Mutant World – Supercherie Suvivaliste

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De : David Winning

Avec Holly Deveaux, Ashanti, Kim Coates, Amber Marshall

Année: 2014

Pays: Canada

Genre : Post-Apocalyptique

Résumé :

Quand une météorite se crashe sur Terre, un groupe de suvivalistes se réfugie dans un bunker construit pour tenir de longues années. Dix ans plus tard, une avarie force une escouade à sortir pour réparer. Mais les dommages sont trop importants et le groupe part fouiller les environs. Ils vont alors découvrir que certains humains sont devenus des mutants avides de chair fraîche.

Avis :

Dans la grande famille des productions à petit budget qui frôle sans arrêt avec l’overdose de nanars, nous avions The Asylum, société spécialisée dans le mockbuster. Miroir déformant du blockbuster, le mockbuster consiste à surfer sur un succès mais avec un budget famélique et des effets spéciaux au rabais. Et certaines personnes prennent un plaisir coupable à regarder ces amas de pixels pour le délire, pour s’amuser et voir jusqu’à quel point la roue est partie loin. Seulement, il se pourrait que The Asylum perde ce monopole. La faute à une série qui est plutôt pas mal et vraiment généreuse (Z Nation), mais aussi et surtout à cause de Syfy qui accumule les petites productions de science-fiction ou d’horreur avec des effets spéciaux honteux, des scénarios indigents et des réalisations peu inspirées. Et Mutant World n’échappe pas à cette règle malgré un postulat de départ intéressant.

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Une météorite qui se crashe, des survivants qui explorent une planète dévastée, des mutants radioactifs aux yeux qui brillent, il n’en faut pas plus pour comprendre que Mutant World sera une grosse farce. Néanmoins, le début est assez prometteur. Si l’on enlève le côté kitsch de la collision, le film reste assez crédible et présente un père de famille aimant et protecteur avec un frère et une sœur relativement proche. D’autant plus que si l’on s’intéresse un petit peu aux mœurs de certains américains, il n’est pas étonnant de voir un bunker pour survivre à l’apocalypse. Bon, il est un peu plus rare de le trouver en pleine ville, mais le début du film reste potable, et la partie exploration n’a pas trop à rougir non plus. Si l’on excepte les quelques grossièretés scénaristiques comme le combat de coq entre l’héroïne et son supérieur ou les quelques faux raccords qui parsèment l’ensemble, Mutant World pourrait presque créer la surprise. Presque.

Parce que la suite est une aberration et le film part en totale roue libre, autant sur le plan du scénario que de la réalisation. Sorte de Colline a des Yeux dans un monde enneigé avec une ville qui semble sortir tout droit d’un vieux western, le métrage décide de devenir un bête survival dans un milieu hostile où les mutants ont les yeux qui brillent. Les scènes d’action sont filmées à la truelle tant et si bien que l’on ne comprend pas ce qu’il se passe. Le montage cut n’aide pas à la compréhension et les personnages changent de lieu d’un plan à l’autre, faisant d’incessant allers et retours entre le saloon et l’extérieur. C’est dans ces passages que l’on remarquera la faiblesse d’écriture avec des personnages qui tournent en rond dans les mêmes lieux, ne se sortant jamais d’un endroit qu’ils savent dangereux.

Mais si techniquement le film part en sucette, c’est sans compter sur le scénario qui accumule les tares et les incohérences. A titre d’exemple, les mutants attaquent le bunker, l’envahissant et le plan s’arrête sur une hypothétique invasion. Cela fait deux jours que l’équipe d’exploration est partie en voiture. Sur le plan d’après, les survivants du bunker sont dans la ville pour aider les explorateurs. Ce qui veut dire qu’ils s’en sont sortis, qu’ils se déplacent plus vite à pied qu’en voiture et visiblement, ils ont attirés avec eux les mutants qui les ont attaqués au bunker. Le film oublie toute logique temporelle et spatiale pour fournir ce qu’il espère être du divertissement en prenant le spectateur pour un crétin. D’autant plus que certains éléments n’auront aucun élément de réponse, comme le fait que le roi des mutants souhaitent d’un coup sauver les humains ou encore que certains aient survécu sans devenir des mutants pour autant. Mais le pire du pire étant certainement la graduation de la mutation, où certains sont humains le jour et mutants la nuit. Bref, c’est crétin, c’est ce que l’on recherche, mais cela ne marche pas car il manque vraiment du respect pour le spectateur et des personnages vraiment intéressants. Car il ne suffit de présenter l’héroïne en soutien-gorge en scène d’intro pour en faire quelqu’un d’important et de touchant.

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Au final, Mutant World est une purge infâme et c’est bien dommage car on sent du potentiel dans le début du film. Malheureusement, David Winning a l’air de se foutre un peu de ce projet et balance une réalisation honteuse et un montage tellement cut qu’il accumule les incohérences et les faux raccords. On se demande encore comment Kim Coates (Sons of Anarchy) a pu prendre un rôle dans ce film qui n’a ni queue ni tête et n’amène en plus aucune réflexion sur l’être humain, le gouvernement ou d’autres sujets propices à ce genre de métrage. Bref, un film mal branlé et résolument bête.

Note : 03/20

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Par AqME

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