Le Joyau Tome 3 – La Clé Noire – Amy Ewing

Auteur : Amy Ewing

Editeur : R – Jeunes Adultes

Genre : Fantastique

Résumé :

Cela fait trop longtemps que Violet et les habitants des anneaux extérieurs de la Cité solitaire vivent sous le joug de la noblesse du Joyau pour satisfaire leurs moindres caprices. La société secrète connue sous le nom de la Clé Noire s’apprête à lancer l’offensive pour renverser les dirigeants cruels et corrompus. Violet a conscience du rôle crucial qu’elle a à jouer dans cette révolte, mais c’est une raison encore plus personnelle qui la pousse à s’engager corps et âme pour la cause : la Duchesse du Lac a mis la main sur sa petite sœur Hazel… Après avoir eu tant de mal à s’échapper du Joyau, Violet va devoir tout risquer pour s’y introduire à nouveau, sauver sa sœur, mais aussi l’avenir de la Cité solitaire…

Avis :

La clé noire est le troisième tome de la trilogie le Joyau, écrit par Amy Ewing. Cette trilogie était au départ un sujet de thèse pour la jeune femme, qui en a décidé d’en faire des romans et c’est une franche réussite. Gare aux secrets dévoilés dans cette critique : avoir lu les deux précédents volumes est nécessaire pour les lecteurs qui ne veulent rien gâcher de leur surprise future. Vous êtes prévenus !

Le sujet de cette trilogie est clairement original et plutôt sombre. Le personnage principal, Violet Lasting, est destiné à devenir Mère-Porteuse pour une des familles de la noblesse qui la choisira lors de la Vente aux Enchères annuelle. Elle deviendra alors un simple numéro, un objet. Formée depuis son plus jeune âge dans un des pensionnats privés de la Cité Solitaire, Violet n’a pas le droit de se regarder dans un miroir, ne doit plus communiquer avec sa famille et doit s’entraîner à pratiquer les Augures, une forme de magie violente qui fait souffrir les jeunes femmes qui s’en servent. Seules les Mères-Porteuses peuvent pratiquer cette magie sombre et porter le futur de la vie de la noblesse. En effet, seules les basses couches de la société peuvent espérer donner la vie. La noblesse mérite les meilleures progénitures et quoi de mieux pour un enfant de naître du ventre d’une femme aux pouvoirs spéciaux, comme une Mère-Porteuse ? Violet ne s’en rend pas encore bien compte mais une vie de servitude l’attend.

Une vie de servitude que vivent beaucoup d’autres pans de la société dans ce monde infâme, divisé selon les catégories sociales. La Cité Solitaire est une île immense recouverte de grands murs circulaires en béton, chacun entourant une partie bien distincte de la population. Le centre de l’île est habité par la noblesse et la royauté. On l’appelle le Joyau. L’Exéteur et l’Electrice, les dirigeants de la Cité Solitaire, y habitent, entourés des familles des Maisons les plus anciennes et les plus fortunées comme les Maisons de la Pierre, du Lac ou de la Flamme. Le mur qui entoure le Joyau sépare la noblesse des commerçants qui vivent dans une partie de la Cité appelée le Commerce. Après le Commerce, vient la Fumée, regroupant les usines de la Cité, puis la Ferme, et enfin le Marais. Chaque habitant sait où est sa place et ce qu’il deviendra. Tout est fait pour servir le Joyau et lui permettre de vivre selon un train de vie bien supérieur à la moyenne des autres habitants de la Cité. Les Mères-Porteuses sont volées à leur famille, considérées comme des meubles, tenues en laisse par leurs maîtres et meurent automatiquement en donnant la vie ; les Compagnons, de jeunes hommes entraînés à plaire aux femmes de la noblesse, sont de simples objets sexuels et sont détestés par la plupart de la population ; les ouvriers travaillent nuit et jour, ne gagnant presque rien et mourant à cause de l’air vicié ; les fermiers se fatiguent à la tâche et les commerçants se voient la cible d’attaques les accusant de trop fréquenter la royauté et de faire ami-ami avec eux. La colère gronde depuis bien trop longtemps et ce troisième tome marque la révolte du groupe de la clé noire, cette association alliant tous ceux qui estiment en avoir assez du joug du Joyau.

