novembre 28, 2021

O.M.A.C.

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Auteur : Jack Kirby

Editeur : Urban Comics

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Petit employé de bureau sans importance, Otto Ordinaire devient le champion de l’Agence Globale pour la Paix lorsqu’il est modifié en O.M.A.C. :
ORGANISME MÉTAMORPHOSÉ en ARMÉE CONDENSÉE, guerrier redoutable et dernier espoir d’un futur déshumanisé.

Avis :

Dans l’univers du comics, on a souvent tendance en premier lieu Stan Lee, car il est le patron de Marvel et que malgré ses 92 ans, il tient une pêche d’enfer, faisant tout le temps des caméos dans les films de sa boîte. De temps à autre, pour les fondus de littérature de super-héros on peut lire çà et là les noms de Bob Kane, créateur de Batman ou encore Kurt Busiek, scénariste de génie. Depuis le mois de novembre, Urban Comics a décidé de mettre à l’honneur l’un des plus grands messieurs du comics, j’ai nommé Jack Kirby. Il est le créateur du personnage de Captain America en 1940, personnage créé pour redonner de l’espoir aux soldats sur le front et essayant de faire revenir l’esprit patriotique dans les âmes. Mais Jack Kirby, c’est plus que Captain America, car il fait partie de ces artistes visionnaires qui ont souvent des années d’avance.

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Voulant relancer la franchise, Jack Kirby a eu l’idée de créer un Captain America dans le futur. Malheureusement l’idée ne fut pas retenue par Marvel et c’est avec Dc que le dessinateur et scénariste va donner vie à O.M.A.C, ce qu’aurait pu être Captain America dans un lointain futur. En français, O.M.A.C signifie Organisme Métamorphosé en Armée Condensée. Il est donc question d’un homme qui va être modifié et qui va devenir une arme vivante, devant faire des missions pour sauver l’humanité. Il s’agit de l’œuvre la plus difficile d’accès de Jack Kirby, surtout pour son époque, car la série s’arrête en huit tomes, sur une fin abrupte et non-anticipée. Mais avec nos yeux d’aujourd’hui, que vaut vraiment cette série.

Durant ces huit tomes, O.M.A.C va affronter trois grands méchants, qui ont tous des objectifs communs, devenir riche et conquérir le monde, mais des méthodes différentes, faisant directement écho aux problèmes écologiques de maintenant. Mais pas seulement, puisque Kirby ose même aborder les thèmes de la beauté, de la recherche de la jeunesse éternelle ou encore des dérives de l’évolution technologique. Et si pour l’époque de sa sortie, dans les années 70, tout cela pouvait sembler obscur, de nos jours, c’est une toute autre affaire.

La présentation du personnage est rapidement faite, mais on peut voir que l’homme, avant d’être O.M.A.C, évolue dans une entreprise avec des cellules de crise assez drôles mais qui renvoient à des choses que l’on peut voir aujourd’hui, comme casser des voitures pour déstresser. Par la suite, on va avoir droit à des terroristes utilisant des poupées en kit pour des hommes en manque d’amour, mais qui sont explosive. Ainsi, on aura droit à des méchants sans scrupules qui utilisent la détresse et la misère des gens. Mais Kirby ne s’arrête pas en si bon chemin en arpentant le chemin glissant de la beauté éternelle. Ainsi, bien en avance sur tout ce qui touche au bistouri de nos jours, il imagine une machine qui transvase les cerveaux de vieilles personnes dans de jeunes et beaux corps. Vraiment en avance sur son temps, on peut voir que le scénariste a une vision assez incroyable du monde futur. Il traitera aussi de l’écologie avec un méchant qui souhaite enlever toute l’eau du monde pour la revendre à prix d’or et maniant avec génie les cellules et la génétique.

Alors bien évidemment, le plus gros défaut de ce récit, c’est que les idées sont bien trouvées mais mises en images de manière assez grotesque. Les objets sont souvent gigantesques, parfois avec un design un peu ringard mais comme le tout colle bien à l‘univers du comics, on pardonne aisément cela. Ensuite, on peut pester contre la fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe, mais on est prévenu dans la préface, car les ventes étaient très moyennes. Enfin, le dessin de Kirby est très particulier, avec de gros traits noirs pour marquer les contours et des décors assez épurés. Néanmoins, on s’y fait assez vite même si ce ne sera pas le plus beau des comics que l’on pourra lire. Et il faut dire qu’il dessinait comme un malade enchainant parfois jusqu’à douze planches par jour.

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Au final, O.M.A.C est un comics qui peut ne pas attirer de par sa couverture et ses dessins très kitschs, mais il faut passer outre car les histoires sont assez plaisantes et surtout, en avance sur leur temps, nous rappelant à notre propre société et à ses dérives. Il en résulte quelque chose d’intéressant, qui aurait pu être mieux, mais qui remplit son contrat, celui de divertir et de poser une réflexion sur notre propre société.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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