décembre 2, 2021

L’Ultime Razzia

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Titre Original : The Killing

De : Stanley Kubrick

Avec Sterling Hayden, Coleen Gray, Vince Edwards, Jay C. Flippen

Année: 1956

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier

Résumé:

Une bande de gangsters organise le hold-up de la caisse des paris lors d’une course de chevaux…

Avis:

Après deux films, Fear and Desire et Le Baiser du Tueur, Stanley Kubrick assoit un peu plus sa notoriété dans le domaine du film noir à Hollywood. Après le succès de son précédent film, le cinéaste décide de poursuivre dans le même genre avec L’Ultime Razzia (The Killing en version originale) et il réalise surement l’un de ses meilleurs films. Alors que c’est son premier film avec des acteurs professionnels, Kubrick accepte même de ne pas être payé pour pouvoir le financer et ne prendre que les bénéfices sur les recettes, qui ne seront pas bonnes. Cela demeure presque incompréhensible tant le film est une réussite, que ce soit sur le plan de la mise en scène que sur le plan de la narration. Car même si L’Ultime Razzia reste un film noir avec un braquage à la clé, il fourmille d’idées et montre que Stanley Kubrick avait vraiment un don pour le cinéma. Mais quasiment soixante ans plus tard, le film est-il toujours aussi prenant, aussi bon ? N’a-t-il pas pris un petit coup de vieux ?

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Ceci n’est pas une farce !

S’appuyant sur un roman noir de Lionel White, Clean Break ou En Mangeant de l’Herbe en version française, Stanley Kubrick va tisser une fois de plus un film relativement simple mais possédant une mise en scène exemplaire et une narration parfois déconcertante mais bien souvent judicieuse. Les paris de courses hippiques vont bon train et les cagnottes sont grosses. C’est alors qu’un homme réunit une équipe afin de faire un gros braquage et de prendre toutes les recettes des paris effectuées avant la septième course. Seulement, chaque homme doit garder cela secret, ce qui est plus difficile pour George, caissier dans le stade et dont la femme se moque éperdument à cause du peu d’argent qu’il gagne. Elle le fait chanter, file voir son amant et lui délivre toute la vérité sur l’affaire. C’est ainsi que l’on va voir le plan se monter, puis prendre forme pour terminer sur un final incroyable.

Si le film n’a rien de bien novateur pour l’époque et encore plus aujourd’hui, il reste très efficace et cela grâce à la mise en scène et la narration qu’impose Stanley Kubrick. On retrouvera plusieurs plans qui rappellent indéniablement son deuxième métrage, Le Baiser du Tueur, avec un sens inné de la mise en scène. Certains plans sont sublimes, faisant référence au genre noir comme lorsque les hommes se réunissent autour d’une table pour parler du plan. On retrouvera les contre-plongées lorsque les hommes sortent les armes qui feront les beaux jours du genre et Kubrick livre quelque chose qui oscille entre mise en scène imaginative et plus classique. Mais ce qui marquera le plus dans ce métrage, c’est la narration choisit. Si une voix-off raconte quelques moments dans le film, on aura différents points de vue à des heures différentes, faisant parfois des retours en arrière. Cela permet de voir les points de vue de certains personnages, d’avoir une vision globale de l’affaire et donc de trouver toutes les scories du plan qui vont se glisser au fur et à mesure que le braquage se met en place. Pour le coup, ce choix de narration est réellement novateur et maintient un certain suspens.

Si dans le fond l’histoire reste ultra simple, les personnages vont se révéler vraiment excellents. Tous les personnages de la bande ont une caractéristique qui fait que l’on va accrocher ou non. Mais si les personnages masculins sont mis en avant, il y a aussi un personnage féminin fort mais corrupteur. En effet, presque comme pour son précédent film, Kubrick place la femme dans une position de trahison et de faiblesse pour l’homme. Ainsi, il donne encore un rôle un peu mauvais à une femme et on retrouvera ça dans presque tous ces films (la snipeuse dans Full Metal Jacket, Nicole Kidman qui n’est pas tendre avec son mari dans Eyes Wide Shut, la voisine au rôle ambigu dans Le Baiser du Tueur ou encore les femmes dans Barry Lyndon), peut-on dire que l’homme est misogyne ? Néanmoins, l’actrice est impeccable et tient son rôle jusqu’au bout. Enfin, on peut dire que le film est tenu par une main de maître avec la présence de Sterling Hayden. C’est le premier film que Kubrick tourne avec des acteurs professionnels et son rôle principal est un excellent choix. L’acteur est exceptionnel et éclatant de charisme, tant et si bien que l’on ne souhaite voir que lui dans le film.

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Il est bientôt fini le cours, j’ai envie d’aller en récré…

Au final, L’Ultime Razzia est un excellent film et surement l’un des meilleurs films du réalisateur. Doté d’une mise en scène incroyable et surtout d’une narration parfaite, le film montre que le film noir était un genre à part et que c’est bien dommage de ne plus en trouver aujourd’hui. Un immanquable dans la même veine que Assurance sur la Mort ou En Quatrième Vitesse.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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