Tout au long de la trilogie, Violet a évolué. Découvrant petit à petit ce que son statut de Mère-Porteuse signifiait, la jeune fille s’est sentie trahie, blessée et menacée. A la fin du premier tome, elle parvient à s’enfuir de sa prison, le château de la Maison du Lac, aidée de plusieurs de ses nouveaux amis, comme Lucien, le Camériste de l’Exéteur et de l’Electrice ou Ash, le Compagnon de la nièce de la duchesse du Lac dont elle tombe éperdument amoureuse. Le second tome est émotionnellement puissant tant les découvertes sur les Mères-Porteuses sont magiques. On y apprend que ces jeunes femmes aux pouvoirs incroyables sont en fait les descendantes des Protectrices, les premières habitantes de l’île avant que cette dernière ne soit colonisée sauvagement. Leurs pouvoirs ont été détournés par la royauté sous la forme des Augures qui ne sont qu’une pâle réalité de toute l’étendue de leurs réels pouvoirs. Effectivement, Violet, comme ses camarades, peut se lier aux éléments et les contrôler à sa guise, sans en souffrir. Au contraire, cette harmonie avec la nature est enivrante et cette force sera utilisée par le groupe de la clé noire afin d’abattre le mur du Joyau et de permettre à leurs armées de pénétrer dans le territoire de la noblesse le moment venu.

Au début du tome 3, Violet fait ainsi partie de la résistance et tente de convaincre d’autres Mères-Porteuses de se rallier à sa cause. Ce qu’elle finit par apprendre à propos de sa sœur la détourne cependant quelques temps de ses objectifs : après sa fuite, la duchesse du Lac l’a remplacée par sa sœur, Hazel, qu’elle tente coûte que coûte de faire tomber enceinte par tous les moyens possibles. Cette nouvelle terrifie Violet qui va tout essayer afin de sauver sa sœur, quitte à révéler son identité le long du parcours. La mission de sauvetage de Violet, les préparations de la révolte, les attentats d’avertissement perpétrés par la clé noire dans toute la Cité et les punitions violentes de la royauté face à ces prémisses de rébellion, constituent la trame de fond de ce dernier tome. La révolte est en marche. Arrivera-t-elle à terme ? Une fois la royauté disparue, que deviendra la Cité Solitaire ?

Une autre intrigue apparaît au fur et à mesure du récit, une vengeance personnelle, qui finira par se terminer, elle aussi, dans le sang. Exécutions en place publique, combats à morts, coups de couteaux dans le dos… Tout est bon pour arriver à ses fins. Violet a bien été préparée et sait que rien n’est gagné d’avance.

Cette trilogie se termine ainsi en apothéose et avec une note d’espoir pour les protagonistes principaux. La part sombre du roman, toujours présente, est bien mise en œuvre et la brutalité, violence et horreur de certaines scènes sont bien écrites de telle sorte que cela n’empêche pas une lecture agréable. Les personnages sont attachants et l’intrigue est cohérente tout du long, même si les scènes finales manquent quelque peu de réalisme quant aux émotions liées à la mort.

L’écriture est simple et fluide et l’auteure ne s’encombre d’aucun détail, préférant en venir rapidement aux faits. Le passé de certains personnages est mis en valeur dans ce tome, nous les rendant encore plus humains et proches de nous. L’amour et l’amitié sont une part non négligeable de cette trilogie mais ne sont pas tournés au ridicule.

Ecrite et découpée comme une dystopie à la Hunger Games, la trilogie du Joyau étonne et fascine par les détournements voulus par l’auteure. Contrairement à une dystopie classique, l’intrigue se déroule dans un monde imaginaire et la magie y est abondamment présente. On retrouve tout de même les codes typiques tels que la division sociale et le joug du pouvoir.

Enfin, malgré une fin plutôt attendue, le plaisir de lecture est non dissimulable et il est toujours aussi plaisant de se plonger dans la tête de Violet, étant donné que c’est elle qui raconte sa propre histoire. Parfois têtue, irritée, faible, insouciante, apeurée, attristée, forte, courageuse et sans peur, son caractère plaît et fait d’elle l’héroïne que l’on n’attendait pas.

Note : 16/20

Par Lildrille

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