Karlito – Impact

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Avis :

Le domaine du rap français est un domaine assez obscur et qui trouve parfois ses racines dans des légendes urbaines assez détestables. A la manière des rappeurs américains, il faut toujours qu’il y ait une histoire de mafia, de parrain, de tuerie et autre fusillade. Et bien souvent, ces légendes se retrouvent dans les paroles des chansons, ce qui donne une image parfois sulfureuse au rap français et souvent douteux. Fondé en 1995 par Douma le Parrain, Mafia K’1 Fry est devenu un collectif très connu dans le milieu urbain et a fourni une palanquée de rappeurs français sur le devant de la scène. Karlito se fait connaître en 2001 avec son premier album Contenu Sous Pression, qui reçoit un excellent accueil de la part des critiques. Au sein du collectif, il est réputé pour son écriture assez poétique et son retour sur lui-même. Après plusieurs albums avec le collectif et près de quatorze ans sans album solo, Karlito revient avec Impact, un album qui n’était pas forcément attendu par les fans, mais qui ouvre le bal des sorties rap de ce début d’année 2015 et qui mérite donc que l’on s’attarde dessus. Alors aurons-nous droit aux kalachnikovs, aux appels à la haine, au déni de l’école et autres paroles violentes et vaines, ou sommes-nous en présence d’un rappeur avec un brin de jugeote ?

Le skeud démarre avec Undercover et cela démarre assez mal. Au niveau de l’instrumentalisation, c’est très classique pour du rap français, avec une boîte à rythmes, une sonorité électro qui est redondante et bien entendu, des paroles qui laissent planer un doute sur les intentions de l’auteur. Néanmoins, le flow est bien présent et tout cela n’est pas forcément désagréable à l’écoute. On retrouvera cela dans de nombreux titres du skeud, puisque Karlito gâte ses fans avec un album composé de 15 morceaux. A titre d’exemple, Le Zoo ressemble assez au premier titre, et cela malgré une partie au piano qui est bouffée par les sonorités électro, Ego est aussi dans ce même style malgré une intonation un peu plus agressif ou encore Affranchis avec Rocé, qui propose des paroles qui font un peu pouffer (c’est pas du music-hall, c’est de la musique de hall) et qui lorgne vers des sons électros très basiques. Fort heureusement, tout l’album ne s’axe pas sur les titres agressifs aux paroles parfois un peu too much, sur l’ancienne vie de gangster et la vie en prison. On peut retrouver un titre plus doux avec O Dog Psycho, sorte de tranche de vie d’un homme complètement marteau qui termine sa vie dramatiquement ou encore A la Kiss avec Dry, un titre aux sonorités plus légères et à l’électro plus aéré. Sans être impressionnante, le titre reste assez sympathique.

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Mais le skeud propose aussi des titres qui font plaisir et qui montre que Karlito est un personnage très intelligent et qui ne fait pas la part belle au gangsta ou à des valeurs morales douteuses. Il n’oublie pas que le rap touche beaucoup de jeunes et se permet de véhiculer des messages intéressants et qui font plaisir. A titre d’exemple, on peut citer Défoncer, et qui, malgré un autotunage désagréable et rétrograde, possède un message intéressant, prônant la persévérance pour réussir sans jamais tomber dans la délinquance ou l’excès. No Drama, en featuring avec Leticia Andris est aussi un titre positif qui véhicule de bonnes valeurs, tout en arpentant un rap faisant penser à un certain Youssoupha. Enfin, Victoria est un morceau très tendre, avec une jolie petite guitare et surtout des paroles qui ont du sens et qui annoncent clairement qu’il faut être simple, que l’école est vitale et qu’il faut profiter du moment présent. Sans que cela soit exceptionnel, ces titres changent des morceaux rap que l’on nous sert à la radio, avec des mots intelligents et qui font plaisir à entendre. Enfin, on peut aussi citer Ghetto Youth avec Ruff D, qui lorgne du côté du reggae en citant des références aux musiques de notre jeunesse et de la vie dans les cités dans les années 80.

Au final, Impact, le dernier skeud de Karlito sorti en début d’année est assez intéressant et propose quelque chose de positif. Si on retrouve souvent les scories propres au rap avec des mots violents et des titres à l’instrumentalisation basique, certains morceaux valent le détour et prouve que le rap n’est pas qu’une musique de « racailles » mais bel et bien un art où l’artiste joue avec les mots. Un album pas inoubliable mais sympathique.

  1. Undercover
  2. Le Zoo
  3. Continue
  4. A la Kiss feat Dry
  5. Banga
  6. Ego
  7. O Dog Psycho
  8. Affranchis feat Rocé
  9. Biz Biz
  10. Ghetto Youth feat Ruff D
  11. Défoncer
  12. Illimité
  13. No Drama feat Leticia Andris
  14. La Folie
  15. Victoria

Note : 13/20

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Par AqME

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