octobre 25, 2021

Evidence

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De : Olatunde Osunsanmi

Avec Stephen Moyer, Radha Mitchell, Caitlin Stasey, Torrey DeVitto

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Deux inspecteurs sont appelés sur une scène de crime particulièrement atroce, dans un garage désaffecté du Nevada. La clef de l’énigme se trouve dans les bandes vidéos laissées par le tueur, qui a filmé ses victimes – des fêtards en partance pour Las Vegas – de leur arrivée sur les lieux à leur mort.

Avis :

Parmi les trucs à la mode dans le cinéma, il y a le Found-Footage. Système absolument génial pour certains, permettant d’être au plus proche de l’horreur, grosse esbroufe pour d’autres, il s’agit de filmer caméra à l’épaule les aventures de protagonistes qui se mettent eux-mêmes en scène. Le Projet Blair Witch avait relancé cette mode puis ce fut repris par Oren Peli pour Paranormal Activity. Et depuis ce métrage, c’est la foire d’empoigne dans les DTV avec des films d’horreur bordéliques surfant sur cette mode. Il faut mettre en avant les économies faites, car ce genre de film coute peu, mais aussi leur faculté à masquer le peu de talent des réalisateurs, se reposant alors sur des caméras tremblotantes. Evidence fait bande à part, puisqu’il n’est pas totalement un found-footage. Il est un mix entre phase caméra à l’épaule et phase plus classique. Mais cela est-il suffisant pour sortir de la masse ?

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Mon Dieu priez pour moi, je regrette tellement ce film !

Le film commence avec une intro bien tape à l’œil sur des images figées montrant plusieurs meurtres dans un même lieu. A côté des cadavres, les enquêteurs trouvent des portables et des caméras. Ils vont alors les visionner afin de trouver l’assassin et de comprendre les raisons de ce massacre. Ainsi, le réalisateur au nom imprononçable va alterner des phases en prises « normales » pour montrer les policiers et des phases en found-footage pour montrer les bandes des caméras et des téléphones. Ainsi, en même temps que les enquêteurs, on va mener notre enquête et essayer de découvrir qui a perpétré ces crimes. Rien de bien neuf à l’horizon, si ce n’est l’alternance entre les deux façons de filmer.

L’intérêt du film repose sur le fait que le spectateur va suivre l’affaire en temps réel et peut lui aussi mener son enquête. Le film essaye tant bien que mal à brouiller les pistes, comme un bon roman policier et y arrive assez, utilisant de grosses ficelles, mais on se laisse prendre au jeu. Seulement, c’est la seule chose qui sera potable dans le métrage. Tous les passages en found-footage sont imbuvables, la faute à des sautes de sons insupportables afin de rendre le tout plus réel. Le seul jump scare du film sera d’ailleurs une augmentation soudaine de la friture du son. Les moments où les victimes courent sont horribles et on ne rentrera pas une seule seconde dans l’ambiance du film. C’est d’ailleurs cela qui manque le plus au film, un brin d’originalité et une ambiance morbide. On reste dans une sorte de slasher nouvelle génération, avec un tueur qui a la gueule d’un ferronnier avec un chalumeau. Les moments gores sont quasi inexistants et le seul moment intéressant est filmé en infrarouge, ce qui fait que l’on ne voit absolument rien. Le problème, c’est que les phases qui ne sont pas en found-footage ne sont pas passionnantes. On y voit les enquêteurs chercher des indices, assis à une table devant un écran. Pour rendre cela plus attrayant, le réalisateur utilise les méthodes de feu Tony Scott, avec une caméra qui tourne autour des protagonistes pour donner plus de dynamisme. Seulement, on se fout tellement des enjeux que tout cela n’est pas intéressant. D’autant plus que Radha Mitchell fait le minimum et Stephen Moyer est égal à lui-même, c’est-à-dire mauvais.

Enfin, les tenants et les aboutissants du film ne tiennent pas la route. La raison du found-footage est qu’une apprentie comédienne veut faire un documentaire sur sa vie alors qu’elle n’a pas débuté dans le métier. Les deux nanas sont très jolies, mais la raison du film n’est pas forcément valable et démontre d’un égo démesuré de la part des personnages et à ce titre, on ne les prendra jamais en sympathie. Par la suite, la fin est déroutante à plus d’un titre et ne sert à rien. On a l’impression que quelque chose d’énorme va arriver et finalement, il ne se passe pas grand-chose et on se dit : tout ça pour ça. C’est très frustrant pour le spectateur, qui aura l’impression d’avoir un film pour rien, tellement tout s’avère futile et presque détestable. Heureusement pour nous, on s’ennuiera assez rarement car le rythme est soutenu et le film assez court.

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Victoire !! Je suis enfin mort !

Au final, Evidence est un gros pétard mouillé. Voulant jouer au malin avec le spectateur, le film se perd en clichés et moments futiles pour un twist final aussi inutile que décevant. Que ce soit dans la réalisation, dans les moments de tension ou dans les moments plus calmes, le film ne touchera jamais le spectateur et on ne ressentira aucune émotion à un quelconque moment. Un film transparent, inoffensif, et qui s’oublie très vite malgré un rythme soutenu et un format assez court. Bref, un DTV de plus qui lorgne entre Intraçable et Tape 407, autant dire pas grand-chose.

Note : 04/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=gEK5DS8I4YU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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