The Invoking

diabolique-the-invoking-movie-poster

De : Jeremy Berg

Avec Trin Miller, Brandon Anthony, Andi Norris, Josh Truax, D’Angelo Midili

Année : 2013

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après avoir hérité d’une maison, Samantha Harris et trois de ses amis partant pour Sader Bridge afin d’explorer la propriété. Sur place, Sam commence à avoir des visions et à faire des cauchemars. Lorsqu’elle va comprendre que ce sont des réminiscences de son passé, elle va alors subir une terrible descente en enfer.

Avis :

Le genre horrifique est certainement celui qui se prête le plus à l’expérimentation. Scénarios délirants, mise en scène habitée, acteurs et réalisateurs en devenir, bref, le film d’horreur est un formidable laboratoire qui a vu naître les plus grands artistes d’aujourd’hui (Peter Jackson, James Cameron, Sam Raimi, etc…). Malheureusement, dans toute cette pagaille qui sort chaque année (hormis en France qui est un peu l’enfant pauvre du cinéma d’horreur), il y a certains films qui ne bénéficient pas d’une bonne distribution et qui se retrouvent avec un anonymat parfois illégitime. Film indépendant américain, The Invoking fait partie de ces petits films qui ont trouvé un succès dans leur pays, puisque ce premier métrage connait deux suites, mais qui n’ont pas eu les honneurs d’une sortie à l’internationale. Ce qui n’est peut-être pas plus mal quand on regarde la qualité de ce film.

602760_456461244407930_1298982876_n

Nanti d’un budget de 11 000 dollars avec des acteurs débutants, The Invoking place tous ses espoirs dans une histoire prenante en faisant intervenir des fantômes du passé. Ainsi, on va donc suivre trois amis qui vont suivre une des leurs dans la découverte de son héritage, une grande maison léguée par sa tante. Perdue au milieu de nulle part, la maison s’avère immense avec des dépendances et un concierge, qui sera le cousin de ce que l’on pourrait appeler l’héroïne. Seulement, cette dernière va avoir des visions, mettant en scène ses amis, prenant la place de ses parents, dont elle semble avoir tout oublié. Un semblant d’intrigue se met alors en place, essayant tant bien que mal de montrer les horreurs subies par la jeune femme durant sa jeunesse et sa capacité à avoir tout oublié pour survivre et changer de vie. Un sujet récurrent dans les films dramatiques (sans les visions horrifiques bien entendu), The Invoking n’arrivera finalement jamais à passionner le spectateur, la faute à une mise en scène fainéante et surtout un manque d’empathie envers les protagonistes.

On pourrait croire que les personnages sont recherchés, notamment dans la première partie assez longue qui montre les caractères de chacun, mais malheureusement, on aura bien du mal à s’identifier à eux. Premièrement parce qu’ils sont des clichés sur pattes entre le sanguin qui vient de se faire plaquer, le taciturne qui enregistre des bruits pour se construire une bibliothèque sonore, la pseudo geek rachitique mais sympathique ou encore le jeune concierge énigmatique qui semble être dangereux. Tout ce petit monde ne semble pas vraiment concerné par ce qu’il se passe dans cette baraque et ils n’ont pas tellement envie de venir en aide à leur amie qui perd peu à peu la boule. Deuxièmement, les rapports entre les personnages sont absolument inexistants ou alors téléphonés. Parfois aberrants comme le non altruisme qui baigne le film, ils sont parfois fortement anticipables, notamment la relation amoureuse qui se noue entre la geek et le mec à mauvais caractère, ce qui rend l’autre mec jaloux. Bref, rien n’est vraiment cohérent dans ce film et l’ensemble manque d’idée. Le pompon revient au concierge, un jeune étrange qui cache mal son jeu et dont le but s’avère complètement stupide, voulant à prix faire un twist final qui n’apporte rien au film, surtout dans la psychologie de l’héroïne.

Et qu’en est-il de la peur ? Elle est tout simplement inexistante. Alors bien évidemment, cela vient en premier lieu des personnages qui sont tous imbuvables et des acteurs qui surjouent constamment. Mais ce n’est pas tout. Le film se plante allègrement avec sa mise en scène plate et sans idées. Si certains plans demeurent intéressants au début, comme des vues éloignées du groupe de jeunes explorant la vallée ou encore un moment assez effrayant lorsque le personnage principal entend des citations bibliques dans la chambre à côté alors qu’elle est vide (et sa réaction est de ne pas agir…), le reste ne sera qu’un long chemin de croix sans ingéniosité, d’une platitude morne et d’un sentiment d’inachevé. En fait, ce qui choque le plus dans ce film, c’est cette absence de volonté de fournir des moments vraiment horrifiques A la place, on va avoir droit à des disputes entre collègues, des incohérences scénaristiques et un retournement aberrant qui ne tient pas vraiment debout, la faute à un manque de liant dans la structure même du scénario. Comment cette femme peut-elle virer aussi vite et mettre en doute ses amis en lieu et place de son cousin qu’elle connait à peine ?

the-invoking-2014-on-the-porch

Au final, The Invoking est une belle déception qui a essayé de surfer sur le succès de The Conjuring, aussi bien dans le titre que dans la façon d’aborder les choses. Explorant le passé d’une jeune femme ayant des visions, le film s’essaye à l’épouvante sans jamais le réinventer et fournir des éléments pour maintenir le spectateur en éveil. Il en résulte un film complètement raté, bête comme ses pieds et sans aucun intérêt.

Note : 03/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net