Comeback Kid – Outsider

Avis :

Le punk est un genre musical très répandu et qui prend plusieurs aspects. Né au milieu des années 70, ce mouvement musical prend des apparences de doigt d’honneur dans une époque où le gentil rock avait pris beaucoup d’ampleur. Mouvement contestataire et à tendance plutôt politique, le punk a eu ses figures de proue comme The Ramones, les Sex Pistols ou encore The Clash. Plus récemment, on peut y inclure des groupes comme Green Day ou Sum 41, baignant tout de même un peu plus dans l’insouciance. Puis au milieu des années 80 est apparu le punk hardcore. Empruntant des éléments au métal et au punk, le genre est une fusion qui donne une énergie débordante et une colère non contenue. On peut citer des groupes comme Black Flag ou Bad Brains qui sont les pionniers du genre. Et le genre continue de perdurer grâce à des groupes comme Comeback Kid. Formé en 2000, ce qui ne devait être qu’un projet parallèle est maintenant l’une des valeurs sûres de la scène punk hardcore, comme en atteste ce sixième album, Outsider. Cependant, comme toute évolution logique au sein d’un groupe, est-ce que Comeback Kid a toujours sa verve et son énergie nerveuse à nous proposer ? Certainement.

Le skeud débute avec Outsider, le titre éponyme de l’album, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe arrive avec de gros souliers. Doté d’une introduction qui laisse la place à tous les instruments arrivant les uns après les autres pour fournir une montée en puissance, le morceau va s’avérer rapide, mais moins que certaines autres pièces de l’album. En effet, avec ce titre, le groupe montre sa colère au sein de la voix et des chœurs, mais pas forcément au niveau de l’instrumentalisation. Certes, ça reste du punk hardcore, mais c’est plutôt écoutable et mélodieux par bien des aspects. Cependant, le groupe montre réellement sa nervosité à travers d’autres titres bien plus proches du métal que du punk hardcore. On peut citer par exemple Absolute en duo Avec Devin Townsend et son break surpuissant qui aligne les basses lourdes pour fournir plus de poids. On peut aussi parler de I’ll Be That et son démarrage aux riffs lourdingues et de sa batterie qui scande un rythme très groovy. Le résultat est surprenant, violent, mais avec un refrain qui rentre immédiatement en tête. On peut aussi évoquer Livid, I’m Prime et son final qui donne l’impression que le chanteur, Andrew Neufeld, va s’arracher la voix à force de brailler comme un forcené. Tous ces titres montrent non seulement que Comeback Kid est proche du métal, mais a aussi une approche assez intéressante du punk, alternant avec d’autres morceaux assez différents.

En effet, si le groupe met à l’honneur l’aspect hardcore de la chose, il n’oublie pas pour autant ses origines punks. Ainsi, au sein de l’album, on retrouvera quelques itérations punks qui ne sont pas piquées des hannetons. En premier lieu, on peut parler de Surrender Control et sa ligne de basse parfaite ou encore de son petit riff de guitare avant de lâcher les vannes pour offrir quelque chose de plus virulent. En fait, c’est surtout sur le refrain que l’on retrouve les aspects punks de la formation. C’est aussi le cas sur l’excellent titre Somewhere, Somehow, qui possède une base très métal, mais qui va fournir un refrain plutôt mélodique, entêtant et qui lorgne plus du côté du punk. Tout comme Recover, qui là est complètement différent du reste de l’album. C’est avec ce titre que le groupe va surprendre le plus, puisque c’est un morceau qui n’est quasiment qu’en chant clair (rappelant par bien des aspects Rise Against (avec qui ils ont déjà fait des tournées)) et qui se rangerait plus dans la case punk rock. Quoiqu’il en soit, le groupe essaye, tente, et a le mérite de proposer un contenu un peu plus varié que d’habitude. Car le principal problème du punk hardcore, c’est que les albums ont tendance à tous se ressembler et c’est dommage. Là, les Comeback Kid arrive à fournir un album parfois un peu redondant, mais avec quelques fulgurances qui ne sont pas pour déplaire. Dans le même style, on peut noter le sombre Moment in Time en featuring avec Northcote.

Au final, Outsider, le dernier album de Comeback Kid, est un album agréable et plutôt réussi. Le groupe reste fidèle à son crédo, avec des titres ultra dynamiques et violents, ne laissant rien au hasard et fonçant tête baissée à trois cents à l’heure. Si on peut noter une légère lassitude au bout de plusieurs écoutes, le groupe fournit un effort fort appréciable, qui rappelle que la scène punk hardcore n’est pas morte et qu’il faut faire bouger les choses dans ce mouvement un peu trop sclérosé. Bref, une bonne surprise.

  1. Outsider
  2. Surrender Control
  3. Absolute feat Devin Townsend
  4. Hell of a Scene
  5. Somewhere, Somehow
  6. Consumed the Vision feat Chris Cresswell
  7. I’ll Be That
  8. Outrage (Fresh Face, Stale Cause)
  9. Blindspot
  10. Livid, I’m Prime
  11. Recover
  12. Throw That Stone
  13. Moment in Time feat Northcote

Note: 15/20

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Par AqME

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