octobre 24, 2020

Pitch Black

De : David Twohy

Avec Vin Diesel, Radha Mitchell, Cole Hauser, Keith David

Année : 2000

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Un vaisseau spatial transportant une quarantaine de civils est percuté par une météorite et se crashe sur une planète inconnue. Les membres de l’équipage périssent dans l’accident, à l’exception de Fry, une jeune pilote, et de quelques survivants. Parmi eux, un imam et ses disciples, un antiquaire, une géologue, une adolescente, le chasseur de Johns et Riddick, un criminel endurci en cours de transfert vers sa prison. Alors que le petit groupe tente de s’organiser sous un climat aride de jour perpétuel dominé par trois soleils, ils découvrent qu’une éclipse va bientôt frapper la planète, permettant à de monstrueuses créatures nocturnes de se mettre en chasse…

Avis :

Durant les années 80 et 90, les fans de cinéma d’action ont pu se régaler avec des acteurs qui auront marqué les esprits. Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren, autant de noms que de films qui pétaradaient dans tous les sens. Puis petit à petit, le cinéma d’action a un peu perdu de sa superbe et les nouveaux acteurs qui officiaient là-dedans étaient moins charismatiques. Il faudra attendre le début des années 2000 pour voir apparaître un semblant de relève avec la personne de Vin Diesel. En effet, avant de cartonner dans les Fast & Furious et de se faire appeler Baboulinet, Vin Diesel signait le retour en fanfare de la SF d’action avec Pitch Black, un projet tout discret de David Twohy qui sortait alors du très sympathique The Arrival. Film assez épuré sur la survie d’un équipage en milieu inconnu et hostile, rien ne prédestinait ce métrage à devenir le départ d’une licence. Budgétisé à 23 millions de dollars, il en rapportera plus de 53 millions et permettra alors de faire deux suites, qui n’auront pas le succès escompté. Mais revenons à nos moutons et à ce premier film qui aurait pu s’étouffer dans l’œuf, mais qui aura un beau destin.

Pourtant, ce n’était pas forcément gagné, car outre son absence de pub à l’époque, le scénario n’est pas vraiment fouillé. Un vaisseau spatial avec des colons, un accident, un atterrissage forcé sur une planète inconnue et désertique, des bestioles qui sortent la nuit et un prisonnier dangereux qui doit faire avec le reste de l’équipage pour survivre. Sorte de huis-clos au sein d’une planète hostile, Pitch Black aurait pu sombrer dans les méandres de la médiocrité avec des punchlines ringardes et des personnages fonctions qui ne servent à rien. Mais il n’en est rien et l’écriture du film est plus fine que cela. A travers cette survie, on va avoir plusieurs brassés, comme la religion et la foi ou encore l’amitié et l’altruisme pour survivre. La narration demeure limpide, simple et basique, tout en prenant le soin et le temps de peaufiner des personnages différents, où le loup n’est pas forcément celui que l’on croit. Et c’est ainsi que, malgré sa simplicité, Pitch Black possède un fort capital sympathie. Il ne cherche pas à faire du grandiloquent, du clinquant, il ne cherche qu’à raconter une histoire simpliste avec des protagonistes charismatiques et véhiculant quelques réflexions intéressantes sur l’âme humaine. En bref, le scénario est sobre mais efficace.

Ce côté épuré, cette simplicité, on la retrouve aussi dans l’ambiance du film qui n’a pas un gros budget et qui va faire avec les moyens du bord. Peu de décors, deux vaisseaux fatigués, un désert bien sec, des filtres jaunes à tout va et une base abandonnée, tels sont les ingrédients du film pour parfaire une ambiance chaude et asphyxiante. David Twohy n’est pas forcément le réalisateur du siècle, en atteste certaines séquences proprement illisibles, ou encore des effets spéciaux douteux, même pour l’époque, mais on ne peut pas lui enlever le soin qu’il a apporté sur les décors et sur la personnalisation de l’environnement. Les teintes sont volontairement jaunies pour accentuer la sensation de chaleur et de perdition et le film joue constamment avec l’aspect minimaliste de son décor naturel, comme on peut le voir sur la séquence de nuit avec quelques néons pour se protéger des bestioles. Et de ce fait, si parfois cela peut paraître ringard, difficile de ne pas ressentir la sécheresse de l’ensemble et ce côté un peu Mad Max (même lieu de tournage que le troisième opus), avec en prime un montage très punk et épileptique dans son début.

Si les décors et le scénario sont plutôt minimalistes, il n’en demeure pas moins que le film réussit à pondre des personnages assez intéressants et qui ont de l’épaisseur. D’ailleurs, les producteurs ne s’y sont pas trompés en changeant la fin de base qui devait voir Riddick mourir. Le potentiel du personnage est tel qu’une fin alternative a été tournée et gardée dans le montage final, laissant la vie sauve au héros. Riddick est par ailleurs un personnage complexe. Fourbe au grand cœur, mystérieux et presque mystique avec sa vision nocturne, Vin Diesel joue de son physique pour donner encore plus d’épaisseur à un anti-héros badass et qui s’adapte très facilement à un environnement dangereux. A ses côtés, on retrouve une Radha Mitchell très investie, comme d’habitude, et qui joue le rôle de l’héroïne au grand cœur, qui veut sauver tout le monde, mais qui reste percluse de remords à cause de son atterrissage forcé. Etrangement, si l’actrice y donne tout son potentiel, c’est le personnage le plus creux de l’histoire. Tout du moins, elle fait pâle figure face à Cole Hauser, en véritable méchant de l’histoire, un peu cliché, mais tenu avec sérieux et qui pour le coup montrera que l’on peut avoir une gueule d’ange et être un sacré salopard. Et que dire de Keith David, jouant un imam qui amène à la réflexion sur l’existence, ou non, de Dieu. Rajoutant un aspect mystique à l’histoire, c’est ce personnage qui amènera un fond intéressant à Pitch Black, même si ça reste très dirigiste sur sa finalité, film américain oblige.

Au final, Pitch Black est un film qui demeure intéressant même s’il vient de fêter ses vingt ans d’existence. Non exempt de défauts, comme un montage à la truelle, un scénario mine de rien minimaliste et surtout des effets visuels qui ont bien mal vieilli, le film se sauve grâce à des personnages charismatiques et attachants et à une volonté de marquer le spectateur avec certaines séquences rondement menées. Inégal mais plaisant, Pitch Black permettra à Vin Diesel de monter les marches de la gloire quatre à quatre et de lancer une trilogie qui tombera rapidement dans l’oubli.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Pitch Black »

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