octobre 29, 2020

Juste Avant le Crépuscule – Stephen King

9782253164623

Auteur : Stephen King

Editeur : Albin Michel/Le Livre de Poche

Genre : Horreur/Fantastique

Résumé :

Juste avant le crépuscule…
C’est l’heure trouble où les ombres se fondent dans les ténèbres, où la lumière vous fuit, où l’angoisse vous étreint…
L’heure de Stephen King.

Avis :

Il n’est nul besoin de présenter Stephen King. Maître de la littérature horrifique, honoré et décoré par le président de son pays, l’écrivain est une institution à lui tout seul et dès qu’un nouvel ouvrage sort dans le commerce, c’est un succès. Et fort heureusement qu’il est là, parce que dans un sens, c’est lui qui a démocratisé la littérature horrifique et fantastique, en faisant un genre important et rarement dénigré par les lecteurs. Si Stephen King a connu une heure faste avec des ouvrages incroyables, il a connu aussi des années un peu moins glorieuses, avec des romans moins prenants et des idées moins percutantes. Seulement, on peut difficilement lui imputer de ressasser les mêmes choses, autant dans ses romans que dans ses recueils de nouvelles. Lauréat du prix Bram Stoker en 2009, Juste Avant le Crépuscule est un recueil de treize nouvelles, où chaque histoire prend place avant le lever du soleil, ou tout du moins où des évènements importants se déroulent durant ce moment fatidique, ce dernier moment d’obscurité.

Point besoin de faire de résumé pour ce recueil tant il y a à boire et à manger. Loin d’être mauvais, le recueil est juste relativement inégal que ce soit dans la qualité et la quantité. On se retrouve parfois avec des nouvelles de dix pages et d’autres qui en font presque 100. C’est assez déroutant mais cela ne gêne finalement pas trop la lecture, offrant de longue histoire plus travaillées et d’autres qui relèvent de la note d’attention. Ceci dit, King en profite pour brasser des thèmes qui lui sont chers et il va constamment osciller entre horreur et fantastique, thriller et douce poésie fantomatique.

L’ouverture se fait avec Willa, une histoire très courte où des personnes se rendent compte qu’elles sont des fantômes suite au déraillement d’un train. Poétique et fantastique, cette histoire est aussi celle d’un amour profond, celui d’un homme qui va contre l’opinion général pour rester avec celle qu’il aime. Bizarrement, ce sera le seul titre touchant avec peut-être Le New-York Times a un Prix Spécial, très courte histoire où un mari défunt, victime des attentats du 11 septembre, appelle sa femme pour lui dire au revoir. En soi, cela n’est pas gênant, puisque l’auteur va en profiter pour aborder d’autres thèmes, même si les attentats des tours jumelles semblent le travailler grandement.

En effet, plusieurs histoires se recoupent autour de cette affaire, notamment le très sympathique Laissés-Pour-Compte, où un homme retrouve chez des objets de ses amis défunts dans les attentats et faisant l’effort de les ramener chez les personnes les plus proches. On remarquera aussi l’hommage vibrant à Lovecraft dans le titre N., une histoire de portail dimensionnel avec des créatures innommables et une folie lancinante qui hantera même le lecteur, dans une histoire crédible et vraiment effrayante. D’ailleurs, Stephen King n’oublie pas de faire peur avec des histoires parfois gores, Le Chat d’Enfer, où un chat maléfique tue des personnes, parfois psychologiques avec N., mais aussi réalistes comme La Fille de Pain d’Epices qui se fait poursuivre par un psychopathe milliardaire sur la plage ou encore scatologiques avec Un Très Petit Coin où un vieillard se fait enfermer dans des toilettes de chantier, porte contre sol et qu’il doit sortir par le fond, nageant dans la merde.

On pourra tout de même apporter quelques réserves sur certaines histoires moins puissantes, ou moins pertinentes. A titre d’exemple, Vélo d‘Appart est une nouvelle très originale, celle d’un homme en surpoids qui devient obnubilé par l’idée que dans son corps il y a un chantier et qu’il doit faire du sport pour faire tourner le chantier, sous peine de cessation d‘activité et donc de vie. Malheureusement, l’histoire est très perchée et elle perd un peu le lecteur dans une histoire qui n’a pas vraiment de sens ou de message. Tout comme Le Rêve d’Harvey ou Fête de Diplôme, des histoires d’une dizaine de pages, qui ne suscitent aucune émotion qui font juste office de note d’intention, parlant de rêve prémonitoire pour l’une et d’explosion nucléaire pour l’autre.

Au final, Juste Avant le Crépuscule est plutôt un très bon recueil de nouvelles, puisque la majorité des textes sont bons, intelligents, innovants et prenants. Stephen King montre une créativité intarissable, et même s’il se perd parfois dans des histoires trop complexes ou encore des textes qui manquent de punch et de personnages attachants, on ne peut renier le talent de ce monsieur a toujours surprendre et proposer des choses inédites. Bref, pas le meilleur recueil de l’écrivain, mais un très bon cru.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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