mai 17, 2021

Docteur Folamour

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Titre Original : Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb

De: Stanley Kubrick

Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn

Année: 1964

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Comédie

Résumé:

Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d’empoisonner l’eau potable des États-Unis, lance sur l’URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d’isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des Etats-Unis, convoque l’état-major militaire dans la salle d’opérations du Pentagone et tente de rétablir la situation.

Avis:

Après le film noir (Le Baiser du Tueur, L’Ultime Razzia), le film de guerre (Les Sentiers de la Gloire), le péplum (Spartacus) ou encore le drame (Lolita), Stanley Kubrick va s’intéresser de près à la comédie avant de se lancer dans la Science-Fiction, l’horreur ou encore la fresque historique. Docteur Folamour marque un réel sursaut dans la carrière du réalisateur. Après avoir proposé deux films de plus de deux heures, dont un péplum qui dépasse les trois heures, Stanley Kubrick va faire un film plus simple, moins impressionnant, moins grandiloquent, mais qui possède un message bien précis et qui tente de faire réagir sur un sujet toujours d’actualité. Cinquante ans, c’est l’âge de ce film et malgré son ancienneté, malgré des effets visuels désuets, il reste encore contemporain et cela est la marque de fabrique des grands films.

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Les chevaliers de la table ronde!

L’histoire est relativement intéressante, car elle pose le problème des pouvoirs de l’armée. Persuadé que l’URSS va empoisonner l’eau potable des Etats-Unis, un général lance une opération visant à envoyer des bombes atomiques sur le pays russe. En lançant cette offensive, il va prendre soin de couper toutes les radios avec les avions et d’isoler sa base. Le président des Etats-Unis convoque alors les états-généraux pour résoudre cette affaire qui risque de déclencher la troisième guerre mondiale. Comment faire un film comique avec ça? C’est le coup de génie de Stanley Kubrick qui livre un message cynique sur l’armée, le nucléaire et l’incapacité de certaines personnes à gérer des situations de crise rapidement. Docteur Folamour, contrairement à son titre, ne parle pas d’un personnage précis, mais plutôt d’une situation de crise qui vire au grand-guignol.

Alors d’où vient l’humour. En effet, les gags visuels seront quasiment absents du film. Stanley Kubrick va se poser sur les dialogues, les situations plutôt que sur l’image. Complètement burlesque, certains moments confinent au génie alors que la situation est alarmante. On trouvera un président des Etats-Unis complétement déboussolé, qui devra faire face à des russes plutôt cordiaux mais qui s’énervent assez vite. Les dialogues téléphoniques sont surprenants et vraiment drôles grâce à une écriture parfaite. On retrouvera cela dans les discours des militaires, qui sont hallucinants de bêtise. D’ailleurs, le film cite volontairement Clémenceau (cette guerre est trop importante pour la confier à des militaires) et montre combien cette phrase est juste. Afin de rajouter un message ultra cynique, le personnage du Docteur Folamour sera là pour ajouter un burlesque inattendu. Complètement éxubérant, ce personnage est le seul qui amène un élément comique visuel, mais qui devient aussi assez gênant. On comprend rapidement qu’il s’agit d’un ancien nazi et il est vraiment ahurissant, autant par ses idées et que par sa gestuelle et le pire dans tout cela, c’est que le président et les militaires l’écoutent. Cela est drôle, mais aussi glaçant, montrant toute la bêtise de nos pseudos tête pensantes.

Le petit défaut du film, c’est que dans sa réalisation, il n’y a rien de bien folichon. Certes, la vue sur la table ronde du Pentagone est intéressante, mais on reste dans quelque chose de très simple et c’est assez bizarre de la part d’un Stanley Kubrick. Ensuite, certains passages font vraiment désuets, comme les plans d’avions en plein vol. En effet, on voit qu’il s’agit de maquettes, et parfois, on devine même les fils qui maintiennent l’avion en place. Certes, cela donne un certain charme, mais colle mal avec le reste du métrage, qui, malgré son humour, reste très terre à terre.

Par contre, on pourra applaudir les prestations des acteurs, et notamment Peter Sellers qui joue trois rôles dans le métrage. Il incarne le surprenant Docteur Folamour, hilarant, et deux autres personnages tout aussi important mais avec des comportements totalement différents. Ensuite, George C. Scott est vraiment très bon dans le rôle d’un militaire qui souhaite faire la guerre et qui essaye d’en imposer par son style et qui reste un profond macho sans cerveau. Globalement, tout le casting est juste et se révèle assez bête que cela en devient presque gênant.

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Je vous demande de vous arrêter!

Au final, Docteur Folamour est un film complètement à part dans la filmographie de Stanley Kubrick. Renvoyant un message profondément cynique sur l’armée et sa capacité à gérer des crises, mais aussi sur les grands pontes qui gèrent les situations de crise, ce film est un tollé contre le nucléaire et contre la guerre. Drôle et finement écrit, Docteur Folamour montre que Kubrick peut faire des films simples, tout en dénonçant quelque chose de fort et d’important. Bizarrement, le film est toujours d’actualité et c’est l’adage des grands films.

Note: 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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