Goblin’s

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Auteurs : Tristan Roulot et Corentin Martinage

Editeur : Soleil

Genre : Heroïc-Fantasy, Humour

Résumé :

Ils seraient parfaits pour votre dîner de cons du mercredi, pour faire cibles vivantes à l’anniversaire de votre fils, ou comme sujet d’étude pour votre théorie sur les rapports entre malchance et stupidité. Ils sont petits, verts, nombreux, et il n’y en a pas un pour rattraper l’autre… Agressifs, stupides, mais pleins de bonne volonté et d’idées, ce sont les bizuths de l’heroic fantasy : cibles d’entraînement pour aventuriers débutants, jouets des enfants trolls et cure-dents pour les dragons. Ils devront déployer des stratégies toujours plus loufoques pour tenter de survivre au funeste destin qui les attend à chaque page. Autant le dire, ce n’est pas gagné !

Avis :

A l’origine, le comic américain était ce que l’on appelait (et que l’on appelle encore) le comics trip. Il s’agissait de petite ligne de dessin avec un gag ou une petite histoire. Cela apparaissait dans les journaux et petit à petit, le comic est devenu ce qu’il est aujourd’hui, de véritables histoires au sein de gros tomes. La BD quant à elle, s’est de suite illustrée avec des histoires complètes avant de subir un format calibré de 48 planches. Néanmoins, il est arrivé que certaines bandes-dessinées ne fassent pas qu’une histoire et s’inspirent un petit peu du comics trip américain. On peut citer Boule et Bill par exemple, mais ce n’est pas le seul. Aujourd’hui, malgré quelques sorties sporadiques au rayon BD jeunesse, le strip n’est plus du tout à la mode et c’est bien dommage. Alors bien évidemment, quand deux jeunes gens se donnent du mal pour en faire, on les rétrograde au rang jeunesse, malgré un propos drôle, certes, mais aussi extrêmement violent. Parce que Goblin’s, sous ses airs débonnaires, reste une série assez gore où les pauvre petites créatures vertes s’en prennent plein la couenne pour pas un rond. Mais est-ce bien là un digne héritier du strip à l’humour noir ?

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On pourrait être tenté de dire oui et non. En effet, si Goblin’s utilise cela au départ, il tente par la suite de s’en détacher, proposant des histoires plus ou moins longues suivant un thème donné. La première chose qui frappe quand on lit Goblin’s, c’est la cruauté du propos. Les héros sont des victimes qui se font tuer à chaque histoire dans un déluge de sang et de gore. Si cela est peu juste pour se trouver dans le rayon, visiblement les ventes se portent bien et tant mieux pour les auteurs. Cette cruauté n’est pas là par hasard et elle va servir à ce que l’on prenne en affection et en pitié ces pauvres créatures qui sont complètement stupides. Mais pas tant que ça, puisque vers les derniers tomes, on apprendra plein de choses sur les insectes avec des précisions assez étonnantes et il semble un peu bizarre que les goblin’s ne soient pas plus doués.

Enfin, l’essentiel est que ça marche et que l’on va aimer et apprendre à connaître les différents personnages de la série comme l’ingénieur (qui semble avoir les faveurs des auteurs vu l’ampleur qu’il prend dans les derniers tomes), le dresseur, le chef, le ninja, le musclé, l’artificier ou encore le shaman et l’élu. En fait, on pourrait comparer ce village à celui des Schtroumpfs de Peyo, mais en version plus gore. D’ailleurs, la saga est remplie de clins d’œil et de références à beaucoup de domaines culturels touchant de près ou de loin à la culture geek. Les cinéphiles se régaleront de voir Ghostbusters, Terminator ou encore Spider-Man se farcir des peaux vertes, alors que les gamers remarqueront les références à Assassin’s Creed ou encore à Mario sur certaines planches. Mais surtout, la BD fait du pied aux rôlistes, avec d’énormes références au Seigneur des Anneaux mais aussi à Naheulbeuck ou encore Warhammer dans les liens entre gain d’expérience et race de personnage.

Malheureusement, si le début s’annonçait sous les meilleurs auspices, on ne peut pas dire que la saga va en s’arrangeant. En effet, à partir du cinquième tome, la saga à tendance à édulcorer son propos, à faire des gags moins drôles, ou alors avec des situations anachroniques qui ne se justifient pas trop. A titre d’exemple, l’arrivée des Ghostbuster parce que les goblin’s se sont déguisés en fantôme pour faire peur aux voyageurs tient plus de la note d’intention que du véritable travail de scénariste Et cela, on le retrouvera de nombreuses fois, notamment dans les histoires longues qui finissent pas n’avoir ni queue ni tête et qui sont juste un déferlement de gags parfois douteux.

Heureusement, l’ensemble est sauvé pour des dessins très bien réalisés, relativement nerveux et qui font la part belle au sang et au gore. On pourrait d’ailleurs rapprocher ce travail à celui de Mourier sur les Trolls de Troy, car on y voit la même tripaille et les têtes sautent de la même manière. Cela devient vite un défouloir malgré parfois une certaine redondance dans les explosions. Les plus sadiques seront déçus de ne pas voir plus de morts originales histoire de donner du piquant à tout ça.

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Au final, Goblin’s n’est pas une mauvaise série, mais elle perd en qualité sur la fin et c’est bien dommage. On appréciera toutefois le ton donné à cette série, relativement léger et primesautier malgré les propos souvent gores et trash que le destin réserve à ces pauvres bêtes. Goblin’s s’avère être un divertissement honnête, un plaisir coupable pour tout rôliste qui se respecte même si la série pourrait être mieux en prenant plus de risque et en étant parfois un peu plus sadique.

Note : 13/20

Par AqME

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