octobre 26, 2020

Puppet Master

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De : David Schmoeller

Avec William Hickey, Paul Le Mat, Jimmie F. Skaggs

Année : 1989

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un fabricant de poupées trouve une formule égyptienne permettant d’insuffler la vie à des objets inanimés. Il la teste sur ses poupées qu’il nomme les Puppet Masters, avant de mourir. Mais quelques années plus tard, les Puppet Masters reviennent à la vie…

Avis :

Les poupées, au même titre que les requins, les serpents, les fantômes et les psychopathes, font partie du folklore et du paysage cinématographique d’horreur. Sont-elles l’objet d’un fantasme inavoué ? Je ne serai répondre à cette question. Cependant, elle représente un danger potentiel, car malgré leur faiblesse, elles sont petites, peuvent se faufiler partout et sont silencieuses. On se souvient encore des frissons qu’a provoqués Chucky lors de sa première apparition à l’écran. Mais visiblement, le « bon gars » a fait des émules et c’est en 1989 qu’arrive Puppet Master, premier film avec un lot de poupées aux multiples talents d’une saga qui va aller vers du bon puis vers du très mauvais. Mais que vaut vraiment ce film en comparaison de Chucky ? Le film n’a pas trop souffert des affres du temps et de l’avancée des effets spéciaux ? Le scénario est-il correct ou avons-nous droit à un gros tas d’idées sous forme embryonnaire ? Ouvrons la boîte et découvrons nos nouveaux jouets.

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C’est pas moi ! J’le jure ! C’est de la framboise !

Si l’on doit étudier de près le scénario de Puppet Master, il y aurait matière à dire du bien comme du mal. Il faut dire que malgré les bonnes idées, le métrage se perd dans un fatras d’incohérences et que parfois le tout se décrédibilise dans une sorte de surenchère vers du fantastique bas de gamme. Au départ, l’idée de base est assez excellente et le mélange avec l’histoire et les nazis de la seconde guerre mondiale aurait pu donner un autre film. Malgré cela, le film préfère aller vers un aspect plus fantastique et plus simple, se terminant par un twist final assez décevant. D’ailleurs, plutôt que de partir vers quelque chose de justifier, de simple, avec des poupées qui tuent pour une bonne raison, on va aller vers des meurtres qui ne se justifient pas tellement et vers un lot de personnages pa forcément intéressant. La partie où l’on découvre les personnages possédant des dons et les utilisant fin de retrouver un ami visiblement défunt demeure très nanardesque et ne sert en rien le film. Bien au contraire, cela confère un aspect bouche-trou et fourre-tout, accompagnant les poupées tueuses. Alors attention, je ne dis pas que tout est à jeter dans le film, et certaines idées sont plutôt sympathiques, mais le mélange de tous les genres est assez discutable et range le film dans la catégorie des gentils nanars.

L’autre gros problème du film provient de l’ambiance qui ressort du métrage. Loin d’être effrayante, elle pose le problème des différents effets et de l’aspect des poupées. Pour le coup, le design des différentes marionnettes est relativement bien trouvé. Blade, la poupée blanche se servant d’un couteau est assez mystérieuse, mais ne possède pas forcément l’aspect effrayant escompté. Par contre, on aura plus la trouille de la poupée qui vomi des sangsues dans un bruit affreux ou encore de la poupée aux mains humaines qui cogne et qui étrangle en silence. Ceci dit, passé ces moments-là, on reste dans une sorte de platitude ambiante qui provient des personnages eux-mêmes. N’arrivant pas à trouver un rythme juste tout au long du métrage, on va vite perdre le fil de l’histoire et plutôt que de se centrer sur le mystère d’André Toulon et des marionnettes, on va se contenter de quelques meurtres et de quelques animations sympathiques. Tout cela est bien maigre et ne suscite à aucun moment notre intérêt. Et quand on n’a pas d’intérêt, que ce soit pour l’histoire ou pour le devenir des personnages, on s’ennuie ferme et l’ambiance globale en pâtie.

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J’vais me tirer une balle comme ça j’abrégerais mes souffrances à être dans ce film.

Quand on regarde le film, on se rend vite compte que les poupées ne sont que des acteurs secondaires, et David Schmoeller a concentré son attention sur les différents protagonistes du film, mais format humain. Ainsi, on va se retrouver avec des personnages pas forcément intéressants et aux pouvoirs douteux, mais on se dit qu’après tout, si dans un film où les poupées marchent et tuent, on ne peut plus avoir de télépathe, où va le monde ! Seulement, les acteurs semblent assez peu concernés par leur sort et surtout par les étranges phénomènes se déroulant dans l’hôtel. Prévalant sur des relations ambiguës et pas forcément intéressantes,  les acteurs ne semblent pas convaincus. Le héros demeure assez peu sympathique et certains personnages sont carrément insupportables. Je veux dire, quand on voit la femme qui ressent les choses passées et qui se trémousse sur le lit en s’échaudant comme une péripatéticienne, on ne peut qu’être atterré et ne pas donner beaucoup de crédit au film. Le méchant du film est peut être celui qui s’en sort le mieux, mais on le voit relativement peu malgré sa bonne prestation finale. Je pense qu’il aurait été plus judicieux de mettre en avant les poupées surtout si c’était pour nous présenter des protagonistes aussi peu travaillés.

Le film se reprend lors des différents meurtres et des différents pouvoirs des marionnettes. Sans pour autant être gore à outrance, le film reste assez audacieux concernant certains crimes et c’est plutôt amusant. Evidemment, la poupée la plus glauque est la femme qui crache des sangsues et le passage où elle tue le type faisant l’amour est assez savoureux tout en étant sale. D’ailleurs, lui-même croit que c’est sa femme qui lui fait des choses agréables au début puis beaucoup moins sympathiques par la suite. Le reste est plus conventionnel, mais il faut dire que Blade est assez limité dans ses actions, car hormis son petit couteau pour égorger il est plutôt démuni. Son pote avec les grosses pognes est aussi limité mais il présente l’avantage d’un design plus effrayant car beaucoup plus énigmatique et imposant. Mais le pire, c’est résolument Pine Head (rien à voir avec Hellraiser), qui possède une vrille sur le sommet du crâne et qui va se faire plaisir avec un certain personnage. Les effets spéciaux restent de bon acabit pour l’époque et malgré une animation parfois un peu saccadée, on reste dans quelque chose d’agréable et de bien fichu. Loin des effets numériques, le film gagne en crédibilité et c’est tant mieux. La fin reste assez décevante et vite expédiée, ce qui est dommage.

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Je pars en vrille !

Au final, Puppet Master reste un film assez moyen qui ne dépasse la moyenne. Malgré une idée de base très intéressante, le film perd de sa puissance en privilégiant des humains aux pouvoirs paranormaux plutôt que les poupées tueuses et ce n’est pas le bon choix. D’autant plus que les personnages ne sont pas intéressants et surtout pas attachants contrairement aux différentes marionnettes qui semblent cacher un plus lourd secret. Bref, un film d’horreur vite vu, vite oublié, plutôt old school mais qui permet d’entamer une saga aux multiples suites. A voir pour la suite, mais pour l’instant, Chucky est largement en tête !

Note : 10/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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