octobre 29, 2020

Re/Member – Welzard

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Auteur : Welzard

Editeur : Lumen

Genre : Horreur

Résumé :

Une terrifiante légende urbaine circule parmi les élèves du lycée Ouma. Une créature surnaturelle, la Rouge-Sang, hanterait les couloirs de l’établissement sous les traits d’une fillette de onze ans couverte du sang de ses victimes… Le quotidien d’Asuka et de cinq de ses camarades bascule dans le cauchemar le jour où, frappés par la malédiction de ce monstre, ils se retrouvent condamnés à revivre sans arrêt le même cycle funeste.
Transportés tous les soirs à la même heure sur le campus de l’école, ils sont pourchassés puis inéluctablement massacrés par la créature infernale… avant de ressusciter le matin suivant ! Nuit après nuit, le rituel macabre se répète, jusqu’à ce que les lycéens comprennent qu’il n’y a qu’un moyen de briser la malédiction : retrouver les huit parties du corps d’une victime de la Rouge-Sang, éparpillées dans tout le lycée…

Avis :

Le roman horrifique est sous le joug d’un grand maître qui sévit depuis des années, Stephen King. Autour de lui, gravitent quelques auteurs plus ou moins célèbres mais qui n’arrivent jamais à la grandeur de son style et de son imagination fertile. Cependant, il y a un crédo qui n’est pas forcément exploité par Stephen King, c’est la littérature adolescente. Si on sait qu’il aime particulièrement J.K. Rowling, on ne peut pas dire qu’elle fasse dans l’horreur avec son petit magicien à la cicatrice en forme d’éclair. Du coup il est assez difficile de trouver son compte pour les adolescents qui meurent d’envie de se faire peur. Sauf en littérature nippone. Que ce soit dans les mangas ou dans leurs adaptations sous forme de roman, l’horreur fait presque partie du quotidien littéraire japonais et ils possèdent un univers bien à eux. La preuve avec Re/Member, un manga en huit tomes qui est ici retranscrit dans un long roman.

Quand on dit que leur univers est particulier, c’est que le folklore asiatique autour des esprits est très éloigné du notre et il faut un temps d’adaptation pour bien s’immiscer dans une ambiance très marquée. Pour la petite histoire, on va suivre ici le quotidien de six jeunes gens qui se retrouvent piégés dans une malédiction. Ils doivent retrouver huit parties d’un corps cachés dans leur lycée à partir de minuit. S’ils ne réussissent pas ou s’ils meurent durant la nuit, ils revivront inlassablement la même journée avant de repartir dans le lycée à minuit. Mais histoire que ce ne soit pas une sinécure, une entité démoniaque hante les couloirs du bahut la nuit, la Rouge-Sang, une démone qui va poursuivre inlassablement nos héros pour les tuer. Comme dit auparavant, c’est un univers très spécial et il faut un certain temps pour rentrer dedans. Mais la grande force de ce roman, c’est qu’il ne lambine pas sur des descriptions hasardeuses ou trop longues et qu’il rentre rapidement dans le vif du sujet.

Des présentations sommaires donc, qui vont s’affiner au fur et à mesure des pages lorsque les nuits vont se répéter et les relations vont donc évoluer en conséquence, en fonction des caractères de chacun. Ainsi, on aura Rie la timide, Rumiko la franche, Shôta l’intello, Takahiro le bête au grand cœur, Kenji le mystérieux et enfin Asuka la conciliante, celle qui essaye de garder une cohésion dans le groupe. Elle sera d’ailleurs la narratrice de l’histoire, puisque Welzard utilisera la première personne du singulier et le lecteur va vivre l’aventure à travers ses yeux. Du coup, le roman accuse un défaut de taille, il faut que le lecteur se mette à la place d’une lycéenne et quand on a passé l’âge et que l’on est un homme, c’est assez difficile. D’autant plus que les atermoiements de la jeune fille sont très souvent superficiels et collent à son âge et de ce fait, la projection est assez complexe pour vivre pleinement les aventures de cette jeune fille.

Outre le fait qu’il soit complexe de se mettre dans la peau de l’héroïne, le style d’écriture de Welzard est assez classique et tombe régulièrement dans les clichés du genre avec une volonté de faire peur à chaque page, notamment avec des effets de style parfois inutiles comme des pages avec un seul mot, histoire qu’ils soient plus marquants. Malheureusement, pour le lecteur aguerri de récits d’horreur, cela ne marche pas et on a parfois l’impression de voir un mauvais film d’horreur téléphoné. De plus, l’écrivain se permet d’utiliser des termes parfois plus complexes, comme pour montrer qu’il n’est pas qu’un auteur pour ado et cela dénote du reste. Tout comme un passage vers la fin où, le temps de deux paragraphes, Welzard laisse tomber la première personne pour passer à la troisième, sans transition, ce qui est maladroit et déroutant pour le lecteur.

Mais, si on outrepasse tout ça, Re/Member se révèle très plaisant à la lecture. Non seulement c’est très facile à lire, mais en plus de cela les éléments horrifiques, pour ceux qui ne sont pas rompus au genre, sont bien présents. Entre des attaques pernicieuses, des apparitions glauques, une chansonnette éprouvante et des mises à mort gores, on peut dire qu’on est servi et l’ensemble tient bien la route. Ensuite, on ne peut imputer à l’auteur une certaine imagination pour perturber les esprits. A la fois dans le récit de fantôme, à la fois dans le gore et glauque, parfois dans le slasher et la possession avec un personnage possédé, le roman lorgne aussi vers l’intrigue à tiroir avec un personnage étrange dont la malédiction est lié avec le passé de sa famille. Bref, l’imagination est relativement fertile dans le cerveau de son auteur, et certains moments se révèlent surprenants.

Au final, Re/Member est un roman aussi plaisant qu’il est déroutant. Doté d’une ambiance intéressante avec de bons moments vraiment gores, le roman se perd tout de même un peu dans la répétition des journées mais aussi dans la catégorisation des personnages qui rentrent tous dans un moule. Il n’en demeure pas moins un plaisir de lecture immédiat et la volonté de rendre son livre toujours plus effrayant par des tours de passe-passe qui ne marchent pas forcément, mais qui ont le mérite d’essayer autre chose pour susciter un sentiment que seul Stephen King semble être capable de provoquer. Bref, une lecture adéquate pour les adolescents en manque de frisson.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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