After

De : Jenny Gage

Avec Josephine Langford, Hero Fiennes-Tiffin, Samuel Larsen, Selma Blair

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université. Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

Avis :

Le succès de la saga littéraire 50 Nuances de Grey n’a pas fait du bien à la littérature, mais aussi au cinéma. Il faut croire qu’à chaque période, la masse populaire tire au hasard une franchise bien dégueulasse, en fasse la pub à grands renforts de bouche à oreille, pour ensuite en faire un succès au niveau des ventes et donc des adaptations cinématographiques. Après les vampires anémiques de Twilight, dont les livres sont écrits avec la plume dans le cul, ce fut la saga de E.L. James, 50 Nuances de Grey, qui fut un succès mondial après quelques textes fournis sur l’internet, cette terre incroyable de découverte mais qu’une poignée d’ignorants connus de démystifier à grands renforts de mises en avant hasardeuses. Bon, il faut croire que ceux qui ont vendu Twilight sont la même génération que ceux qui ont lu 50 Nuances de Grey et donc le mauvais goût fut de nouveau sur le devant de la scène. Abordant le cul comme un genre populaire, voulant titiller la ménagère de plus de trente ans en la faisant mouiller sa petite culotte avant de la repasser (faut dire que ça enlève les faux plis), 50 Nuances et ses suites furent un calvaire pour les amateurs de vraie littérature, mais aussi pour ceux qui aiment le cinéma. Mais le pire dans tout ça, c’est que ça a fait des émules, comme After.

Mais After, c’est quoi ? C’est à la base un roman qui va connaître un succès immense sur internet et qui va donc se faire éditer suite au fracassage de 50 Nuances de Grey, se rangeant dans la même catégorie, le cul. Sauf que After, c’est écrit par Anna Todd, que ça a un peu plus de classe de la bouse de E.L. James et que l’ensemble se déroule dans une université, juste après le lycée. On va y suivre les aventures amoureuses de Tessa, très bonne élève et qui est promise à un bel avenir. En couple avec un garçon d’un an plus jeune qu’elle, elle va faire la rencontre de Hardin, un jeune rebelle tatoué qui lit du Jane Austen et du Brontë. Le vrai bad boy quoi. Elle en tombe amoureuse, ce qui n’est pas du goût de tout le monde, notamment sa mère, mais aussi les amies de Hardin, jalouses. Que l’on soit clair, le pitch du film (et du livre d’après les dires de ma femme) ne va pas plus loin. On va voir une nana qui se laisse tenter par un beau mâle ténébreux et qui va en tomber amoureux avant de découvrir un passif dérangeant et un jeu avec certaines conséquences. Bref, c’est un peu le vide sidéral et ça ressemble à 50 Nuances mais en teen movie et surtout, en beaucoup plus sage. Et tout le problème vient de là.

After a été vendu comme un film érotique avec tendance à des positions insolites. Le livre s’est vendu sur son côté sulfureux, l’affiche du film joue sur la sensualité et l’aspect érotique de la chose, mais tout cela n’est qu’un mensonge. Le film est une romance adolescente sans fond et surtout sans forme. C’est vide, c’est creux, il n’y a rien à sauver dans ce métrage qui ment sur tout ce qu’il entreprend. La sensualité n’y est pas, sauf si pour vous, se baigner pendant cinq minutes dans un lac est sensuel. Le sexe n’y est pas non plus, puisqu’il n’y a pas de scènes explicites et que le seul truc un peu coquin, c’est un cunnilingus de deux secondes en hors champ. Si les livres sont supposés être plus cochons que l’autre bouse avec laquelle on compare depuis tout à l’heure, le film est d’une sagesse à rendre Rocco Siffredi impuissant. Parce que non seulement c’est sage mais c’est aussi très puritain et il faut remplir le film d’un quota de minorités. Les personnages gays et lesbiens sont présentes, on va une nana bien portante passer dans le champ et il ne manque plus que les transsexuels pour que la boucle soit bouclée. Néanmoins, tous les personnages importants sont beaux et bien foutus. Un cynisme qui se voit et qui est très dérangeant.

Le plus dérangeant en fait, c’est clairement les personnages et leurs relations. Tout est toxique ou tout est intéressé. Tous les protagonistes sont des salauds, des personnes malsaines, intéressées ou jalouses. L’héroïne est une gamine qui découvre les joies de la vie et qui ne va pas accepter les premiers dires de son compagnon dans une vidéo qui date de mathusalem. C’est totalement incohérent. Quant à Hardin, il cache un secret d’une profonde débilité où il accumule toutes les tares, n’acceptant pas le pardon et la rédemption. Bref, un bien bel enculé qui se veut badass mais qui lit Gatsby le Magnifique ou Les Hauts de Hurlevent. Un vrai méchant au cœur tendre qui va faire fondre le cœur des petites pucelles. Les personnages secondaires sont encore pires. La mère, pourtant jouée par Selma Blair, est une connasse égoïste qui vit à travers sa fille et ne supporte pas ne pas diriger sa vie. Son ex petit-ami est un fragile qui ne comprend rien à la vie. Et les copains de Hardin sont des débiles qui picolent et font des sales coups à Hardin lui-même et du coup à l’héroïne Tessa. Il n’y a personne qui vaut le coup et tous ces personnages sont détestables. Difficile alors de ressentir la moindre empathie.

Pas de cul, pas de personnages intéressants, que reste-t-il alors à ce film ? Rien, tout simplement rien. Même au niveau de la mise en scène, c’est une catastrophe. Pour son premier film, Jenny Gage choisit la facilité et livre un film plat au possible, où le puritanisme côtoie l’ennui le plus profond. Il n’y a, dans ce film, aucune passion, aucune envie de fournir du cinéma qui choque ou qui titille la rétine. C’est digne d’un téléfilm qui passe sur M6 en plein après-midi. Il n’y a d’ailleurs aucune recherche particulière, si ce n’est de coller un minimum à une vision idyllique de la vie d’étudiant. Tous les lieux sont beaux, tous les bars sont branchés, toutes les villas sont immenses. Bref, un film qui édulcore la réalité et n’arrive pourtant pas à rendre ça sympathique à regarder. C’est cliché, c’est mou de la quéquette et ça ne raconte rien.

Au final, After est un film complètement raté qui à survendu son côté érotique pour attirer les nanas peu farouches dans les salles de cinéma. Il en résulte une romance pour adolescentes qui diront que le film est bien parce que Hardin est beau. Un festival de vacuité qui n’est n’existe que pour une chose, attirer le chaland avec des pubs mensongères. Bref, un film aussi vide visuellement qu’émotionnellement et qui n’a aucun intérêt. Putain, mesdames, si vous voulez du cul, matez un porno, c’est toujours mieux que cette daube.

Note : 01/20

Par AqME

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