avril 16, 2021

Corneille – Entre Nord et Sud

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Avis :

Avant de commencer cette chronique sur le dernier album de Corneille, il faut mettre les choses au clair. Si l’on devait juger la qualité musicale par celui qui l’a fait, alors certainement que ce skeud aurait eu a note maximale. Parce qu’il faut dire qu’humainement, on peut difficile faire plus que Corneille, qui en a chié plus que n’importe qui dans sa vie et qui a eu le courage de rebondir et de multiplier les œuvres caricatives. Il faut dire qu’il a vu sa famille se faire assassiner sous ses yeux lors du massacre rwandais alors qu’il n’avait que 17 ans et rien que pour son courage, il mérite toutes les éloges. Mais le but premier d’une critique est de se focaliser seulement sur la qualité de l’œuvre en question, et pour le coup, la note ne sera certainement maximale, bien au contraire. C’est très tôt que le chanteur canadien d’origine rwandaise (si vous aussi vous pensiez qu’il était français, bienvenue au club) a été attiré par le R’n’B. Il se fait alors connaître au Canada où il forme un groupe, puis il va se consacrer à sa carrière solo en 2001. C’est en 2002 que sort Parce qu’on Vient de Loin et c’est un gros succès. Il faut dire qu’il possède tous les atouts pour percer dans la culture de masse, entre un joli minois, une voix agréable et une petite guitare pop sympathique. Et il faut avouer que ce n’était franchement pas trop mal. Certes, on a vu mieux, mais ça se laissait écouter. La question est : que s’est-il passé en 11 ans de temps ? Parce que là, avec ce dernier album intitulé Entre Nord et Sud, on touche le fond du R’n’B et de la musique en général.

Dès le début du skeud, le ton est donné. La guitare a été laissée au placard et on va ressortir les bonnes vieilles boîtes à rythmes fraîchement moulues des années 2000. Car oui, le dernier album de Corneille n’a rien de novateur, rien d’intellectuel et rassemble tous les clichés du R’n’B du pauvre. Le Sommet de nos Vies atteint le point culminant de la naïveté malgré la présence de la guitare poussiéreuse. C’est binaire, ça se veut joyeux, mais ça reste profondément chiant. Et ce ne sera pas le seul titre comme ça, à prôner la tolérance, l’amour et tout le toutim bienveillant, et si en général, on n’a rien contre, trop de guimauve provoque un écœurement majeur et montre le peu d’imagination du garçon. On pourra souligner Notre Année qui est transparente et inutile, ou encore Toujours Là et sa petite intro à la guitare qui va vite laisser sa place à une boîte à rythme odieuse. La liste est longue est on frise l’arrivée de bisounours en plein milieu du skeud.

Alors le chanteur fait le malin et il va s’entourer de chanteur ou de rappeur qui ont eu des succès récents pour essayer de s’extirper de la mélasse qu’il a tambouillé. On pourra noter Ego avec Youssoupha, qui connait un sursaut lorsque le rappeur ouvre sa bouche et sa langue fourchue, car c’est bien le seul moment du morceau agréable. On peut aussi parler rapidement de Au Bord du Lac, que l’on pourrait confondre avec d’autres titres de l’album car le rythme et la rythmique sont les mêmes et seul le refrain avec Nadja permet d’identifier la chanson comme un autre titre. Malheureusement, il s’agit aussi d’un morceau fast food que l’on digérera bien vite pour totalement l’oublier. Enfin, Sans Raccourcis, avec Kerry James atteint des platitudes incroyables. Le titre est tellement plat et les paroles sont tellement connes que cela en devient insultant.

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La question qui nous brûle les lèvres est la suivante : y-a-t-il quelque chose à sauver de cet album ? Eh bien la question sera presque négative. En effet, s’il ne faudrait garder qu’une chanson, se serait certainement A l’Horizon, qui demeure courte, discrète et assez sympathique. Mais comme elle ne dure qu’une minute trente, on peut difficile défendre le skeud avec un interlude même si elle reste sympathique. On pourra toujours se jeter sur Nostalgie, le seul morceau qui possède une identité véritable en proposant un rythme africain et chaud. Bon, le problème c’est que dans son ensemble le titre est juste horrible avec une boîte à rythmes dégueulasse et l’impression d’écouter un morceau des années 90. Allez, pour ne pas être méchant, on peut essayer d’écouter Le Paradis en remix acoustique, qui reste un peu plus écoutable que la version originale (est-ce d’ailleurs pour ça que le remix se trouve avant l’original sur la playlist ?).

Au final, Entre Nord et Sud, le dernier album en date de Corneille est une belle purge qui oscille entre commercial pour sexagénaire et tentative vaine pour conquérir les jeunes à l’oreille électro. Malheureusement, entre des sons déjà entendus mille fois, un manque flagrant d’inventivité et aucune volonté de renouveler un genre qui se sclérose, Corneille s’englue pour fournir un skeud détestable et sans aucune originalité.

  1. Les Sommets de Nos Vies
  2. Ego featuring Youssoupha
  3. Notre Année
  4. Toujours Là
  5. Fais-Moi la Paix
  6. J’en ai Assez
  7. A l’Horizon
  8. Tu Mérites Mieux
  9. Nostalgie
  10. Un Peu de leur Courage
  11. Au Bord du Lac featuring Nadja
  12. Le Paradis (Remix Acoustique)
  13. Le Récit
  14. Sans Raccourcis featuring Kerry James
  15. Touché
  16. Beaux
  17. Le Paradis

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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