AqME -AqME

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Quand on écrit une critique, une chronique ou appelez cela comme vous voulez, il y a toujours des moments délicats, notamment lorsque l’on doit parler de choses qui nous touchent et pour lesquelles on a une profonde affection. Les habitués du site auront vite remarqué que ma signature porte le nom du groupe AqME, et ce n’est pas pour rien. En 2001, déambulant dans les rayons disques d’une quelconque grande surface, je tombe sur Sombres Efforts à l’écoute et je tombe littéralement amoureux du groupe. Un amour qui va me poursuivre durant toute mon adolescence et les moments difficiles. Groupe de métal aux paroles poétique et aux mélodies souvent lourdes et sombres, AqME a rapidement su trouver sa  voie et fournir un chainon manquant à la scène métal française. Depuis ce jour, le groupe a toujours plus ou moins suivi ce crédo, même si son évolution s’est voulue plus rude, arpentant le chemin complexe du métal pur et dur avec des albums comme Hérésie ou En l’Honneur de Jupiter. Le départ de Thomas, leader charismatique de la formation, la peur fut vite remplacée par un certain soulagement avec l’arrivée de Vincent et de sa voix particulièrement efficace, arrivant à alterner les moments criards et les chants plus doux. Et après un septième album un poil décevant, le premier pour Vincent, c’est avec une certaine appréhension que l’on jette une oreille sur ce huitième album éponyme.

Chose assez inhabituelle pour le groupe, le skeud débute avec une introduction, Ensemble, qui se veut à la fois poétique et presque un mot de remerciement au fan (entre nous brûle cette passion font partie des paroles). Rythmique assez lourde, paroles éthérée, le groupe serait-il revenu à ses bases ? C’est alors que s’enclenche Tant d’Années, une sombre histoire d’amour au service d’un rythme destructeur qui s’avère ultra efficace. Le morceau est court, direct, sans concession et on retrouve cette alternance de chant clair et moments criés qui ont fait le succès du groupe. Et des morceaux aussi catchy, on en retrouve plusieurs au sein de l’album, comme Rien ne nous Arrêtera en feat avec Reuno, le chanteur de Lofofora, primant sur une licence poétique rare, ou encore Un Damné, qui rentre dans les standards du groupe. On peut aussi citer Tout est Supplice, un titre très court, très nerveux, à l’image des albums précédents, qui montre aussi que le groupe ne laisse pas de côté les morceaux très nerveux, proche d’un metalcore, en réponse peut-être à Refuser le Silence, un titre plus mainstream mais là aussi ultra efficace et doté d’un refrain qui rentre immédiatement en tête. Bref, on a une bonne moitié de l’album qui se veut accessible, malgré des paroles complexes mais d’une richesse insoupçonnée.

Mais là où l’album gagne vraiment en qualité, c’est dans les morceaux plus longs, avec des structures plus étirées et surtout des moments très justes entre douceur et violence. Le premier titre a arpenté ce schéma, c’est Enfant du Ciel, un titre que l’on pourrait dire anti-religion et on débute tout doucement pour terminer en apothéose sur des moments hurlés jouissifs et d’une puissance sans égale dans le monde du métal français. On retrouve cette même structure avec Si Loin, qui fait immédiatement penser aux premiers albums du groupe, avec une sensibilité à fleur de peau et des passages très sombres et très nerveux, offrant une palette complète d’émotions. Et parmi les meilleurs morceaux, on retrouve Une Promesse, un long titre, puissant, rythmé, avec une parfaite alternance entre cris et chant clair et surtout une technique incroyable, arrivant à passer de riffs lourds à des moments plus doux. Le groupe renoue donc avec son passif et offre des morceaux absolument dantesques qui font vraiment plaisir. On pourra aussi noter M.E.S.S. qui clôture l’album avec efficacité,  offrant un démarrage lent et possessif avant d’entamer une fin apocalyptique, avec des riffs très lourd et qui font de suite penser à la clôture de Sombres Efforts. D’ailleurs, toute la structure de cet album rappelle au bon vieux temps du groupe, durant les années 2000, trouvant toujours un juste équilibre entre des paroles poétiques et des riffs lourds et sombres. Du coup, on peut prendre ce huitième album comme un regard en arrière, sur une carrière trop discrète et qui mérite d’être plus mise en avant, autant pour le talent d’écriture que pour les talent des musiciens, trouvant une identité propre et touchant au plus profond.

Au final, AqME fait un énorme cadeau à ses fans avec ce huitième effort, qui est aussi fort que La Fin des Temps. Un album complet, beau, touchant, nerveux, où l’on pourrait croire que le groupe joue sur la corde sensible des vieux fans (que je suis), mais ce serait mentir et ne pas voir l’évolution transcendante de la formation, qui retrouve une osmose parfaite. Bref, comme si le groupe en avait encore besoin, AqME signe une galette puissante et montre qu’il est un taulier de la scène métal française. Merci.

  1. Ensemble
  2. Tant d’Années
  3. Refuser le Silence
  4. Enfant du Ciel
  5. Rien ne Nous Arrêtera
  6. Si Loin
  7. Tout est Supplice
  8. Un Damné
  9. Meurs !
  10. Une Promesse
  11. Se Souvenir
  12. E.S.S.

Note : 19/20

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Par AqME

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