octobre 27, 2020

Guardians

Titre Original : Zashchitniki

De : Sarik Andreasyan

Avec Stanislav Shkilnyl, Vyacheslav Razbegaev, Anton Pampushnyy, Sanjar Madi

Année : 2017

Pays : Russie

Genre : Fantastique

Résumé :

Durant la Guerre Froide, l’organisation secrète Patriot réalise des expériences sur des humains pour créer des super-soldats. Seuls quatre guerriers dotés de super-pouvoirs y survivent, mais ils parviennent à s’échapper. 30 ans plus tard, un ennemi surpuissant surgit et menace d’anéantir le monde. Les Guardians décident alors de sortir de l’ombre et d’affronter celui qui les a créés… Le combat ne fait que commencer !

Avis :

Les super-héros sont une manne financière importante pour les studios hollywoodiens. Depuis l’avènement des effets spéciaux numériques et la possibilité d’adapter des personnages inadaptables auparavant, on bouffe du super-héros à toutes les sauces. C’est bien simple, tous les ans, on s’en tape quasiment un par mois. Alors il est évident que cela attise la convoitise et que certains pays aimeraient bien avoir leur heure de gloire avec des super-héros nationaux. Si en France on peut compter sur des bandes-dessinées d’excellente facture comme La Brigade Chimérique, certains pays se retrouvent sans nouvelle icone mythologique. Ravivant à quelque part une pseudo guerre froide du septième art, la Russie décide d’adapter ses propres super-héros avec Guardians, qui fut l’un des blockbusters russes de cette année. Mais il faut croire que personne n’était prêt, pas même le public russe, puisque le film fut un échec commercial et surtout critique. Et on peut facilement comprendre pourquoi.

Le scénario est très basique. La Russie souhaite faire des super-soldats, et un professeur a fait exploser un laboratoire clandestin. Suite à cette explosion, il est devenu très fort et a créé une invention lui permettant de contrôler tout ce qui marche à l’électricité. Et il a décidé de se venger en faisant exploser Moscou. Le gouvernement fait alors appel à d’anciens cobayes de ce professeur, un homme maîtrisant la pierre, une femme pouvant se rendre invisible, un autre homme capable de se téléporter sur de courtes distances et un ancien militaire qui peut se transformer en ours. Ensemble, ils forment les Guardians, ceux qui vont tout faire pour protéger la ville de Moscou. Basique dans son scénario, le film va l’être tout autant dans son déroulement, enchainant les séquences à une vitesse folle pour masquer des faiblesses ahurissantes. C’est bien simple, il n’y a aucun liant d’une séquence à une autre, si ce n’est une relation de cause à effet. En gros, le méchant arrive, on trouve rapidement les héros, ils se font piéger une première fois, on améliore leur armure, ils gagnent les doigts dans le nez.

Ce schéma enfantin est un véritable poison pour le film puisqu’il montre de façon frontale toutes les scories de l’écriture et de la logique du film. D’autant plus qu’il est impossible de s’attacher aux personnages. Les présentations sont sommaires, les quelques phrases qui se veulent badass sont sorties de leur contexte avec une musique épique, prêtant plus à sourire qu’autre chose et enfin, hormis quelques plans qui se veulent iconiques, on ne voit aucune relation entre les personnages. Alors on tente de nous mettre un personnage féminin amnésique, mais c’est bien peu de chose et finalement, on s’en fout complètement. La vitesse du film et ce manque d’approfondissement font que le réalisateur n’a pas le temps de nous présenter les personnages, aussi bien les gentils que le méchant.

Un méchant qui est une catastrophe, digne de figurer dans un épisode des Power Rangers. Entre des muscles en mousse et un visage qui est mélange de M. Propre et Michael Berryman, on aura bien du mal à croire en lui. D’autant plus qu’il n’est pas vraiment très méchant, puisqu’il s’abstient de tuer les gentils une première fois. Et que dire de l’acteur sous le costume, si ce n’est qu’il est aussi charismatique qu’une huître. Alors quand un méchant est raté, c’est bien tout le film qui passe à l’as. Sauf qu’ici, même les gentils sont insupportables et le seul qui sort un peu du lot, c’est l’homme rapide, car il a un look relativement plaisant. C’est idiot que son personnage soit si stéréotypé et inutile en fin de compte. Enfin, difficile de faire l’impasse sur l’homme-ours, ce personnage d’une inutilité absolue, qui devient un vrai ours sur la fin, mais qui, en l’instant de deux minutes, retrouve un pantalon à sa taille. Il y a vraiment du foutage de gueule dans ce métrage et ce n’est pas parce qu’il a couté à peine 5 millions de dollars. Les CGI sont foireux, les séquences sont moches, le film pique à tous les râteliers (Tortues Ninja, X-Men, Batman, Spider-man) sans jamais trouver une identité propre lui permettant de sortir du lot. Enfin… si, il sort du lot pour que l’on puisse le ranger dans la catégorie nanar de compétition. Car autant de niaiseries dans un seul film, tout en se prenant au sérieux, on frôle la crise d’épilepsie.

Au final, Guardians est un très mauvais film qui ne fait pas honneur au cinéma fantastique russe. Même si les productions de ce pays dans le genre fantastique ne sont pas folichonnes, on a quand même vu bien mieux que cet énorme daubasse qui s’adresse à un public entre 5 et 8 ans. Et encore, cela peut être pris comme une insulte par les enfants les plus intelligents. Vendu à la base comme un digne concurrent de Marvel, Stan Lee et Mickey peuvent dormir sur leurs deux oreilles, ils sont toujours indétrônables.

Note : 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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