novembre 30, 2020

Minari

De : Lee Isaac Chung

Avec Steven Yeun, Ye-Ri Han, Yuh Jung Youn, Will Patton

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Une famille américano-coréenne décide de s’installer dans une petite ferme de l’Arkansas pour vivre leur « rêve américain ». La maison familiale change complètement avec l’arrivée de la grand-mère sournoise, grossière, mais excessivement aimante. Entre l’instabilité et les défis qu’offrent cette nouvelle vie dans les monts Ozarks, la famille va faire preuve d’une incroyable résilience et apprendra ce que signifie vraiment « être chez soi ».

Avis:

Lee Isaac Chung est un réalisateur américain d’origine coréenne. S’il commence par étudier la médecine à Yale, il largue tout quand il découvre et se passionne pour le cinéma. Dès lors, le futur réalisateur passe le début des années 2000 sur des courts-métrages pour se faire la main. Puis, à force de travail, son premier film, tourné au Rwanda, sortira en 2007 et fera même le tour des plus grands festivals, de Cannes à Berlin, Toronto ou encore Busan. Le réalisateur est donc lancé et les films suivent.

« Minari » est son cinquième film en treize ans et c’est sans l’ombre d’une discussion, son film le plus personnel, puisque Lee Isaac Chung revient ici sur son enfance passée dans l’Arkansas. Rendant un bel hommage à sa famille, tout en peignant un joli portrait, « Minari » est une tranche de vie tendre et touchante. On est pris dans l’arrivée de cette famille au milieu de nulle part, on sourit et l’on est touché par les rêves et les espoirs, ou encore par les membres de cette famille qui nous ressemblent. Avec ce film, Lee Isaac Chung réussit une très belle chronique qui passe en un rien de temps.

Une famille américano-coréenne décide de s’installer dans une petite ferme de l’Arkansas pour vivre leur « rêve américain ». La maison familiale change complètement avec l’arrivée de la grand-mère sournoise, grossière, mais excessivement aimante. Entre l’instabilité et les défis qu’offrent cette nouvelle vie dans les monts Ozarks, la famille va faire preuve d’une incroyable résilience et apprendra ce que signifie vraiment « être chez soi ».

Faisant l’ouverture du Festival du film américain de Deauville, « Minari » est le genre de film qui est aussi simple qu’il est beau et prenant. Pour ce nouveau film, Lee Isaac Chung a choisi un sujet qui lui est tout à fait personnel, puisqu’il va parler de lui à travers ces images, ces histoires et ces petits moments savoureusement choisis.

Ainsi, « Minari« , c’est l’histoire d’une famille coréenne fraîchement débarquée dans les années 80 sur les terres du pays de l’Oncle Sam. Après quelques essais notamment en Californie, toute la petite famille termine dans l’Arkansas, état où il ne se passe pas grand-chose. Le père de famille a une idée en tête, il est sûr que cette dernière pourrait rapporter. « Minari« , c’est donc l’installation d’une famille coréenne dans un état blanc du sud des États-Unis. Le scénario de « Minari » est beau parce qu’il est simple. Ici, il n’est pas question de racisme, ou de grand débat polémique, même si le réalisateur aborde évidemment l’intégration. Non, ici, il est juste question d’une famille qui veut réussir, qui a l’envie de vivre simplement. Une famille qui essaie de conjuguer l’American Dream et les traditions coréennes et leur culture, au milieu de nulle part. Lee Isaac Chung adopte un ton simple et juste, et son film est un petit bonheur à suivre, car il est alors bourré de petites anecdotes, de petits moments en famille, ou encore de petits détails, que ce soit sur l’Arkansas et ses habitants ou encore sur la Corée, avec cette grand-mère ô combien fabuleuse.

La mise en scène de Lee Isaac Chung est en accord total avec son scénario. Tout ici est fait pour faire vivre au mieux cette tranche de vie. Joliment éclairé, fluide, soigné, « Minari » est un film aussi simple, qu’il a trouvé le ton juste. « Minari« , c’est un film calme et apaisé et c’est un film qui fait du bien. Lee Isaac Chung filme parfaitement le rêve de ce père de famille, les rires et les bêtises des gamins. Ces scènes en famille sont très belles, car elles sonnent comme vraies. Il est bien difficile de résister à ce petit film qui passe comme un éclair.

Si l’alchimie fonctionne parfaitement aussi, c’est grâce à ce casting que le réalisateur a réuni. Steven Yeun et Han Ye-ri sont excellents dans le rôle des parents. Lee Isaac Chung a su capturer quelque chose de très vrai en eux. On trouve aussi la grande Youn Yuh-jung qu’on avait découverte dans « The Bacchus Lady » ou encore « Sense8 » et dire que l’actrice est renversante dans le rôle de cette grand-mère n’est pas assez fort, tant elle fait des merveilles ici. Puis enfin, il y a ce petit garçon, Alan S. Kim, qui incarne le réalisateur petit et ce gamin crève littéralement l’écran. Il est drôle, il est touchant, il est plein de maturité, au point que voir le monde à travers ses yeux est une petite merveille. On peut même dire qu’il en volerait presque la vedette à tout le monde tant il dégage une présence folle.

« Minari » est donc un beau film qui, de par son ton et son histoire, est un film qui fait du bien. Ici, il n’est pas question de polémique, d’engagement ou encore de politique. Non, Lee Isaac Chung nous raconte juste une famille avec leurs rêves, leur vie, leurs relations et ça ne va pas plus loin et surtout ça suffit pour nous emporter et nous toucher. On espère alors que le film sortira dans les salles, car il le mérite, et en plus de ça, on en reprendrait bien encore un peu.

Note : 14/20

Par Cinéted

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