mai 11, 2021

Le Deuxième Souffle

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De : Alain Corneau

Avec Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc

Année : 2007

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

En 1958, Gu, célèbre et dangereux gangster condamné à vie, s’évade de prison. Traqué par la police, il veut s’enfuir à l’étranger avec Manouche, la femme qu’il aime. Ayant besoin d’argent, il accepte de participer à un dernier hold-up.
Grâce à lui, le coup est une réussite. Mais, victime d’une machination montée par la police, Gu passe pour un donneur et un traître aux yeux de ses complices. Pour laver son honneur, Gu prendra tous les risques…

Avis :

Pour son avant-dernier film, le grand Alain Corneau se lance dans un projet ambitieux et risqué, puisqu’il a décidé de s’attaquer au film de Jean-Pierre Melville, du même nom et d’en faire un remake. Personnellement, je n’ai pas encore vu le film de Melville, mais je le connais de réputation. Je ne pourrais donc parler que sur le film lui-même et je n’aurais pas de point de comparaison et c’est peut-être mieux comme ça, car j’ai bien aimé ce film, malgré les lenteurs et les petits défauts par-ci par-là que j’ai trouvé. Alain Corneau a réalisé un film ambitieux, sombre et violent qui donne une nouvelle jeunesse au style du polar et au film de gangsters.

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Paris, les années 60, Gu est un célèbre bandit. Alors qu’il a été arrêté dix ans plutôt et pris le bagne à vie, il s’évade. De suite, il va retrouver celle qu’il aime, la belle Manouche. Ensembles, ils veulent partir à l’étranger, mais Gu est désormais sans argent, ruiné. C’est alors qu’on lui propose un gros coup, à la clef, cent-millions de Francs. Gu ne peut refuser, surtout que ce coup a l’air sûr. Mais ce dernier coup va être la source des pires diffamations et Gu, pour laver son honneur, va devoir tout risquer.

Le regretté Alain Corneau nous a souvent habitué à faire de très beaux films, et celui-ci n’échappe pas à la règle. C’est dans un style très particulier, à la limite du style visuel de Jean-Pierre Jeunet, que le réalisateur français nous entraîne dans cette histoire. L’ambiance est très extra, son film a de la tronche et l’on est pris dedans dès l’ouverture du film. De suite, on sent que l’on à faire a du très bon et beau cinéma. Le style visuel du film est aussi ambitieux qu’il est déroutant au départ. Alain Corneau utilise des filtres de différentes couleurs pour habiller ses scènes et les poussent au maximum, ce qui a presque cramé les têtes de ses acteurs (la scène entre Michel Blanc et Gilbert Melki dans un bar). C’est singulier, le réalisateur va plus loin que le jaune de Jeunet et si au départ, c’est terrible, la scène de l’évasion m’a scotché sur place, après je me suis demandé si c’était beau ou non, car le style est si inhabituel, surtout pour du cinéma français, que j’en perdais mes repères. Mais finalement plus l’intrigue avance et plus l’on s’y fait et ce support donne au film et à son histoire un cachet pas possible que j’ai adoré à la fin.

L’intrigue est très bonne, « Le deuxième souffle« , c’est du polar avec de grandes lettres en majuscule. Tous les codes des films de gangsters sont là. Fusillades, exécutions, braquages, interrogatoires, tortures, parquas et chapeaux sont de sortie. Le tout est assombri par cette ambiance de folie que le réalisateur a su créer pour le film. C’est angoissant, poisseux, et particulier à plusieurs moments. De ce côté-là, Alain Corneau a complètement réussi son coup et il m’a transporté.

Le film, malgré une ambiance des plus réussies, a quand même plusieurs longueurs, des moments où j’ai trouvé que le réalisateur étirait ses scènes sur des choses qui ne sont pas forcément intéressantes. Et j’avoue que même si dans l’ensemble, le film fonctionne très bien et qu’il m’a transporté dans son monde, en milieu de visionnage, je me suis quelque peu ennuyé. Mais c’est très peu sur les deux heures trente que dure le film. Il y a aussi plusieurs effets de style que je n’ai pas trop aimé, comme l’utilisation de ralentis, qui donne un effet kitsch qui ne colle pas avec l’époque à laquelle se passe le film. Il n’en abuse pas, heureusement, mais le peu qu’il y a, coupe les scènes et enlève cet aspect épique qu’a plusieurs fois le film. C’est vrai que les ralentis, c’est joli, mais quand c’est bien employé et que ça colle avec l’univers du film, mais là, c’est raté sur ce coup-là.

C’est la crème de la crème du cinéma français qui s’est réuni devant la caméra de Corneau. Daniel Auteuil fait très bien son job, tout comme Michel Blanc, Gilbert Melki, Nicolas Duvauchelle, Philippe Nahon, ou Daniel Duval. J’avoue avoir eu un sacré coup de cœur pour Jacques Dutronc que j’ai trouvé incroyable, c’est le meilleur personnage du film et l’acteur est bluffant à tel point qu’il en efface tous les autres quand il est présent. Ça m’a fait plaisir de le découvrir ainsi, ce n’est pas un acteur qui m’est désagréable, mais jusqu’ici, je ne l’avais encore jamais vu aussi bon.

Par contre, je ne peux pas en dire autant de la part de Monica Bellucci ou Eric Cantona, qui malgré de bons personnages, sont noyés sous des accents quasi-incompréhensibles. À plusieurs reprises, je n’ai pas compris leurs répliques, ce qui était assez désagréable.

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« Le deuxième souffle » est donc un film que j’ai trouvé très bien, malgré les défauts et erreurs que j’ai pu citer plus haut et je pense que d’avoir commencé ainsi n’était pas plus mal.

C’est un bon polar, qui a de la gueule et avec ce film Alain Corneau me donne envie de découvrir l’original signé Jean-Pierre Melville, histoire de voir à quoi ressemble cette histoire, mais filmée dans son époque.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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