décembre 4, 2020
BD

Golden Cup

Auteurs : Daniel Pecqueur et Alain Henriet

Editeur : Delcourt

Genre : Action, Aventure, Science-Fiction

Résumé :

Daytona rêve de devenir pilote de course et de gagner les 500 miles de Daytona. En attendant, il doit se contenter de courir sur les circuits aussi minables que dangereux pour rembourser une dette à son manager, un affairiste sans scrupules. Un jour pourtant, Daytona s’échappe de l’emprise de ce requin et arpente le pays jusqu’à rencontrer un vieil homme passionné, lui aussi, de course automobile…

Avis :

Les spin-off, les préquelles, les suites ou encore les univers étendus ne sont pas seulement l’adage du septième art, puisque l’on retrouve cela jusque dans le bande-dessinée. Il suffit de voir comment le monde de Troy s’est développé après le succès fulgurant de Lanfeust de Troy. Mais si la fantasy a toujours eu le vent en poupe dans le neuvième art, la science-fiction n’est pas forcément en reste. En atteste la franchise Golden City, qui n’est toujours pas terminée aujourd’hui et qui s’est octroyée dès 2003 un spin-off dont les évènements se déroulent avant le premier tome de la franchise principale. Avec Golden Cup, l’univers de la cité flottante n’est pas si développé que cela, et c’est surtout l’occasion de voir un peu de terre dans ce monde que l’on pourrait croire dystopique, alors qu’il n’en est rien. L’occasion aussi de raconter une histoire digne d’une série B, tout en détente, mais aussi en arnaque pure et dure quand on termine le premier tome. Bref, retour sur une série pas si folichonne que ça…

Le principal problème avec Golden Cup, c’est son scénario confus qui ne parle finalement pas de la course, hormis dans son premier tome, qui est le plus réussi. En effet, par la suite le scénario va s’écarter en trois pistes qui vont trouver des résolutions à différents moments. Le principal sujet demeure Daytona, un jeune prodige de la course automobile qui va rencontrer Stirling, un vieux mécanicien qui va les engager tous les deux dans la Golden Cup. Cependant, l’ancien manager de Daytona ne l’entend pas de cette oreille et il va décider de faire la peau à Daytona. Pour cela, il va voir sa sœur qui tient un surplus de l’armée et avec diverses armes, il va tenter de tuer le héros de l’histoire. En parallèle, un savant fou veut faire sauter Golden City. Il a pour cela caché une bombe dans un truck qui doit arriver à bon port pour faire sauter la cité. Enfin, dans un troisième segment, la fille d’un riche homme d’affaires de Golden City va se faire kidnapper et un détective privé va mener l’enquête et trouver que les ravisseurs participent à la Golden Cup.

On voit rapidement que tout cela part dans tous les sens et que la course n’est qu’une intention de fait pour montrer des histoires de vengeance, de kidnapping ou encore de conspiration. Et le scénariste n’arrive pas vraiment à gérer tout cela de manière optimale. Certains segments se terminent avant la fin, d’autres ont des retournements de situations rocambolesques, et parfois, on trouve même un nouveau segment qui va durer quelques planches pour trouver une résolution toute pourrie. C’est par exemple le cas du détective privé qui revient dans le dernier tome pour résoudre une affaire qui n’a aucune incidence sur l’histoire générale. C’est très décevant, d’autant plus qu’en lisant Golden Cup, on s’attend à une course, avec des conflits et là, on nage en pleine série Z, parfois cartoonesque avec un méchant qui rate toujours sa cible, ou encore des nanas à la poitrine opulente, frisant le mauvais goût à chaque fois.

Si le scénario n’est pas au point, il peut peut-être avoir un fond intéressant en racontant des problèmes de société dans un futur hypothétique. On aura quelques bribes d’informations sur la malédiction de l’urbanisation, ou encore sur la désertion de certaines zones une fois qu’elles ne servent plus à rien, mais c’est très léger et cela n’a aucune incidence, encore une fois, sur le héros principal ou la course. En fait, le récit se contente simplement d’invoquer des péripéties durant la course, essayant de faire de la géopolitique par moments, mais c’est bancal et surtout, ça ment sur le produit. Il est compliqué de savourer Golden Cup comme une histoire de course. Elle est constamment relayée au second plan, balayée par quelques dessins qui expliquent par où est passée la course. C’est beaucoup trop léger et cela trompe les lecteurs qui s’attendent à autre chose.

Si d’un point de vue dessin, c’est de l’excellent travail, le changement de coloriste sur les deux derniers tomes se ressent. En effet, la série devient d’un coup plus chatoyante, plus éclatante, avec des couleurs plus vives et moins de contrastes. C’est dommage car ça dénature un peu le trait réaliste d’Alain Henriet qui prend un malin plaisir à dessiner des femmes sculpturales. Seulement, tout cela manque aussi de relief au niveau des personnages. Daytona est un jeune beau gosse qui réussit tout et semble drôlement plaire aux femmes. Mais c’est tout. On aura une petite tragédie au départ, mais il reste un héros lisse et parfois victime de sa naïveté. C’est trop léger. Il en va de même pour sa première petit copine trop jalouse, ou pour les méchants, qui sont tous des caricatures et n’ont aucune épaisseur véritable. On aura bien droit à des éco-terroristes qui semblent très méchants, mais leur segment se résolve très vite et on n’aura pas le temps de voir d’autres cochonneries de leur part. Bref, tout est survolé et on trouve difficilement des points d’accroche pour trouver cette lecture intéressante.

Mais au final, est-ce vraiment le but d’une telle saga ? En effet, elle s’assume comme une série B qui vire au Z par la suite et n’a pas envie de s’embêter avec un fond très sérieux. A la rigueur, pourquoi pas, mais il y a une telle distance avec la série mère, Golden City, qui reste très sérieuse avec de gros problèmes politiques à l’intérieur, que l’on se demande comment un tel produit dérivé a pu voir le jour. Bref, aujourd’hui, Golden Cup est tombé dans les méandres de l’oubli, et c’est peut-être mieux ainsi.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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