Le Diable en Robe Bleue

Titre Original : Devil in a Blue Dress

De : Carl Franklin

Avec Denzel Washington, Don Cheadle, Tom Sizemore, Jennifer Beals

Année : 1996

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

A Los Angeles en 1948, un vétéran noir de la Seconde Guerre mondiale se retrouve au chômage et accepte l’offre d’un Blanc, Dewitt Albright, à la recherche d’une jeune femme qui se cache dans les quartiers noirs en compagnie d’un gangster. Easy passe la soirée dans un bar en compagnie de Coretta, qu’il raccompagne chez elle et qui est sauvagement assassinée après son départ.

Avis :

Carl Franklin, c’est l’artisan typique du cinéma qui ne fait pas de bruit, et qui nous laisse, notamment dans les années 90, une jolie petite filmographie à découvrir. Quand on pense à Carl Franklin, d’emblée des titres comme « Un faux mouvement« , « Out of time« , ou encore « Contre jour« , viennent en tête.

Aujourd’hui, c’est de son troisième long-métrage qu’on va parler, le très sympathique et assez peu connu « Le diable en robe bleue« , un thriller porté par un Denzel Washington impeccable. Thriller qui rappelle énormément le cinéma des années 50, tout en y gardant une petite touche made in 90, ce qui lui donne un petit cachet supplémentaire. Quasi oublié aujourd’hui, presque totalement méconnu, « Le diable en robe bleue » surprend donc et au-delà de ça, il se laisse regarder avec plaisir et c’est pour cela que le film gagnerait à être connu et reconnu.

Los Angeles, 1948, Ezekiel Rawlins est un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Alors que ce dernier vient d’être renvoyé et se retrouve alors au chômage, il se voit proposer une offre d’emploi par Dewitt Albright, un privé qui est à la recherche d’une femme. Dewitt est blanc et la femme qu’il cherche est noire, l’emploi d’Ezekiel est essentiel pour lui, car il sait très bien que jamais la communauté noire n’acceptera de lui parler. Ezekiel accepte avec des réserves, car Dewitt ne lui inspire pas confiance. Un soir, après une soirée dans un bar avec une jeune femme qu’il questionnait, Ezekiel apprend que cette dernière est été assassinée. Ezekiel est le dernier à l’avoir vu vivante et bien entendu, les soupçons se focalisent sur lui.

Une affiche sublime, un titre énigmatique, un réalisateur dont j’aime beaucoup le cinéma, une ambiance à l’ancienne, un meurtre, une affaire qui a l’air plus sombre et plus dangereuse qu’elle n’en a l’air, une BO jazz merveilleuse, Denzel Washington, Jennifer Beals, Don Cheadle… Franchement, il ne m’en fallait qu’un quart de tout ça pour avoir envie de découvrir le film de Carl Franklin et j’ai vraiment bien fait, puisque je suis tombé sur une petite perle oubliée.

« Le diable en robe bleue » est un film qui enchaîne les bonnes idées, et même s’il ne pourra pas prétendre à devenir un classique du genre, il n’en demeure pas moins que l’œuvre de Carl Franklin est un bon moment de cinéma.

Écrit par Carl Franklin lui-même qui adapte l’œuvre de Walter Mosley, le réalisateur américain nous entraîne dans un film au scénario solide et intéressant. Un scénario qui tient très bien la route dans tout ce qu’il met en place. Ainsi, si l’on s’attarde du côté de son enquête, l’intrigue mêle assez habilement suspens, mystères, quiproquos, enquêtes, meurtres et autres règlements de compte et fusillades qui ont de la gueule. On se laisse très volontiers entraîner dans les ruelles et les virées en grosses cylindrées de ces années-là. Le film arrive très bien à rassembler les pièces de son puzzle et malgré de petits coups de mou en milieu de métrage, l’ensemble reste cohérent et surtout, il reste intéressant. Le film est aussi intéressant, car son réalisateur ne nous livre pas qu’un simple thriller se déroulant à l’aurore des années 50. Puis derrière l’enquête, « Le diable en robe bleue » est aussi un film qui tient de bons sujets. Évidemment, le racisme, mais Carl Franklin a l’idée de ne pas non plus en faire le fer de lance de l’œuvre. Avec ce film, il évoquera les vétérans de guerre, tout comme il parlera de la communauté noire américaine de ces années-là, comment elle est vue, comme elle s’en sort, comment elle s’entraide ou pas… Bref, derrière sa bonne enquête, le film est plus intéressant qu’il n’en a l’air.

Du côté de la mise en scène de Franklin, « Le diable en robe bleue » se tient, et nous offre ce que l’on est venu chercher, c’est-à-dire un film prenant qui dégage une certaine ambiance. Si on aurait adoré que le film soit peut-être plus sombre ou plus impactant, il n’en demeure pas moins que Carl Franklin nous entraîne dans un métrage qui se laisse très gentiment regarder. Alors certes, il y a des coups de mou, et il peut y avoir une sensation que le film pourrait être plus que ce qu’il n’est, qu’il pourrait décoller et s’envoler vers un petit chef-d’œuvre du genre, mais au final, s‘il ne le fait pas, Carl Franklin nous livre toutefois un bon, voire un très bon polar et c’est déjà très bien.

« Le diable en robe bleue » est donc un bon film oublié. Avec ce film, Carl Franklin nous entraîne dans une bonne enquête, qui a ses tiroirs qu’on adore ouvrir. Malgré des coups de mou, le film reste bien mis en scène et surtout, il est tenu par un acteur impeccable qui se donne à fond pour son rôle. On passe donc un bon moment devant et il est clair que « Le diable en robe bleue » mérite un nouveau coup de projecteur.

Note : 14/20

Par Cinéted

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