Jivana – Nadia Coste

Auteure : Nadia Coste

Editeur : ActuSF

Genre : Fantasy

Résumé :

Jivana est une jeune fedeylin qui porte en elle un joli secret : depuis toute petite, elle partage son corps avec l’esprit d’une déesse qui a échoué à se réincarner. Les deux âmes, loin d’être concurrentes, sont devenues amies et même un peu plus.

Alors que des nuées d’insectes obscurcissent le ciel et imposent une nuit sans fin, le désespoir frappe leur village. Jivana et sa déesse partent à la recherche d’une solution pour que l’astre du jour brille enfin à nouveau. Une quête périlleuse qui les changera à jamais…

Avis :

Jivana se déroule dans un univers déjà exploité par l’auteure dans sa tétralogie Fedeylins. Nadia Coste a voulu ici donner une autre dimension à son talent de créatrice, s’appuyant sur une seule personne et une histoire plutôt intimiste au rythme endiablé. Jivana n’est pas un préquel ni une suite. Et c’est un pari risqué qu’elle réussit haut la main !

Jivana est un roman magique ! On s’y sent bien tout du long, appréciant les moments d’action, comme les discussions de réflexions et les instants d’émotions fortes. Les personnages sont très attachants et indubitablement mignons pour la plupart. La violence est présente, avec force détails par moment, mais on la ressent comme quelque peu voilée, ce qui permet de garder une atmosphère bienveillante et positive jusqu’à la toute fin, qui signe une apothéose de qualité et émouvante.

Le merveilleux est présent, notamment grâce à un univers imaginaire complexe et abritant de petites créatures ailées qui, bien qu’elles nous fassent penser aux fées, ne sont clairement pas des cousines de Clochette. La couverture nous laisse voir un magnifique spécimen de fedeylin, une espèce qui n’est pas facile à imaginer de premier abord. L’auteure ne nous donne en effet pas toutes les informations au départ. Celles-ci arrivent au compte-goutte et ce n’est pas plus mal. L’implication du lecteur et son intégration à l’histoire n’en sont que plus fortes, surtout si celui-ci découvre les facéties de Nadia Coste pour la première fois à travers ce roman. Cela ajoute des petits mystères au roman qui s’y prête finalement bien.

L’histoire est belle et rafraichissante, optimiste, pleine d’amour, d’humour et de sensations fortes. On a l’étrange sensation d’être face à un roman de fantaisie adulte en même temps qu’un conte pour enfants ou qu’une légende mythologique que l’on nous aurait raconté au pied du lit étant petits. C’est assez troublant et agréable à la fois. Cela apporte une originalité bienvenue et un cachet tout particulier à ce livre.

Le rythme du roman est bien construit. Jivana, notre héroïne, poursuit une aventure bien mouvementée durant laquelle elle se fera des amis comme des ennemis. Les instants plus calmes ne sont pas ennuyeux car ils sont essentiels à l’intrigue, permettant en effet aux protagonistes de poursuivre leur enquête pour, une fois n’est pas coutume, sauver le monde. La lumière a disparu et sans elle tout est voué à mourir. Un compte à rebours est lancé et on le vit à cent à l’heure. Jivana parviendra-t-elle à empêcher la nuit d’affirmer sa puissance ?  

Outre les fedeylins, les autres personnages sont des insectes ou des animaux. Cela n’enlève absolument rien à leur charisme et à leur personnalité. Au contraire, plusieurs d’entre eux nous paraissent majestueux, telle la chouette, ou malsains, comme les scorpions. S’imaginer être aussi petit qu’une fourmi est une expérience qui nous fait voir le monde autrement et qui nous fait apprécier davantage ce qui nous entoure. La nature et ses merveilles sont bien mises en valeur dans ce roman et on ressent toute l’essence même de la vie sous toutes ses formes.

Le monde de Jivana est bien retranscrit. L’auteure a créé une espèce, un mode de vie, des coutumes, une religion et une économie propres à son roman. Beaucoup de mots inventés perturberont certains mais une fois que l’on est habitué, ils paraissent inhérents à ce monde et complètement logiques. Le temps n’est pas calculé pareil, par exemple, et la reproduction est un processus bien strict qui ne peut avoir lieu qu’à certaines périodes courtes de la vie d’une femme. On accumule les données et on finit par se sentir comme chez nous. Ce monde est différent tout en étant très proche du nôtre.

La déesse que garde Jivana en elle est un personnage vraiment génial. Un peu impétueuse, Savironah est aussi aimante et une partenaire de confiance. Lorsque la déesse parle à son hôte, cela est exprimé en italique dans le texte et on ne se perd jamais. On a la sensation d’assister à un combat intérieur récurrent et cette promiscuité fait de cette relation un lien unique. Cette relation évolue tout au long du roman et c’est un réel plaisir d’être le spectateur d’une telle fidélité.

Jivana est une héroïne attachante et au caractère doux. Bien que très gentille, elle essaie de ne pas se faire avoir, ne se braque pas et ne perd pas confiance dans les relations et en elle. Cela n’était pas gagné d’avance. Effectivement, ceux qui la connaissent la regardent souvent d’une drôle façon et ne la croient pas quand elle dit être habitée par un autre esprit. En même temps, comment tous les blâmer ? La vie n’a pas été douce avec elle et c’est ce qui fait de ce personnage une vraie bouffée d’air frais.

Jivana est un roman qui illumine les cœurs et les esprits le temps d’une lecture, nous faisant voyager par-delà les préjugés et les horizons obscurs.

Note : 19/20

Par Lildrille

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