mai 28, 2024

A Trois On y Va

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De: Jérôme Bonnell

Avec Anaïs Demoustier, Félix Moati, Sophie Verbeeck, Patrick d’Assumçao

Année: 2015

Pays: France

Genre: Comédie

Résumé:

Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…

Avis:

Il y a un peu plus de dix ans sortait « Le Chignon d’Olga« , le premier long métrage de Jérôme Bonnell. C’était un film que je n’avais pas du tout apprécié à l’époque et devant lequel je m’étais vraiment ennuyé. Mais depuis, le réalisateur a fait de très jolis progrès, notamment avec « La Dame de trèfle » sorti en 2010 et son dernier en date « A trois on y va« .

J’en très souvent entendu dire que le cinéma français n’est pas intéressant, qu’il est même chiant, pas drôle et bien souvent beauf. À cela, j’ai envie de répondre que ce n’est pas vrai et comme dans tout cinéma, il faut savoir faire le tri et regarder bien plus loin que ce que les grandes maisons de productions martèlent à grands coups de promotion. Non, le cinéma français ne se résume pas à « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu?« , « Les profs« , « Supercondriaque » ou les films de Luc Besson. Le cinéma français va plus loin, et bien souvent sur peu d’écrans, et de jeunes réalisateurs ont su s’imposer doucement. Je pense à Rémi Bezancon (« Le premier jour du reste de ta vie« ), à Fred Cavayé (« Pour elle« , « À bout portant« ), à Nadine Labaki (« Et maintenant, on va où ?« ), à Céline Sciamma (« Tomboy« ) ou encore Pascal Laugier (« Martyrs« ) et tant d’autres. Maintenant, je peux rajouter à ma liste Jérôme Bonnell qui me plaît définitivement avec un cinéma drôle, humain et léger.

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Charlotte et Micha sont en couple depuis quatre ans maintenant. Ils viennent de s’acheter une maison et comptent bien passer leur vie ensemble, même ces derniers temps, leur couple n’est pas au mieux de sa forme. Depuis quelques mois, Charlotte s’est éprise de Mélodie, une amie du couple, et elle entretient une relation avec elle. Bien sûr, Micha est au courant de rien, mais il se sent délaissé. Ne sachant trop pourquoi, Micha se sent attiré lui aussi par Mélodie et bientôt, il commence à son tour à tromper Charlotte. Pour Mélodie, c’est carrément la confusion des sentiments, car elle n’a rien vu venir et elle se retrouve la complice, mais aussi la traîtresse, gardienne des deux secrets du couple. Et pour compliquer un peu plus la situation de la belle, il se pourrait bien qu’elle soit aussi bien amoureuse de Charlotte que de Micha…

« A trois on y va« , c’est un peu le petit film qui sort de nulle part, que je n’attendais pas du tout et qui m’a fait passer un excellent moment devant et je suis vraiment heureux de l’avoir vu, surtout que j’ai bien cru qu’il allait me passer sous le nez. Sorti il y a trois semaines déjà, il s’accroche encore, grâce à un joli bouche à oreille, et arrive petit à petit vers son mois d’exploitation.

Il y a des films comme ça, dès les premières minutes, ils nous séduisent et l’on sent que l’on va passer un chouette moment devant. « A trois on y va » fait partie de ceux-là. Cette petite comédie à plus d’une corde à son arc et se trouve donc être assez surprenante. Partant d’un sujet inépuisable, le triangle amoureux, le film de Jérôme Bonnell se trouve être un très beau moment de sensibilité. Le réalisateur nous raconte une histoire « peu » originale, mais qui est si attachante qu’elle fonctionne magiquement et c’est une petite heure et demie d’amour, de pudeur et de drôlerie à laquelle on a affaire.

En découvrant ce film, je peux le dire, je suis tombé amoureux du scénario, de sa simplicité et surtout du traitement de ses personnages, de leurs réactions, de leur humour, souvent malgré eux. Je sais que c’est évident, mais le film rappelle énormément « Jules et Jim » de François Truffaut, on pourrait même dire que c’est une version moderne de cette œuvre.

« A trois on y va » est d’une délicatesse infinie, d’une romance authentique, alors même qu’une grande partie du film se déroule dans le mensonge. Le réalisateur sonde avec légèreté la profondeur et la confusion des sentiments et il tient cette ligne jusqu’au bout, avec un film au départ perturbant, mais en fin de compte d’une très belle poésie. Les personnages nous ressemblent, car ils sont simples et vrais. Cette histoire peut arriver à n’importe qui. Et ce qui est génial, c’est que Jérôme Bonnell arrive à faire un film d’amour, romantique au possible, mais qui ne tombe pas dans le pathos. On peut même dire que le film évite tous clichés et autres facilités qu’il y aurait pu y avoir dans ce genre de film. Et même si parfois on frôle le cliché, je pense à la scène d’ »évasion » d’Anaïs Demoustier du domicile conjugal, pour éviter de se faire prendre, Jérôme Bonnell usera d’un humour complètement absurde qui fait que cette scène-là sera l’une des plus belles, des plus drôles et plus touchantes du film.

J’ai été très surpris par le visuel du film. J’ai adoré la réalisation, le film a un côté très pris sur le vif. Filmé avec une caméra à l’épaule, il a un très bon rythme, on ne s’ennuie pas devant, le réalisateur nous plonge directement dans son film. De plus, j’ai été séduit par la photographie, je trouve que le film a une ambiance géniale, souvent bercée dans des tons roses, rouges et autres (l’affiche est un bel exemple de l’ambiance feutrée). Des tons qui rappellent l’amour que se portent les personnages. C’est un film très chaud, même quand il tombe dans le drame ou dans le social. Car le film a aussi un petit côté social, avec le métier d’Anaïs Demoustier, qui est avocate, ce qui permet aussi d’avoir un regard intéressant sur la justice, au travers d’un personnage assez jeune et qui en veut.

Puis enfin, ce qui fait que le film fonctionne aussi si bien, c’est ce trio de jeunes comédiens aussi vrais que nature et qui se retrouve dans des situations vraiment cocasses, sensuelles, drôles, même fun parfois, encore une fois bien souvent malgré eux. Anaïs Demoustier, Félix Moati et Sophie Verbeeck sont géniaux, car ils n’essaient pas de jouer la passion amoureuse, ils restent simples, à l’image du film et c’est bien souvent fait de petits riens, d’un regard ou encore d’une prise de main qui crée le charme et l’amour du film. Puis il y a une très belle alchimie qui se dégage d’eux et chacun n’essaie pas de voler la vedette à l’autre, ils sont tous les trois sur la même longueur d’onde. D’ailleurs, ils sont si bien ensembles, que les autres personnages du film sont très vite oubliés, pour qu’on ne se souvienne que d’eux.

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Je suis donc enchanté et sous le charme de ce petit film. J’ai vraiment passé un très bon moment devant. J’ai été touché par leur histoire, j’ai ri devant les situations cocasses que nous a réservées le film et il y en a plus d’une. En fait, plus j’y pense et plus je me dis que ce petit tourbillon d’émotions est à mes yeux, le film français de ce début d’année.

Alors pour les amoureux de la délicatesse, de l’analyse des sentiments ou pour ceux qui ont envie de découvrir l’autre facette de notre cinéma, A trois on y va est à consommer sans modération !

Note : 17,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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