Maniac

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De : Franck Khalfoun

Avec Elijah Wood (Frank Zito), Nora Arnezeder (Anna), America Olivo (Frank’s Mother)

Année : 2012

Pays : France / Etats-Unis

Genre : Thriller / Horreur

Résumé :

A Los Angeles Frank, un psychopathe en proie à ses pulsions, recherche des femmes pour leur scalp …

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Avis :

Remake moderne d’un film mythique au même nom réalisé en 198O par William Lustig (célèbre réalisateur de la trilogie « Maniac Cop » et du film « Vigilante » par ailleurs), « Maniac » version 2012 est le fruit de la collaboration entre Alexandre Aja (bien connu depuis son très bon remake, en 2006, de « La colline a des yeux » de Wes Craven, autre œuvre culte), Franck Khalfoun (réalisateur de « P2« , 2007 et « Engrenages fatal« , 2009) et Grégory Levasseur (co-scénariste de tous les longs métrages d’Alexandre Aja avec ce dernier). S’attaquer à une œuvre culte (« La colline a des yeux » de Wes Craven, 1977) Aja et Levasseur l’ont déjà fait et réussi, en surpassant même leur modèle avec « La colline a des yeux » version 2006. Mais « Maniac » a un statut d’œuvre radicale et jusqu’au boutiste (comme son réalisateur William Lustig cf. « Vigilante » par exemple) voué au culte ultime pour un grand nombre d’adeptes de films chocs, une icône, un monument. En faire le remake est donc très ‘couillu’.

Si le pari était réussi sur « La colline a des yeux » en est-il de même ici ?

En ce qui concerne la réalisation, Franck Khalfoun s’en tire bien, avec une très bonne scène d’ouverture jusqu’à l’apparition du titre en grosse lettres rouge, et tout du long la mise en scène est soignée, le travail du directeur de la photographie (Maxime Alexandre) est de qualité lui aussi. Des partis pris tranchants complètement avec l’original sont osés, comme le choix d’une vue subjective pour l’intégralité du film (à quelques exceptions près) mais sont d’une grande fluidité et d’une grande maîtrise, c’est intéressant, mais risqué, souhaitant ainsi nous intégrer au cœur même de l’épouvante, nous mettre dans le corps, l’esprit et le malaise du psychopathe-voyeuriste nommé Frank. Les meurtres des femmes sont quant à eux perpétrés à la troisième personne hors du corps de notre dingo, ce qui est intelligent dans le sens où celui-ci vit chacun de ses meurtres comme l’extériorisation de son mal être intérieur, l’évacuation d’un traumatisme lié au passé. Soulignons aussi les maquillages et effets visuels de très bonne facture, le gore est hyperréaliste.

Si tout cela est plutôt bon, le film a les défauts de ses qualités. Se démarquer de l’original avec ce choix de vue était osé et l’exécution plutôt intelligente dans sa ligne de conduite, si ce n’est lors des apparitions de Franck dans des miroirs, vitres, … trop prévisible et détachant en quelque sorte le spectateur du spectacle et paradoxalement de la volonté qui était d’être plus oppressant. De plus le choix des acteurs manque de pertinences, les intentions sont là mais ne suffisent pas, se démarquer n’est pas tout, Elijah Wood n’a pas le physique et encore moins le charisme (en temps normal déjà) ni le talent de Joe Spinell, incroyable Frank Zito bien en chair, suant, terrifiant et complètement habité de chez Lustig. De même les très bonnes qualités esthétiques (mêmes les mannequins avec leurs scalps ensanglantés, aux mouches virevoltantes, restent ‘trop’ beaux par exemple) et la retranscription dans un environnement plus propre et sophistiqué enlèvent une grande part du côté dégueulasse et crado que l’on trouvait au précédent. Enfin l’approfondissement psychologique tenté du personnage, qui veut apporter une certaine stabilité au récit le dessert plus qu’autre chose.

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« Maniac » premier du nom était un uppercut dans la face, possédant une atmosphère étouffante, cradingue et glauque à souhait de laquelle nous ressentions toute la puanteur et ne souhaitions que nous échapper tout en restant scotcher devant l’écran par fascination, la prestation de Joe Spinell contribuant énormément. (J’y suis quand même allé à deux reprises pour le voir à l’époque, l’ouverture sur la plage et ses respirations m’ayant tellement mis mal à l’aise, ce n’est pas le genre de film que l’on regarde n’importe quand !).

Au delà d’une modestie et d’un profond respect du matériel d’origine et du public, d’une envie de partage d’une péloche traumatisante qui a marqué les esprits, « Maniac » version 2012 subit l’impact de son aîné, mais encore plus les choix visant à s’en affranchir, louables cependant. Ceci dit il reste un film possédant de réelles qualités, de bonnes intentions, et bien au dessus d’un grand nombre de film de frousse à la sauce ‘teenagers’ ou remake par simple choix marketing profitant d’une réputation … Ici nous avons le droit à une vrai proposition de cinéma d’horreur, mais qui manque cruellement d’impact …

Note : 11/20

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Par Serval

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