octobre 27, 2020

Hostel 2

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De : Eli Roth

Avec Lauren German, Roger Bart, Richard Burgi, Heather Matarazzo

Année: 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé:

Alors qu’elles sont en vacances en Europe, Beth, Lorna et Whitney, trois jeunes Américaines, rencontrent une superbe femme. Celle-ci se propose de leur faire découvrir pour un week-end un établissement de cure où elles pourront se reposer et s’amuser. Attirées par cette offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent dans son piège. Livrées à de riches clients associant l’horreur au plaisir, les trois jeunes femmes vont vivre un cauchemar absolu…

Avis :

On connait tous la chanson maintenant. Un succès au cinéma et on voit débouler soit une pléthore de suites, soit des remakes, soit aujourd’hui des reboots. Quasiment initiateur d’un genre qui aura fait des enfants, Eli Roth est un peu celui par qui le torture-porn est arrivé, avant même le déroulement de la saga Saw. Présentant un premier film osé et bien gore, le réalisateur présentait de riches hommes d’affaires pervers, déboursant des millions pour pouvoir torturer des jeunes gens, en Europe de l’Est. Critiqué comme étant un gros branleur, son film reste moyennement perçu, à cause d’une violence gratuite et peut-être trop réelle, Roth va prendre le taureau par les cornes et faire une suite à son film, faisant un gros doigt d’honneur à tous ses détracteurs. Mais on sait aussi que les suites sont souvent inférieures au premier et le reste de tomber dans la surenchère de gore n’est jamais loin. Alors qu’en est-il vraiment pour ce film ? Poussons la grosse porte en fer blindée et voyons comment ça se passe.

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Pourquoi je dois mourir, j’ai pas montré mes seins !?

Dans le premier film, il s’agissait de suivre les victimes d’un enlèvement par deux jolies nanas, puis de l’évasion de l’un d’entre eux en faisant un petit carnage au passage. Le deuxième métrage reprend là où s’était arrêté le premier et on va retrouver notre héros, qui n’en a plus pour très longtemps. Par la suite, Eli Roth va concentrer son film sur deux groupes bien différents. Le premier groupe est composé de trois filles qui vont représenter la chair à canon, la viande à découper. Le second groupe est composé de deux riches hommes d’affaire, dont l’un d’entre eux remporte l’enchère pour torturer deux américaines, faisant ainsi un cadeau d’anniversaire pour son pote. Ne se focalisant pas seulement sur les victimes, Roth propose une autre vision de son film, montrant que finalement, les meurtriers sont des hommes qui ressemblent à n’importe qui. Si cela peut sembler sympathique de prime abord, il s’avèrera que tout cela est bien mince et que l’on est jamais loin d’un film identique au premier. Et c’est ce qui est décevant dans ce film, car on s’attend à avoir quelque chose de neuf, de frais, surtout venant du réalisateur du premier opus, mais finalement, on se retrouve devant un boulot un peu facile, un peu fainéant.

Le seul piège qu’évite Roth, c’est de tomber dans une surenchère de gore et de dégueulasse. A ce titre, le film fait aussi plus propre et moins craspec que le premier. Mais attention, on aura tout de même plus de profondeur dans les personnages et dans l’ambiance en elle-même. Si l’histoire semble finalement assez légère, le réalisateur va un peu plus brossé le décor et on le ressent dans l’ambiance, car malgré un humour assez douteux et plutôt graveleux, le film montre une urgence de tous les temps. Exagérant volontairement le trait des européens de l’est, Roth s’en donne à cœur joie, que ce soit dans le train, avec des jeunes délinquants pas très accueillants, puis avec des habitants assez bizarres. Les coutumes locales, avec la fête, présentant un spectacle de marionnettes plutôt glauque ainsi que des déguisements à tendance horrifique, montrent une certaine violence latente qui monte d’un cran lors du premier enlèvement. Du coup, d’un point de vue de l’atmosphère, on ressent un peu plus de peur que dans le premier qui misait tout sur le gore et le sale. Seulement, quand on regarde un Hostel, notre attente se tourne vers un torture-porn et en ce sens je crois que le vide n’est pas comblé et que Roth se fourvoie dans une volonté de faire quelque chose de plus construit et de pas assez original.

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Ne t’inquiète pas, je reviens. Avec une tronçonneuse, mais je reviens.

Le point positif du film vient de ses acteurs et de l’emploi de certains personnages. Voulant employer ses acteurs à contre-courant, Eli Roth va prendre deux acteurs connus pour leur apparition dans la série Desperate Housewives et il va leur mettre le costume de tueurs au tatouage en forme de chien. Mais ce qui est impressionnant, c’est que Roger Bart et Richard Burgi se font un plaisir de jouer dans ce film et qu’ils font ressentir au spectateur une espèce d’euphorie qui vire à la rigolade à chaque apparition. Potache et grossier, c’est un réel plaisir de les voir devant son écran. Pour les personnages féminins, je serai un peu moins gentil. Si l’héroïne reste assez sympathique, il n’en est pas de même avec la petite intello interprété par Heather Matarazzo, pénible et conne au possible et qui en fait un personnage que l’on veut voir mourir au plus vite. Tout comme Bijou Phillips, incarnant la blonde de service qui ne sert à rien à part faire la sainte-nitouche et pour laquelle on n’éprouve aucun sentiment. Enfin, aimant les caméos dans ses films (on se souvient de l’apparition de Takashi Miike parmi les tueurs dans le premier film), on pourra apprécier l’apparition de Ruggero Deodato en tant que cannibale, rappelant son film scandale, Cannibal Holocaust.

Le point faible du film selon moi, c’est le manque d’effet gore. Ne voulant pas tomber dans la surenchère et le grandguignol (ce qui aurait pu être pas mal étant donné le ton du film), le réalisateur ne va proposer que trois, quatre plans gores et parfois ils sont éclipsés en quelques secondes. A la vue de notre attente, on ne peut être que déçu par le parti pris d’Eli Roth. Bien entendu, le film a son lot de scènes chocs et l’une d’entre elles est particulièrement marquante, mais cela reste finalement assez conventionnel. Alors on aura notre lot de décapitations, notre part de gags précédant les tortures, ou encore notre gros plan sur une bite découpée, mais tout cela reste assez faible. La scène sympathique est celle où Deodato mange un type en découpant à vif des morceaux de cuisse sur un jeune homme. Il y a par contre une scène un peu hard, avec une sorte d’Erzébeht Bathory, saignant petit à petit une jeune femme suspendue, avec une faux et prenant un bain avec son sang. La scène demeure assez crade, tout comme la scène de fin, mais cela reste bien maigre comparé au premier film. Et puis l’inversion des rôles sur la fin est trop prévisible.

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Un spectacle de marionnettes hachement bien !

Au final, Hostel chapitre 2 est une déception, tout cela à cause de l’auto censure que s’impose Roth dans son délire gore. Pas assez décomplexé pour faire rire, pas assez gore pour écoeurer, pas assez glauque pour effrayer, le film ne trouve jamais sa bonne voie et déçoit plus qu’autre chose. Alors tout n’est pas si noir, car les acteurs sont excellents et quelques passages sont savoureux, mais le tout reste en dessous du premier film. Bref, un film lambda qui ravira sans doute les fans mais qui n’apporte rien de nouveau au genre.

Note : 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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