licences qui tournent en rond avec peu de renouvellement tant dans le fond que dans la forme (Final fantasy et ses suites de suites inutiles). Ajoutons à cela une baisse de la créativité générale pour comprendre que la majorité des sorties d’aujourd’hui peinent à offrir des histoires originales dans des univers tout aussi singuliers. Pourtant, certains titres suffisent à les évoquer pour assurer les ventes. Avec pas moins de quatre épisodes, des produits dérivés à foison et un personnage central incontournable, la saga Devil may cry se perd dans le travers du reboot. Un nouveau départ salvateur ou complètement inutile ?

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Cinq années se sont écoulées depuis le quatrième opus. Il est donc difficile d’envisager le revirement de la franchise en ne s’inscrivant pas dans sa droite lignée. Là où certains pourraient y voir une volonté de se renouveler, l’on tend à voiler un manque flagrant d’ambitions et d’imagination. Histoire revue et corrigée pour décrire des origines différentes de Dante, il n’en demeure pas moins que cela sent le prétexte à un bon défouloir. À l’instar de ses prédécesseurs, DmC suit une progression nerveuse et travaillée avec une trame sans complexe et néanmoins prévisible.

Certes, il y aura bien quelques allusions subtiles et autres parallèles subversifs sur la société de consommation : le pouvoir de manipulation des médias, la boisson Virility (analogie à Coca-Cola), la crédulité navrante des masses… Mais l’ensemble demeure trop au second plan pour que cela saute aux yeux des joueurs non avertis. Ceux-ci n’y verront probablement qu’une quête de domination mondiale basique via un traitement trop manichéen pour s’étonner de la tournure des événements. Cependant, Devil may cry n’a jamais brillé par ses scénarios, encore moins par ses prises de position anticonformistes. Car avant tout, nous sommes en présence d’un beat’em all aussi traditionnel qu’efficace.

Le gameplay a peut-être évolué sur de menus changements, il n’en demeure pas moins exigeant pour ceux et celles qui souhaitent maîtriser toutes les capacités de Dante. Les combos se révèlent nombreux et promettent des enchaînements en pagaille en alternant les projections, les coups classiques, les attaques aériennes. Le tout avec un arsenal varié et doté de possibilités complémentaires. Épées lourdes, fouets tranchants, pistolets et autres joyeusetés qui répondent à des patronymes poétiques tels que Rébellion, Osiris ou Eryx pour n’en citer que quelques-uns. À cela, s’ajoutent des phases de « plate-forme » anecdotique et néanmoins bienvenue pour offrir une vision différente de l’environnement proposé.

En maîtrisant certaines techniques (que l’on acquiert au fil du jeu) comme le saut de l’ange, on peut progresser sur des terrains sens dessus dessous où les repères se perdent dans des perspectives alambiquées au possible. Pour ce faire, Dante alterne entre la réalité et les limbes, sortes de mondes parallèles intermédiaires entre la vie et l’enfer. Dès lors, les murs bougent, se meuvent, s’effondrent ou s’étrécissent à votre passage. L’idée est excellente, même si l’on regrette qu’elle fasse l’objet de scripts prédéterminés et non d’une menace sous-jacente de tous les instants.

Il n’en demeure pas moins que le level design promet une exploration sombre et variée à plus d’un titre. On saluera les architectures de style gothique, les conceptions débridées des limbes qui pallient à des intérieurs moins saisissants, tout comme l’urbanisme en vase clos de certaines séquences. Si la pauvreté narrative dessert l’atmosphère générale, l’esthétique de cet opus fait autant honneur à ses aînés qu’il tente d’offrir une plus-value sur le plan technique. Là encore, le changement de développeurs (Ninja Theory, studio britannique responsable d’Heavenly sword) permet de réorienter les influences originelles ; tant sur les précédents jeux que sur la présence en filigrane de La divine comédie.

La mise en scène, elle, tend vers l’esbroufe primale où la violence côtoie un langage châtié un peu trop récurrent. Du coup, les rares échanges ou remarques de Dante se cantonnent à de basses considérations. Le tout avec un doublage français toujours inférieur à ses homologues outre-Atlantique (ou outre-Manche, en l’occurrence). A contrario, la bande-son ravira les fans de métal. En parfaite adéquation avec l’action, elle s’implémente parfaitement dans chaque affrontement, y compris ceux des boss. Ces derniers sont aussi impressionnants que peu retors. La faute à leur talon d’Achille trop facilement identifiable et une difficulté relative.

Pour autant, la durée de vie demeure dans la moyenne avec une vingtaine de chapitres plus ou moins brefs. Il faut compter une petite dizaine d’heures de jeu en mode normal pour en voir le bout. Bien entendu, les perfectionnistes auront la joie de pousser l’aventure plus loin avec un scoring détaillé (points de style, chronomètre, objets utilisés…) qui peut être partagé sur le Net à titre de comparaison. On peut également refaire les niveaux pour trouver les secrets, accumuler des points de compétences pour débloquer des combos et des costumes. La rejouabilité se réserve avant tout à un public aguerri qui privilégie le challenge à l’histoire principale.

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Au final, le reboot de Devil may cry ne surprend guère. Les fans retrouveront rapidement leur marque et parcourront le titre sans trop de mal. On regrette que l’intrigue ne soit pas plus fouillée ou que de nombreux problèmes de caméras ne soient pas corrigés au fil du temps. Toutefois, les développeurs sont parvenus à insuffler une touche d’onirisme avec ces environnements improbables et une esthétique pour le moins singulière. Dans son domaine, le gameplay demeure fluide, efficace et jouissif avec des affrontements aussi nerveux que techniques lorsqu’il faut s’adapter à chaque ennemi. Un beat’em all défoulant qui pèche surtout par trop peu de nouveautés, mais contentera les inconditionnels de la franchise. Un manque d’ambition flagrant pour un bon jeu, mais nullement remarquable.

Note : 14/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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