Halloween 5

De : Dominique Othenin-Girard

Avec Donald Pleasence, Danielle Harris, Ellie Cornell, Matthew Walker

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Laissé pour mort, Michael Myers cherche à mettre la main sur sa nièce, traitée par le docteur Loomis…

Avis:

Parmi les sagas horrifiques les plus juteuses, on peut compter sur Halloween, après un accident de parcours qui n’en était pas vraiment un avec un troisième film plutôt intéressant et bourré de bonnes volontés, les fans ont fait la gueule et il a fallu remettre Michael Myers et son masque tout rabougri de William Shatner sur le devant de la scène. Du coup, on s’est retrouvé avec un quatrième opus beaucoup moins convaincant, essayant vainement de renouer avec la mythologie du célèbre boogeyman, sans jamais parvenir à trouver l’ambiance des deux premiers films signés respectivement John Carpenter et Rick Rosenthal. Seulement, ce n’est pas la qualité d’un film qui fait qu’il a une suite légitime ou non, c’est sa rentabilité. Et dans les années 80, Halloween est l’une des franchises les plus rentables du septième art, notamment grâce à la présence accrue de Michael Myers. Malheureusement, allant de mal en pis, ce cinquième opus ne va pas déroger à la règle, même s’il ne fait pas pire que précédemment.

Le métrage commence exactement à la fin du quatrième, alors que Michael Myers se fait allumer par les chasseurs et flics restant d’Haddonfield et tombe dans un puits. Laissé pour mort, on apprend alors que le tueur s’en est sorti en se laissant tomber dans une rivière et se faisant soigner par un pauvre bougre qui va le payer de sa vie. Il faut dire que Michael Myers n’est pas réputé pour sa reconnaissance. Quoi qu’il en soit, le boogeyman en veut toujours à la petite fille issue de sa famille, et il compte toujours la buter. N’ayant que peu d’éléments sur les raisons de cette colère, ce cinquième film va tenter tant bien que mal, de nous narrer pourquoi Myers veut à tout prix buter cette jeune fille de neuf ans. Rajoutant un aspect fantastique au film et voulant faire jouer les liens télépathiques que peuvent avoir des jumeaux, le film joue constamment sur les malaises de la petite lorsque le tueur s’apprête à dézinguer un pauvre bougre. Le docteur Loomis, sentant un lien ténu, décide alors d’exploiter la jeune fille pour bloquer et tuer une bonne fois pour toute l’incarnation du mal.

Le point fort de ce film, c’est que finalement, il amène quelques explications sur les raisons du tueur pour buter cette petite fille. Rajoutant un élément dans la mythologie du tueur, ce cinquième opus essaye d’approfondir le personnage, tout en lui ajoutant un aspect mystique et mystérieux. Déjà énigmatique à cause de ce masque qui lui barre le visage, Michael Myers va avoir des faiblesses à cause de cette fillette et le réalisateur va tenter de lui redonner un peu d’humanité sur la fin. Malheureusement, à force d’en rajouter, le film finit par faire n’importe quoi et donner de l’incohérence à son propos. Notamment dans l’ajout d’une nouvelle figure, qui possède le même tatouage que Myers, que l’on voit très peu, mais qui semble déterminée à aider le criminel. Tout cela est assez mal amené dans le film, jouant constamment sur le mystère entourant cet homme, mais ne le montrant jamais, jouant ainsi avec les questions du public, mais n’y répondant jamais. C’est frustrant, surtout que le rôle semble peu important, si ce n’est à la toute fin du métrage. Une fin qui annonce bien évidemment une suite, les producteurs ne voulant pas lâcher cette poule aux œufs d’or.

L’autre élément frustrant de ce film, c’est qu’il est avare en moments gores ou en meurtres inventifs. Michael Myers semble fatigué et il attend toujours trois plombes pour dézinguer de l’adolescent dont le quotient intellectuel ne dépasse pas celui d’une moule. Contrairement à son frère aîné, cette suite s’avère bien décevante de ce côté-là, avec notamment une photo trop sobre et surtout, des effets gores aux abonnés absents. Si on regarde un Halloween, c’est pour avoir son lot de plaisirs coupables avec des meurtres originaux et brutaux, tout en ayant son quota de chair fraîche. Ce n’est clairement pas le but de cet opus, qui mise beaucoup plus sur les apparitions fantomatiques du tueur. En effet, le film joue énormément sur les arrière-plans, avec le tueur qui se balade dans la ville ou dans les maisons, se cachant toujours dans les zones d’ombre ou derrière les futures victimes. N’utilisant que très peu la musique pour éviter les jump scare inutiles, Halloween 5 trouve une bonne idée dans la gestion des apparitions du monstre, même si cela manque souvent de pertinence ou de gestion du stress. Le film ne fait pas peur, notamment parce que ces apparitions deviennent trop répétitives et parfois même improbables, comme ce jeu de cache-cache dans la ville en plein jour, comme si personne ne se baladait et ne pouvait voir le tueur derrière un arbre. Mais doit-on blâmer pour autant le réalisateur d’avoir voulu jouer sur un tableau différent du précédent opus? Certainement pas et en ce sens, ce cinquième film a le mérite de ne pas faire dans la surenchère.

Mais, il faut toujours que l’on est les sempiternelles scènes de tuerie d’adolescents stupides en train de copuler. Image d’Epinal du film du slasher movie, Halloween 5 a tendance à accumuler les poncifs du genre et ne sort jamais des sentiers battus. On sait pertinemment qui va mourir et qui va vivre, notamment au gré des situations entre personnages. Le film n’évite donc pas les clichés et c’est dommage. L’autre point noir vient de la musique employée. Si le thème de Carpenter s’entend au tout début, lors du générique, la bande-originale devient complètement anecdotique, ne servant pas les meurtres et pire encore, appuyant des moments comiques qui n’ont aucun sens dans un film aussi noir où des gosses doivent en prendre plein la gueule. Il y a donc une gestion du son qui n’est pas cohérente avec l’ambiance voulue et cela en devient presque gênant.

Au final, Halloween 5 est une déception de plus, mais qui s’avère presque moins pénible que l’opus précédent même si les ruptures de ton sont vraiment mal gérées. Dans la continuité, le film ne se démarque pas de la masse à cause de son aspect cheap et de son scénario qui essaye d’approfondir le mythe de Michael Myers mais qui finalement rajoute des couches sans jamais apporter de réponses. Frustrant et pas toujours généreux en gore, le film a le mérite d’essayer de rendre Michael Myers fantomatique et presque plus humain que Loomis qui devient un enfoiré de première, n’hésitant pas à exploiter la maladie d’une gosse pour arriver à ses fins. Un film décevant donc, mais qui possède quelques petites choses intéressantes, l’empêchant de devenir complètement détestable.

Note: 08/20

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Par AqME

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