Moonwalkers

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De : Antoine Bardou-Jacquet

Avec Ron Perlman, Rupert Grint, Robert Sheehan, Stephen Campbell Moore

Année : 2016

Pays : Angleterre

Genre : Action, Comédie

Résumé :

Juillet 1969, Tom Kidman, l’un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d’un groupe de rock hippie. Tout les oppose, mais ils n’auront pas d’autre choix que de travailler ensemble, remplacer Kubrick, tromper la CIA, éviter les drogues hallucinogènes et sauver leur vie en montant la plus grosse supercherie de l’histoire.

Avis :

Moonwalkers est le premier film du français Antoine Bardou-Jacquet, issu de la boite de production anglaise de Michel Gondry dénommée Partizan, créée en 1991 et organisée comme une communauté de réalisateurs. Le long métrage est porté par Ron Perlman (Sons of Anarchy, Hellboy) et Rupert Grint (Ron dans Harry Potter).

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Un film classique mais très efficace :

Moonwalkers repose sur un genre cinématographique jouissif à l’origine de films cultes tels que The Big Lebowski ou Las Vegas Parano. Sans surprise, le film reste pourtant très efficace. Antoine Bardou-Jacquet ne cherche pas à étonner son spectateur mais se contente de l’emmener là où il le désire, dans une dimension familière. Dans la salle obscure, aucune surprise donc, mais le plaisir de voir le film aller en terrain conquis. Porté par une bande originale très seventies complètement clichée du genre, mais terriblement attrayante, Moonwalkers met en scène un scénario simpliste de buddy movie : alliance entre deux individus que tout oppose. Sur les Rolling Stones, Lovin’Spoonful ou encore Creedance Clearwater Revival, les rebondissements sont attendus, les situations réchauffées et les personnages communs.

Et pourtant, malgré ce manque de prise de risques, Antoine Bardou-Jacquet signe un film assidu et abouti. Le jeune réalisateur, dont il s’agit du premier film, sublime son histoire avec une mise en scène calculée au millimètre.  Le cinéaste présente des personnages attachants et brillamment interprétés par Ron Perlman et Rupert Grint. Ce dernier se délecte dans un genre nouveau, très loin de son rôle de fragile Ron dans Harry Potter, il se dévoile complètement dans ce personnage de manager perdu, où il apparait réellement convaincant, insufflant un style personnel encore inédit. Presque charismatique, le jeune acteur anglais tire son épingle du jeu et donne une réelle consistance à son personnage d’arnaqueur au grand cœur.

Antoine Bardou-Jacquet magnifie son long métrage et sa mise en scène grâce à un jeu de lumière et de couleur absolument sublime, ajoutant des costumes originaux et très imagés, réalisant des trips d’anthologie. De véritables mixes colorés, puissants, sublimant la drogue, présentant des hallucinations issues de l’acide, complètement inoubliables. Des passages psychédéliques intenses, distillés dans une ambiance d’apesanteur omniprésente dans le film qui s’exprime, entre autres, à travers la drogue, le court métrage « rebonds » et l’alunissage. Les images présentées dans les esprits tout stones des protagonistes sont des portraits emblématiques de la drogue et du cinéma, des visions dantesques, presque reposantes, flottantes et trippantes comme le public n’en a pas vu depuis longtemps.

Moonwalkers très influencé par le cinéma de Guy Ritchie :

Que ce soit dans la mise en scène, dans l’utilisation de la bande originale, dans la photographie, dans le montage ou dans l’expression de la violence, Antoine Bardou-Jacquet s’inspire énormément du cinéma de Guy Ritchie, réalisateur anglais à l’origine de Sherlock Holmes, Snatch et UNCLE : Agents Très Spéciaux à la tête d’un style à part entière, quelque part entre les films de Tarantino et ceux de Vaughn. Antoine Bardou-Jacquet ne cache pas son inspiration pour le metteur en scène britannique. Alliant humour loufoque rafraichissant, trips hallucinogènes jouissifs et action décomplexée à la manière de Kingsman, Moonwalkers connait ses classiques et applique les recettes ancestrales du stoner movie mélangées au rythme moderne de l’action movie décomplexé.

Multiples personnages, rythme effréné, méchant très british, lieux et décors planants, Moonwalkers est surtout dominé par la drogue et le sexe. Dès le générique Antoine Bardou-Jacquet pose le ton et le style : couleurs vives, musiques de stoner, marijuana et acides omniprésents ; sexe, drogue et alcool sont la base même du film. Les corps sont sublimés, les lieux majestueux, l’ambiance jouissive. Antoine Bardou-Jacquet oublie pourtant une dimension dramatique simplement effleurée avec le personnage de Ron Perlman, vétéran du Vietnam souffrant d’hallucinations cauchemardesques post traumatiques, véritable essence d’une dimension dramatique, pessimiste, dévoilant l’aspect réaliste et péjoratif de la consommation de drogue, avec la représentation d’un bad trip inquiétant et oppressant. Tout au contraire, Antoine Bardou-Jacquet combat le problème du protagoniste par la drogue : comme si toutes les solutions aux problèmes passaient par ces cachetons illégaux. La contenance critique en est oubliée.

Pour autant, Moonwalkers est un joyeux bordel passionnant, qui se conclue par une apothéose de violence singulière, représentée par un genre cinématographique particulier de tempête décomplexée que Ritchie maitrise à la perfection. Gunfight, armes blanches, visages écrabouillés, montagne de cadavres, le tout avec un déversement d’hémoglobine très tarantinesque, Antoine Bardou-Jacquet est le digne héritier d’un cinéma fun et drôle, dont les représentants se font rares.

Moonwalkers-Rupert-and-Ron

Porté par une bande originale fun et très seventies et des personnages attachants et brillamment interprétés, Moonwalkers est un long métrage trippant, véritablement agréable à regarder, quelque part entre Las Vegas Parano et Snatch. Une véritable réussite pour un premier film.

Note : 16/20

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Par Aubin

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