décembre 2, 2020

Dig Saison 1

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D’Après une Idée de : Tim Kring et Gideon Raff

Avec Jason Isaacs, Anne Heche, Ori Pfeffer, Alison Sudol

Pays : Etats-Unis, Israël

Genre : Thriller

Nombre d’Episodes : 10

Résumé :

Peter Connelly, un agent du FBI en fonction à Jérusalem, est en charge du meurtre d’une archéologue. Son enquête va le mener à mettre à jour une conspiration vieille de 2000 ans qui pourrait bien changer le cours de l’Histoire. Persuadé qu’une dangereuse prophétie est sur le point de s’accomplir, il entame une course contre la montre pour démêler le mystère avant qu’il ne soit trop tard.

Avis :

Le thriller ésotérique repose sur deux piliers : un suspense de tous les instants et des énigmes séculaires à résoudre. En partant de ce postulat, on peut raconter à peu près tout et n’importe quoi sous couvert du fameux « et si… ». Dans la littérature, le genre connaît une certaine constante après l’engouement autour de l’œuvre de Dan Brown. Trop souvent cité de manière illégitime, le Da Vinci Code fait office de référence en la matière et, même pour une production télévisée, on n’hésite pas à l’évoquer pour vendre (ou descendre) ce qui s’inscrit dans une catégorie similaire. Une fois de plus, le raccourci est facile et usurpé.

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Il est vrai que l’on aimerait davantage voir ce type d’initiative portée sur grand ou petit écran. Les histoires ne manquent pas, mais le talent pour les transposer fait clairement défaut. Au choix, l’on sombre dans la série B d’aventures lambda (l’adaptation du Dernier templier de Raymond Khoury) ou dans un délire proprement farfelu, comme avec Le sang des templiers. Bref, on est plutôt mal loti en la matière et, quoi qu’on puisse en dire, les films tirés des romans de Dan Brown montrent ce que donne le genre entre de bonnes mains. Pour Dig, on s’appuie sur une création originale de Tim Kring (responsable de Heroes ou du mésestimé Touch).

Tout semble en excellente voie, notamment le choix du cadre (on retrouve la ville de Jérusalem, comme on peut l’apprécier dans Le secret de Dieu de David Emton) et un mystère qui ne cesse de s’épaissir au fil du temps. Investigations, disparitions, meurtres et rituels à la symbolique obscure… Pas de doute, tous les éléments sont réunis pour faire de Dig l’étendard télévisuel du genre. Pourtant, le soufflé retombe très vite, et ce, pour plusieurs raisons. Perdre le spectateur en début de parcours n’est pas un mal, mais persister à le fourvoyer dans de fausses pistes ou des séquences répétitives l’est beaucoup moins. Car l’intrigue va se montrer avare en révélations et n’encouragera que les plus persévérants (ou passionnés) à continuer l’aventure.

Le suspense subit un traitement trop linéaire. La trame se ponctue de poursuites de suspects et d’interrogatoires qui n’apportent finalement que peu d’éléments nouveaux. On nous inflige des intermèdes ennuyeux dont la seule fonction est de combler des lacunes narratives pour remplir la quarantaine de minutes de chaque épisode. C’est bien simple, on reste constamment sur notre faim au terme de chacun d’entre eux. Il persiste l’impression de s’être fait flouer pour pas grand-chose. Même les protagonistes ont du mal à retenir notre attention. Là encore, leur développement manque de relief et de répondant. On ne les sent guère concernés par ce qu’ils doivent affronter.

Et l’énigme censée être le liant de tout bon thriller ésotérique ? On soupçonne un secret propre au Mont du temple et aux religions (en particulier afférant au judaïsme) pour bouleverser toutes les croyances. Sauf qu’à force de jouer l’obscurantisme, on tente tantôt de glorifier tel parti (les Juifs) avant de retourner sa veste pour un effet de style plutôt pathétique en les diabolisant. D’un côté comme de l’autre, on véhicule bon nombre de clichés sans jamais apporter d’éléments peu connus du grand public. Une relique antique, une traduction biaisée ou un manuscrit perdu ? Rien de tout cela, si ce n’est un artefact et des propos apocalyptiques déjà vus en des circonstances différentes. De fait, l’intention d’appuyer le côté subversif de l’intrigue et du thème choisi vire à la déconvenue de premier ordre, pour ne pas dire au ridicule.

La réalisation, elle, reste assez fade. Des extérieurs guère mis en valeur, l’atmosphère moyen-orientale reléguée à quelques poncifs éculés, sans oublier une photographie surfaite qui exagère parfois les traits ou ne réussit pas à tirer parti de la lumière ambiante. On édulcore également le conflit israélo-palestinien qui demeure pourtant d’actualité. À cela s’ajoute une interprétation lambda dont la tête d’affiche (Jason Isaacs, Angela Bettis et Anne Heche) semble aussi détachée que les Esséniens pour le matérialisme. On notera quelques incohérences et imprécisions concernant ce mouvement du judaïsme, surtout au regard de son histoire, des autres branches de la religion, ainsi que du christianisme.

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Parfois trop simpliste dans ses propos, parfois trop confus dans sa construction, Dig apparaît comme une série bancale qui parvient difficilement à captiver son auditoire, quand même bien le spectateur serait un féru de thrillers ésotériques. Dommage, car les fondements de pareilles intrigues sont bien présents, mais ils ne remplissent à aucun moment leur objectif à cause d’une absence quasi permanente de révélations et d’une ambiance sans surprise. Affublé d’un rythme laborieux et redondant qui donne l’impression de tourner en rond, il est malheureusement compréhensible que Dig ait duré le temps d’une saison. À la limite, l’histoire aurait pu faire l’objet d’un téléfilm en deux parties pour dynamiser le tout. Dans le cas présent, on reste avec une série qui exploite mal les codes d’un genre aux qualités pourtant évidentes. Une initiative vaine et néanmoins louable.

Note : 09/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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