juin 24, 2024

L’Ange Bleu

fskgjh

Titre Original: Der Blaue Engel

De: Josef Von Sternberg

Avec Marlene Dietrich, Emil Jannings, Kurt Gerron, Rosa Valetti

Année: 1930

Pays: Allemagne

Genre: Comédie Musicale

Résumé:

Dans l’Allemagne provinciale des années 20, un vieux professeur de lycée, qui règne sur ses élèves en despote, se retrouve un jour dans un cabaret mal famé, L’ange bleu. Sa rencontre avec la chanteuse vedette, Lola Lola, bouleverse son existence routinière, et l’entraîne dans un tourbillon passionnel et destructeur…

Avis:

« L’ange bleu« , dans la culture allemande, comme dans le patrimoine mondiale du cinéma, fait office de pierre angulaire. Alors que le cinéma allemand est à son apogée dans les années vingt avec ce que l’on appelle le cinéma expressionniste, dont Friedrich Wilhelm Murnau (« Nosferatu« ) et Fritz Lang (« Metropolis« ) en sont les « portes paroles », les années 30 commencent avec ce film, qui sera le premier film parlant, un tournant phénoménal dans le cinéma. Et c’est ce film qui lança vraiment la carrière de Marlene Dietrich et qui contribua grandement à en faire l’icône tant admirée qu’on connaît.

Peu à peu, je comble mes lacunes et je pars à la découverte de l’histoire du cinéma, de son évolution, de ses chefs d’œuvres indémodables qui traversent les époques et n’en finissent pas de convertir à leur « cause » de nouveaux cinéphiles. Josef von Sternberg est un nom que j’ai très souvent entendu, mais dont je n’avais malheureusement encore jamais vu ne serait-ce qu’une image. Et c’est donc avec une immense curiosité que je jette un regard sur l’un de ses films et j’en ressors ébahi par tant de modernité. « L’ange bleu » est bien le chef d’œuvre sublime et magnifique dont j’avais tant entendu parler.

11137003_1073502605996481_947058678_n

Allemagne, fin des années 20, Immanuel Rath est un professeur respecté, mais surtout craint par ses élèves. Le vieux monsieur a une attache toute particulière pour la bienséance. Un jour, il découvre sur un élève des images à caractère osées… L’élève en question, qui est l’un des meilleurs de la classe, va alors se défendre et révélé à son professeur que ces images ne sont pas à lui, qu’elles appartiennent à d’autres qui vont « se rincer » l’œil, la nuit venue, dans un cabaret malfamé de la ville… « L’ange bleu ». Le professeur décide alors d’aller chercher ses élèves le soir-même. Mais ce soir-là, il va rencontrer Lola Lola, l’une des chanteuses vedettes du cabaret et sa vie va alors changer du tout au tout…

J’ai vu peu de films allemands en dessous des années 40. En fait, pour vraiment être honnête, « L’ange bleu » n’est que mon troisième. Jusqu’ici, je n’ai vu que « Nosferatu » et « City Girl« , qui sont tous les deux des films de Friedrich Wilhelm Murnau et c’est donc avec un immense plaisir, beaucoup d’envie et surtout de curiosité que je me lance dans celui-ci et j’en ressors plein d’étoiles dans les yeux.

« L’ange bleu« , c’est l’histoire dramatique et romantique d’un vieux monsieur qui tombe fou amoureux d’une belle jeune femme et qui va aller très loin, trop loin même par amour pour elle. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en regardant ce film. Bien sûr, j’en avais beaucoup entendu parler et toujours en bien, mais le mystère avait bien été préservé et en me lançant dedans, j’en connaissais le minimum possible et c’est ce qu’il fallait, car j’ai pu découvrir cette histoire dans les meilleures conditions.

L’histoire du film est tout simplement superbe, il n’y a aucun autre mot qui me vient à l’esprit. J’ai adoré comment le film nous fait entrer dans « L’ange bleu », ce lieu de débauche, où ce professeur, puritain, est venu prendre en flagrant délit ses élèves et comment la tournure du film va faire que lui, l’homme de principe, va se faire prendre au piège et s’enfermer dans ce cabaret. Le scénario, c’est la déchéance de cet homme, ô combien respectable et le film ne va pas l’épargner jusqu’à son générique de fin. Faut-il faire confiance à l’amour ? C’est bien l’une des questions les plus fortes que le film aborde, car si ce professeur n’avait pas été au bout de son amour, qu’il ne s’était pas laissé emporter par lui, submergé même, son destin en aurait été tout autrement. J’ai été touché par l’élégance et la subtilité que le film dégage. Si au départ le film est amusant, drôle, même avec ce professeur qui court après ses élèves dans les coulisses de ce cabaret, l’intrigue va très vite changer et devenir tristement saisissante. « L’ange bleu » est un film qui mêle avec brio romance et film noir et on ne peut qu’être ému devant. Je pense même que le destin de ce professeur, et l’interprétation d’Emil Jannings, est inoubliable une fois qu’on l’a découvert.

Cette année, « L’ange bleu » fête ses 85 ans, et même s’il a vieilli, c’est indéniable, il n’en reste pas moins un vrai plaisir à découvrir. Ce qui est stupéfiant, c’est que Josef von Sternberg a une vision très moderne du cinéma et son film, s’il n’avait pas ce caractère et ce charme à l’image des années 30, aurait très bien pu être réalisé des années plus tard. Il y a des scènes, surtout dans les numéros de cabaret, de chant, de danse, ou encore quand le film sombre dans le drame, qui m’ont bluffé, car elles ont un rythme, un mouvement, une élégance, très moderne, en avance sur leur temps, c’est très visionnaire, je ne m’attendais pas du tout à ça, ce qui m’a permis d’encore plus déguster le film.

Alors qu’elle est une jeune débutante, Marlene Dietrich sortira en énorme star de ce film. Imposée par le réalisateur, qui ne voulait qu’elle, l’actrice est formidable dans la peau de Lola Lola. Sublimée par la caméra de Josef von Sternberg qui l’immortalise comme l’ange de son cabaret, Marlene Dietrich est simplement captivante, passionnante et intrigante aussi, elle est la révélation du film. D’ailleurs, j’ai lu qu’elle et le réalisateur feront par la suite six autres films ensemble. Même si Dietrich volera la vedette à l’époque à Emil Jannings, j’ai trouvé l’acteur incroyable dans ce rôle. Ayant un côté théâtral et un peu lourd dans son jeu, le comédien m’aura pourtant fait rire, et m’aura ému au final, et même si Marlene Dietrich est fascisante, c’est le parcours de ce professeur qui m’aura le plus touché.

photo.php

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette « Ange bleu« . C’est un film qui m’a touché autant qu’il a pu me passionner, et même s’il a vieilli, que le temps œuvre sur ses images, il reste, encore et toujours, impeccable à découvrir. C’est beau, c’est romantique, c’est triste, c’est pertinent, c’est dur aussi, puis c’est un vrai plaisir à écouter aussi bien pour la bande originale que pour les chansons de LA Dietrich. Bref, c’est à voir sans hésitation !

Note: 20/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ahyLLX0tmD8[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.