octobre 26, 2020

La Loi du Silence

Titre Original : I Confess

De : Alfred Hitchcock

Avec Montgomery Clift,Anne Baxter, Karl Malden, Brian Aherne

Année: 1953

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Drame, Thriller

Résumé :

Au Québec, un homme revêtu d’une soutane abat un avocat pour lui dérober son argent. Le soir du drame, il se confesse auprès du père Michael Logan, sur lequel se portent immédiatement les soupçons. Arrêté, mais lié par le secret de la confession, le père Logan se tait…

Avis :

Après avoir commencé une carrière sublime en Angleterre, Alfred Hitchcock s’est installé aux Etats-Unis et il a connu le succès qu’on lui connaît tous. Parmi les films qu’il va tourner dans cette seconde partie de carrière, il y en a un qui s’éloigne un petit peu de ce qu’il a fait habituellement et de ce que fait habituellement Hollywood à cette époque-là. Ce film, c’est celui dont on va parler, « La loi du silence » et ici, avant même de parler du film, on va mettre l’accent sur le tournage. À l’époque, il était assez rare que des films américains se tournent en dehors des États-Unis, pourtant, même si une partie du film a bel et bien été tournée aux États-Unis, il faut savoir que « La loi du silence » a été presque entièrement tourné dans la ville de Québec au Canada et autant dire que ça se voit, que ça ajoute énormément au film.

Les années 40 ont été superbes pour Alfred Hitchcock qui nous a offerts de très grands films. Le début des années 50 avec « Le grand alibi » ou « L’inconnu du nord-Express » l’a été tout autant, comme d’ailleurs ses années 50 en elle-même. Mais entre « L’inconnu du nord-Express » et « Fenêtre sur cour » se trouve un excellent cru quelque peu oublié et pas si connu que ça, « La loi du silence« .

À Québec, une nuit, un homme habillé d’une soutane de prêtre abat un avocat et s’enfuit. Cet homme rentre dans une église, et se confesse auprès de son ami et prêtre, le père Michael Logan. Ainsi, en se confessant sur ce crime qu’il vient de commettre, il se dédouane aux yeux de Dieu, il soulage sa conscience et surtout, il sait que le père Logan est tenu au secret. Pendant l’enquête, les soupçons se portent alors de suite sur le père Logan. Ainsi, le père Logan, dont les preuves finissent par s’accumuler, se retrouve face à ce secret de confession qu’il doit garder et il se tait…

Sa filmographie tutoie l’excellence et c’est assez dingue de découvrir comment Alfred Hitchcock enchaîne les films les uns après les autres et arrive toujours, quand il ne réalise pas des chefs-d’œuvre, à nous livrer des films d’excellence. Comme je le disais, « La loi du silence » n’est certainement pas le film le plus connu d’Hitchcock, et pourtant, il fait partie de ceux qui mériteraient un très grand coup de projecteur.

Thriller fascinant, drame tendu, « La loi du silence » c’est avant tout un scénario génial et terrible. Un scénario que certains pourraient qualifier de machiavélique tant plus l’intrigue se construit, plus l’étau se resserre sur son personnage et plus le film d’Hitchcock se fait purement et simplement passionnant. « La loi du silence« , c’est la foi et l’acceptation des lois de Dieu. C’est un secret inavouable, car tenu par un serment. Comment faire, que faire, que croire, quand la vérité ne peut être révélée et surtout quand le mensonge et la perfidie de la nature humaine « jettent » son dévolu sur vous ? Remarquablement construit et tenu, même si vers la toute fin, le film se fait un peu prévisible (mais en même temps, aurions-nous voulu qu’il en soit autrement ?), « La loi du silence » est de ces films qui arrivent à nous offrir bien plus que les grandes attentes qu’on avait placées en eux. Puis en plus d’être passionnant par son intrigue de base, le film d’Alfred Hitchcock construit parfaitement ses personnages, expliquant et décrivant le parcours du père Logan, ce qui va le rendre touchant. À travers ce parcours, et avec les années passées, c’est aussi toute une culture et une époque qu’Hitchcock filme. Traditions, convictions, mœurs, jugements, enquête de police, sentiments… « La loi du silence » est très riche et ne cesse de surprendre.

On ajoutera à cela que le film se fait aussi cru d’excellence grâce à la mise en scène de son réalisateur. Entre son ouverture brillante, la tenue de sa tension, la photographie sublime (photographie qui intensifie Montgomery Clift comme rarement), sa BO, le fait de filmer réellement à Québec… Bref, tout ici n’est qu’excellence, et surtout, tout nous happe, nous tient et nous passionne jusqu’à son final et ça, même si, comme je le disais, ce dernier se fait quelque peu prévisible.

Bien entendu, Montgomery Clift est brillant dans le rôle du père Logan. Bien entendu, Anne Baxter est parfaite et son duo romantique et brisé entre elle et Clift est touchant et apporte beaucoup à l’œuvre. Mais derrière eux, il ne faut pas non plus oublier, O.E Hasse, le criminel qui est diabolique, ou encore Karl Malden et Brian Aherne, respectivement le commissaire et le procureur, qui assurent tous deux un show passionnant et fascinant (c’est assez dingue comment Hitchcock filme leur visage, mais plus largement, c’est quelque chose qui me fascine chez le réalisateur).

« La loi du silence » est donc bien plus qu’un excellent cru que nous offre là le réalisateur britannique. Si « La loi du silence » n’accède pas au rang de chef-d’œuvre, on n’en est vraiment pas loin. Oublié et méconnu, cette « … loi du silence » se pose comme un très joli coup de cœur et il entre d’emblée dans mon panthéon des films d’Alfred Hitchcock que j’ai très envie de revoir de suite.

Note : 17/20

Par Cinéted

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