octobre 27, 2020

Gummo

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De : Harmony Korine

Avec Jacob Reynolds, Nick Sutton, Jacob Sewell, Darby Dougherty

Année: 1997

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Une série de sketches sur les jeunes marginaux de Xenia, un patelin de l’Ohio qui, depuis vingt ans, ne s’est jamais remis de la tornade qui l’a dévasté.

Avis:

Alors que Spring Breakers, le dernier film de Harmony Korine sort en DVD dans notre contrée, on s’attardera un petit moment sur son premier film, Gummo, ressorti fraîchement chez Metropolitan durant ce mois de juillet. Mais avant d’aller plus en avant vers ce film, il est de bon ton de définir un peu le parcours du cinéaste. Fils du documentariste Sol Korine, Harmony est passionné de cinéma et notamment de Buster Keaton. Ses inspirations deviendront ensuite plus complexes avec de grands noms comme Godard, Cassavetes ou encore Fassbinder. C’est en pratiquant le skate qu’il rencontre Larry Clark avec lequel il va écrire le scénario de Kids, un film qui parle du quotidien de jeunes adolescents atteints par le sida. Deux ans plus tard, il signe alors son premier film, Gummo, qui reste dans le domaine du choc, présentant une population qui ne se remet pas d’un cyclone ayant détruit toute une ville. Quand on sait que par la suite le réalisateur s’est éloigné des caméras à cause de problèmes personnels comme la dépression ou encore la toxicomanie, on ne s’étonne de voir un film comme Gummo, à la fois désespéré et putassier. Encensé par la critique, le métrage ne semble pourtant jamais prendre son envol, préférant rester dans le glauque et lancer un message de désespoir à la société américaine. Alors pourquoi tant de haine?

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Oh tient une pute! Ah non, c’est l’ex de Harmony Korine merde!

Gummo ne présente pas d’histoire cousue. Préférant filmer des personnages, des habitants dans une ville dévastée, le réalisateur va montrer des moments de vie plus ou moins représentatifs de ces personnes. On peut donc dire qu’il s’agit d’un film à sketches, bien que tout cela soit très éloigné d’un V/H/S ou d’un Creepshow. Dans les deux films cités précédemment, les sketches possèdent une histoire, avec un début et une fin, dans Gummo, on ne sait pas trop quand commence une histoire et quand elle se termine. Bien sûr, un film rouge suit aléatoirement le film, puisque l’on va suivre principalement deux jeunes qui chassent des chats pour les revendre au boucher du coin, sniffent de la colle et se tapent une pute trisomique dont le maquereau est son propre père. Car oui, ce premier film va montrer toutes les dérives d’une société américaine particulière, celle des laissés pour compte. Ainsi, en plus des deux gamins, on va croiser un jeune homme trainant tout seul déguisé en lapin, deux petits qui se prennent pour des cowboys et qui disent plus de gros mots qu’un charretier ou encore deux blondes stupides qui pensent que se foutre du scotch sur les tétons fait grossir les nibards. Bref, on est face à quelque chose de profondément glauque avec des personnages perdus et parfois à coté de leurs pompes. Cela aurait pu être touchant, acide et laissant peut-être un message d’espoir, mais il n’en est rien.

En effet, Harmony Korine va préférer montrer le pire de chaque individu pour livrer un portrait trash et malsain d’une société qui fait la part belle à la bestialité et à la bêtise. On peut donc voir des adultes se biturer la gueule et casser des chaises et des tables, un gosse qui joue de l’accordéon dans des toilettes délabrées, une femme limitée qui se rase les sourcils et qui pense que son poupon est un vrai bébé. Bref, on est dans quelque chose de malsain, qui aurait pu être touchant, mais qui finalement n’est que glauque et désespérant. Alors certes, le film peut choquer, peut interroger et soi-disant que dans certaines micro sociétés américaines, c’est encore pire, mais à quoi cela sert-il ? Quel est le message ? Qu’il faut s’occuper d’eux ? Malheureusement, ces pauvres hères préfèrent rester entre eux et parfois même copuler entre eux. Et puis, tant qu’à montrer une société à la dérive, pourquoi ne pas faire un documentaire avec des gens qui ne sont pas acteurs ? Parce qu’il ne faut pas se leurrer, ici, il n’y  que des acteurs, mauvais, certains regardant la caméra et oscillant entre documenteur et film. Les enfants ne savent pas jouer et regardent la caméra quand ils insultent celui qui est déguisé en lapin pour savoir s’ils font bien le job. D’ailleurs le parti pris de faire des passages joués et des passages en faux documentaire ne semble pas judicieux, laissant le spectateur dubitatif, ne sachant jamais comment se placer face à ce film. Est-ce la réalité ou de la fiction ? D’autant plus que le film est racoleur au possible, vulgaire et toujours accès sur le sexe, il ne prendra jamais d’ampleur et emmerdera le spectateur au lieu de lui faire prendre conscience des dérives d’une société inégalitaire.

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Les chats sont maltraités dans le film… les acteurs aussi…

Au final, Gummo, encensé par la critique bobo parisienne, n’est qu’un pétard mouillé qui n’a aucun intérêt. Putassier, grossier, racoleur, le film préfère s’appesantir sur le côté glauque et sale plutôt que de balancer un message d’espoir et de contrebalancer un propos acide mais désespéré. D’autant plus que le film ne choisira jamais l’aspect documentaire, comme si l’auteur n’assumait pas ces portraits insultants d’une société américaine loin des grandes cités urbaines. Bref, un film raté.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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