Ma’Rosa – Ma’Nille

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De : Brillante Mendoza

Avec Jaclyn Jose, Julio Diaz, Felix Roco, Andi Eigenmann

Année : 2016

Pays : Philippines

Genre : Drame

Résumé :

Ma’Rosa a quatre enfants. Elle tient une petite épicerie dans un quartier pauvre de Manille où tout le monde la connaît et l’apprécie. Pour joindre les deux bouts, elle et son mari Nestor y revendent illégalement des narcotiques. Un jour ils sont arrêtés. Face à des policiers corrompus, les enfants de Rosa feront tout pour racheter la liberté de leurs parents.

Avis :

Brillante Mendoza, c’est une carrière qui commence en 2005 avec un film très remarqué, « Masahista« . Depuis ce premier film arrivé tardivement, le réalisateur philippin a su s’imposer dans son pays comme un réalisateur important et plus largement, Brillante Mendoza s’est imposé sur la scène internationale, décrochant bien des prix dans les différents festivals auxquels il a participé.

« Ma’Rosa » est le deuxième film que le réalisateur philippin nous présente cette année, après le plus que discret « Taklub » sorti fin Mars.

Reparti du dernier festival de Cannes avec le prix d’interprétation féminine pour Jaclyn Jose, le dernier film de Brillante Mendoza s’avère être aussi bon qu’il a tendance à s’essouffler sur son final. Traité d’un sujet dur et réel (comme bien souvent dans la carrière du réalisateur), « Ma’Rosa » est une plongée dans les rues de Manille. Avec ce film, le réalisateur a choisi une histoire (vraie) pour en fait décrire et filmer cette capitale, sa vie et ses habitants.

Et si « Ma’Rosa » finit par être un peu longuet, il s’en dégage une réalité et une sincérité touchante qui happe le spectateur au plus près de cette culture, de cette débrouillardise, de cette corruption, de ce pays ou encore de ces habitants qui fait qu’on en ressort avec la sensation d’être parti à Manille l’espace de deux heures.

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Ma’Rosa est une femme de la cinquantaine qui habite un quartier pauvre de Manille. Ma’Rosa a trois enfants et un mari qu’elle aime. Ma’Rosa tient une petite épicerie et est connue de tous. Mais Ma’Rosa a bien du mal à joindre les deux bouts, alors pour survivre, elle a monté un petit trafic de cristal. Un trafic que tout le monde connaît. Un soir, Ma’Rosa et son mari sont arrêtés chez eux par des policiers corrompus. Si Ma’Rosa et son mari veulent sortir du commissariat, il va leur falloir racheter leur liberté. Ma’Rosa demande alors à ses enfants d’arriver à réunir une grosse somme d’argent. Ces trois enfants, dans les rues de Manille, vont alors tout faire pour sortir leurs parents du commissariat.

« Ma’Rosa« , c’est une histoire pour le moins simple et récurrente aux Philippines. D’ailleurs, Brillante Mendoza a eu l’idée de faire ce film après que l’un de ses amis lui ait raconté la mésaventure de l’un de ses amis. Trafic de drogue et corruption sont monnaies courante à Manille et ces deux sujets, tout comme cette histoire, étaient alors faits pour être raconté par le réalisateur.

Le scénario nous entraîne donc au cœur de Manille et l’on va suivre ces personnages avec intérêt. On est pris par les obstacles qui vont être mis sur la route de Ma’Rosa et sa famille pour qu’elle puisse retrouver sa liberté. Brillante Mendoza nous décrit avec beaucoup de précision ces fausses procédures, les chantages ou l’angoisse, mais aussi l’étrange liberté qui règne chez « ces prisonniers ». Et plus que l’histoire de Ma’Rosa, au fil du film, on se rend compte que Brillante Mendoza a pris comme prétexte cette histoire pour parler et décrire principalement le chaos et l’ambiance unique de sa ville. Ainsi, ici, chaque avancée vers la liberté (ou non) des personnages est une avancée plus profonde dans la culture, les rites, les pratiques, l’entraide (ou non), la morale, ou encore d’autres sujets plus durs amenés ici sans jugement aucun. « Ma’Rosa » aborde la corruption policière, le réalisateur parle et met en lumière la débrouillardise des pauvres gens, où parle aussi du sexe, de l’argent et de l’homosexualité tarifiée, (sujet qu’il avait déjà abordé avec « Masahista« , son premier film).

Grâce à sa mise en scène très « vraie », dans l’instantané, « Ma’Rosa » s’impose comme un film vérité. L’ambiance est extraordinaire, même s’il faut le dire, « Ma’Rosa » n’est pas toujours bien filmé. Brillante Mendoza a voulu nous emmener au plus près là où d’autres caméras ne vont pas ou alors de manière plus romancée. « Ma’Rosa » dégage un vrai côté reportage, au gré des rues ou encore des interrogatoires, le cinéaste arrive à créer une certaine tension, car, avec le ton donné, il peut se passer tout et n’importe quoi, à chaque instant.

« Ma’Rosa« , c’est aussi des comédiens qui sont plus vrais que nature. Des comédiens simples et touchants, dont ressort magnifiquement Jaclyn Jose. L’actrice, qui est une fidèle du réalisateur, trouve un très beau rôle qu’elle porte avec un charisme naturel qu’on aime. L’autre atout de « Ma’Rosa« , ce sont les petits comédiens qui incarnent les enfants du personnage principal.

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Mais comme je le disais plus haut, « Ma’Rosa » est aussi un film qui a tendance à s’essouffler à la longue. Si on plonge les deux pieds dedans au début, si l’on est pris par cette ambiance extraordinaire, Brillante Mendoza aurait gagné aussi à écourter son film, car on ressent des longueurs et ça tourne un peu en rond au bout d’un certain moment. Reste toutefois un final très beau qui excuse les petites lenteurs ressenties.

« Ma’Rosa » est donc un film qui sera bien plus passionnant par son ambiance, les déambulations des personnages dans cette ville ou encore les sujets véhiculés par son histoire que par l’intrigue elle-même, qui résonne comme un (bon) prétexte pour nous faire voyager et découvrir cette ville, cette culture, et bien sûr, les problèmes qui vont avec.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

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