janvier 19, 2021

The Program

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De : Stephen Frears

Avec Ben Foster, Chris O’Dowd, Guillaume Canet, Jesse Plemons

Année : 2015

Pays : Angleterre, France

Genre : Biopic

Résumé :

Découvrez toute la vérité sur le plus grand scandale de l’Histoire du sport : le démantèlement du programme de dopage qui a fait de Lance Armstrong une légende. De la gloire à l’humiliation, The Program retrace le parcours de la star du Tour de France. Véritable thriller, le film nous plonge au cœur de la folle enquête qui a conduit à sa chute.

Avis :

Après un petit coup de mou vers la fin des années 2000 et le début des années 2010, Stephen Frears, à plus de soixante-dix ans passés, retrouve peu à peu sa verve et son talent. Après le joli « Tamara Drewe« , après le sublime et extrêmement touchant « Philomena » revoilà le réalisateur britannique en jolie forme pour nous compter la vie et le mensonge tout bonnement passionnant d’une légende.

Lance Armstrong, c’était le Boss. Athlète de très haut niveau, cycliste hors pair, il a fait vibrer des millions de spectateurs. Mais il s’est trouvé que le rêve fut une imposture et la déception en fut d’autant plus grande pour des millions de fans à travers le globe. La vie et le parcours sportif d’Armstrong est tout simplement une histoire anormale. Une histoire qui allait tôt ou tard être portée à l’écran. Et c’est Stephen Frears qui s’y est collé et l’on peut dire que c’est très bien, puisque le réalisateur nous offre un film passionnant et riche. Un film qui tourne autour d’un personnage incroyable que le réalisateur a très bien su mettre en images. S’appuyant seulement sur des faits, Stephen Frears ne juge pas Armstrong, il se contente simplement de raconter ce parcours incroyable et prenant.

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1993, Lance Armstrong est un jeune cycliste parmi tant d’autres sur le tour de France. Cette année-là, il ne gagnera pas le tour. Cette année-là, on lui diagnostique un cancer des testicules. Un combat qu’Armstrong va livrer pendant deux ans avant de le remporter et faire son retour sur le tour de France encore plus déterminé que jamais. À son retour, Armstrong ne va pas seulement remporter le tour de France une fois, il va le remporter sept années de suite. Un parcours incroyable mais derrière lequel se cache en réalité un mensonge des plus élaborés.

De la gloire à l’humiliation, des podiums au scandale, avec « The Program« , Stephen Frears revient sur l’une des duperies les plus incroyables que le monde du sport n’ait jamais connue. Une duperie, une imposture qui fit couler énormément d’encre et qui en fera couler encore et toujours.

Stephen Frears est un réalisateur rock’n’roll qui s’ignore. Si l’on regarde sa carrière, Frears a très souvent mis en images des sujets sensibles. Ses premiers films dans les années 80 abordaient l’homosexualité ou l’immigration. Par la suite, Frears va aborder le décès de Lady Diana et surtout le silence de la Reine, il fallait l’oser. Le réalisateur a aussi parlé du fascisme et des désœuvrés (« Liam« ), il est revenu à l’immigration (« Dirty pretty things, loin de chez eux« ). Dernièrement, avec « Philomena« , il a abordé cette sœur qui arrachait les enfants à leurs mères jugées indignes. Bref, Stephen Frears a très souvent mis les deux pieds dedans, et de belle manière. Alors il n’y a rien de surprenant à ce que le Britannique en vienne à adapter sur grand écran la vie passionnante de Lance Armstrong et il va très bien le faire.

Très bien rythmé, parfaitement raconté et superbement mis en scène, doté d’image sublime et forte, pour ce cru 2015, Stephen Frears a encore une fois assuré un sacré bon show et son « The Program » est tout à fait passionnant et passionné. On ne voit pas le temps passé et l’on en ressort aussi ébahi devant le courage qui se mélange à l’arrogance de son personnage.

Tenant un très bon scénario, on appréciera énormément que Stephen Frears ne fasse pas là le procès de Lance Armstrong. Le jugement ici n’est pas le moteur de son film. Il s’agit de raconter ce qui s’est passé, comment ça s’est passé et pourquoi ça s’est passé. Stephen Frears nous plonge littéralement au plus près de son héros. On découvre avec beaucoup d’intérêt son quotidien, ses victoires, ses doutes et sa déchéance. On est ému par son histoire, par son courage contre la maladie. On est touché face à son implication pour sa fondation. Son implication pour aider les malades, essayant et donnant de sa personne pour faire au mieux, pour faire avancer la recherche ou simplement rendre un sourire. Dans un autre sentiment, on est fasciné par sa détermination, par son arrogance pendant les courses, et même en dehors, par sa soif de victoire et de reconnaissance. Puis on est encore plus fasciné par le mensonge dans lequel il s’enferme, au point qu’on finirait par presque douter de sa conscience, tant il assure dans ses propos. Stephen Frears nous raconte bien cette plongée vertigineuse dans l’enfer du dopage et tous les rouages, les manigances et surtout le silence qui régnait. Il nous explique bien les termes, sans jamais nous larguer, c’est assez terrible. Bref, son film est riche et chaque chose, chaque élément, a son importance et se trouve bien placé. Surtout que le film ira aussi plus loin que l’affaire Armstrong, puisque le scénario abordera la question des médias, de l’image ou du monde du sport avec lequel le réalisateur n’est pas tendre parfois. Stephen Frears insuffle aussi un côté presque de thriller dans les dessous et les coulisses que révèle son journaliste joué par Chris O’Dowd.

Puis son film est porté par un Ben Foster aussi troublant que fascinant, tant il arrive souvent à créer l’illusion. On avait rarement vu le comédien comme ça, il a très bien su saisir les nuances de son personnage, arrivant à le rendre attachant, révoltant et tout simplement passionnant. Pour l’accompagner sur les routes, on pourra compter sur l’excellent Denis Menochet ou le jeune Jesse Plemons qui captive bien l’image avec ce regard perdu dans une immense jalousie. On trouvera aussi l’excellent Chris O’Dowd, qui est dans un rôle à contre-emploi. La seule ombre au tableau vient étonnamment de Guillaume Canet, qui n’arrive pas vraiment à imposer son personnage. On a plus l’impression de voir un comédien qui essaye de créer un personnage qu’un vrai personnage. C’est dommage et surtout étonnant de la part de Canet qui est souvent juste.

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Stephen Frears a donc eu une très bonne idée en nous racontant l’envolée et la chute de Lance Armstrong. Parfois drôle, parfois fun, parfois tendu, voire très tendu, puis d’autres fois triste, ou révoltant, « The Program » est une très bonne surprise, dans le sens où on n’en attendait pas autant. D’ailleurs, la surprise est telle que le film se logerait bien dans le haut du panier, au côté de « The Hit« , « Prick Up Your Ears« , « The Queen » ou « Les liaisons dangereuses« .

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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