octobre 27, 2020

Guy

De : Alex Lutz

Avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot, Brigitte Roüan

Année : 2018

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Avis :

À quarante ans, Alex Lutz, c’est le mec qui a tout réussi. « Chroniqueur », scénariste, acteur, metteur en scène, réalisateur, Alex Lutz est passé par toutes les cases et à chaque fois qu’il s’y arrête, ce qu’il fait a une petite tendance à se transformer en or. Bon bien sûr, on oubliera toutefois la bonne dizaine, voire plus, de comédies lourdingues dans lesquelles Alex Lutz s’est illustré, « La Croisière« , « Turf« , « Les Kaïra« , « Les Visiteurs – La Révolution« … etc… Pourquoi ? Bref, quoi qu’il en soit, pour le reste, Alex Lutz a su nous convaincre et ce n’est pas sa dernière réalisation qui va nous prouver le contraire.

Débarqué fin Août sans prévenir personne, « Guy« , le second film d’Alex Lutz réalisateur est bien plus qu’une surprise. Sorte de docu-fiction, avec « Guy« , Alex Lutz devient un très sérieux prétendant aux Césars 2019 et il pourra se vanter d’être dans plus d’une catégorie. Singulier, beau, prenant, drôle, très émouvant, avec ce faux portrait, Alex Lutz nous fait oublier que l’on regarde un film et l’on se passionne tout simplement pour ce Guy Jamet, personnage aussi caricatural que quelque peu ringard et surtout très très attachant.

Gauthier a perdu sa mère il y a tout juste un an. Parfois, il y a des artistes qui marquent nos vies et pour Gauthier, quand il entend Guy Jamet, de suite, il pense à sa mère. Peu de temps après sa mort, Gauthier a découvert une lettre dans laquelle sa défunte mère lui révèle que Guy Jamet est son père. Si elle lui demande comme dernière faveur de ne pas en parler, elle ne lui a jamais interdit de faire un film sur le chanteur, ni de le rencontrer.

Pour son nouveau film, Alex Lutz revient avec une idée qui au demeurant n’est pas si originale que ça. Un jeune homme apprend qu’un chanteur très connu est son père. Ce pitch aurait pu donner dans la comédie pour beaucoup de réalisateurs français, mais pas chez Alex Lutz qui fait parfaitement ce qu’il veut faire avec ce scénario, qu’il a d’ailleurs coécrit.

Partant de cette idée donc, Alex Lutz nous entraîne dans un portrait des plus tendres qui va dépasser, et de très loin, la simple idée même de son scénario de départ. Si l’on va être touché et ému par le regard que pose le personnage de Gauthier sur celui qui est son père, on va aussi et surtout se passionner pour l’artiste qu’il filme, ici, un chanteur ayant eu une grande carrière des années 60 aux années 90. Un chanteur aimé qui essaie un retour.

Ce qui va être magique avec ce film, c’est la véracité avec laquelle Alex Lutz met en scène cette chronique, ce portrait. Ici, on est dans l’intimité de Guy Jamet. Ici, on est au plus près de l’artiste, et de ses différentes vies, celle d’artiste, celle de mari, celle de père, mais aussi celle d’avant avec des flashbacks tous génialement amenés et kitchs au possible.

Bien sûr, comme je le disais, il y a ce regard bourré de tendresse et de curiosité, mais pas que. À travers ce portrait, Alex Lutz pose plein de belles questions sur le temps qui passe, sur le fait d’être artiste dans l’âme, sur la création, sur l’envie de continuer, sur l’ego aussi. Alex Lutz ne cache rien et offre un film sans fard, loin des strass et autres paillettes, au point que son faux documentaire fonctionne si bien qu’on en oublie que « Guy » est un film qui met en scène un personnage.

Cet oubli et cette magie, c’est aussi grâce au talent incroyable d’Alex Lutz qui en plus de réaliser le film, s’est donné le rôle principal et il est bluffant de la première à la dernière scène. Outre le prodigieux maquillage qui fait de lui un vieillard, Alex Lutz compose un personnage passionnant que ce soit par ce qu’il raconte, ou comment il le raconte. La voix est changée, vieillie, la gestuelle est celle d’un vieil homme, le regard est celui d’un vieil homme, la démarche, les réflexions ou encore les silences sont ceux d’un vieil homme et il ne fait aucun doute qu’un César du meilleur acteur lui sera décerné en Février prochain.

Avec « Guy« , on s’amusera de ces rencontres et autres duos virtuels que le film nous offre, Nicole Calfan, Julien Clerc, Dani, Elodie Bouchez, Pascale Arbillot (absolument parfaite !!!), Michel Drucker bien sûr pour une fausse émission, Nicole Ferroni, ou encore son complice Bruno Sanchez… Bref, Alex Lutz nous offre un casting de luxe, pour donner encore plus de crédit et de vérité à son personnage. Même Tom Dingler, qu’on voit très peu, c’est lui qui fait le documentaire, on l’entend donc plus que ce qu’on le voit, arrive à être touchant.

Entre humour et vérité, entre fiction et quotidien, entre présent et passé, ce second film pour Alex Lutz est un moment incroyable, drôle et terriblement émouvant de cinéma. On oublie Alex Lutz, on oublie la mise en scène documentaire et finalement, on se laisse conquérir par ce personnage, cet homme, entre passion et ringardise, finalement on aime ce Guy Jamet. On adorerait le rencontrer et pourquoi pas même aller à l’un de ses concerts et ça, c’est peut-être la plus belle des réussites de ce film. Bravo !

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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