juin 23, 2024

Opeth – Pale Communion

Opeth-Pale-Communion

Avis :

Le death métal est un style assez obscur qui ne fera jamais partie des hits à la radio. Tout comme ses petits frères que sont le métal, le doom, le heavy, le black ou encore le groovy métal, ce genre de musique ne fait malheureusement pas partie de la culture de masse populaire. Mais quand on porte une oreille attentionnée à ce genre, on se rend vite compte que le Death emprunte à beaucoup de styles et qu’il est plus complexe que ce qu’il en a l’air. Opeth, groupe suédois porté par son leader charismatique Mikael Akerfeldt, existe depuis 1990 et forme le groupe le plus connu dans ce genre. Il faut dire que la formation ne se contente pas de faire du death pour faire du death, mais on ressent une profonde influence artistique au sein du groupe, ajoutant souvent des sonorités jazz et blues dans les compositions. Mais comme tout groupe, Opeth connait une phase de changement et leur dernier album marquait un changement de cap incroyable, passant du death au rock progressif. De ce fait, les fans furent surpris, déroutés, créant ainsi une fissure entre ceux qui sont restés fans et les autres. Alors que lors du dernier Hellfest le groupe chantait leurs morceaux les plus brutaux, Pale Communion suit la ligne directrice du précédent album, c’est-à-dire du rock progressif pure souche. Alors que vaut vraiment ce dernier skeud ?

Le skeud démarre avec Eternal Rains Will Come et cela commence comme un morceau de free rock, où l’on sent que le guitariste se fait plaisir et joue pour lui. Ce qui demeure un peu excluant va vite devenir très bon grâce à une rupture calme puis la voix posée et sublime de Mikael Akerfeldt qui laisse l’auditeur sur quelque chose de planant et de techniquement impressionnant. L’omniprésence du clavier renforce cette sensation d’apesanteur dans le morceau. Alors effectivement, on est loin, très loin du death et on est réellement dans du prog, mais cela reste efficace et permet d’entendre toute la maestria du guitariste. Cusp of Eternity est un titre un peu plus pêchu, mais il reste surement le titre le moins efficace de tout l’album. La raison est bien simple, le rythme laisse envisager un morceau un peu plus métal, mais il sera vraiment redondant et il manque vraiment quelque chose pour le rendre bien plus accrocheur. Malgré cela, le solo de gratte est impressionnant et mais le titre ne restera pas en tête et on sentira un vrai manque d’énergie dans le thème. C’est alors qu’arrive Moon Above, Sun Below, pièce maîtresse du skeud puisque le titre dure quasiment 11 minutes. Opeth en profite alors pour étaler toute sa palette artistique, passant du prog au hard, en passant par une légère pointe métal. Le titre est assez sombre et malgré sa longueur, on ne s’ennuie pas un seul instant. A contrario, Elysian Woes est un morceau très calme, très posé, qui demeure assez aérien mais qui aura du mal à convaincre à cause de sa lenteur et de sa redondance. Le titre n’est pas désagréable, mais on aura du mal à l’imaginer sur scène.

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Pour marquer la moitié du skeud, qui ne comprend que huit morceaux mais pour plus de cinquante minutes d’écoute, on a droit au titre Goblin et les plus cinéphiles auront du mal à ne pas voir l’évident hommage qui est fait au groupe de prog qu’utilisait Dario Argento pour ses films d’épouvante. L’hommage est tellement vibrant que l’on a vraiment l’impression d’écouter du Goblin avec l’omniprésence du clavier mais aussi des mélodies tortueuses et assez complexes. Le titre est assez agréable même s’il reste surprenant dans le skeud, marquant une nette rupture avec le reste. La rupture sera d’autant plus nette avec River, le meilleur morceau du skeud. Mélancolique, technique, on a parfois l’impression d’entendre du Pink Floyd dans leur meilleure forme, avec une teinte de rock sudiste pour le solo. C’est beau, c’est prenant et c’est fait avec intelligence. Il s’agit réellement du titre le plus accessible et le plus intéressant de l’album, surtout que la fin du titre (durant plus de sept minutes) devient de plus en plus proche du métal. Voice of Treason renoue avec le rock prog pure souche avec des débuts difficiles et peu accrocheurs pour finir sur une fin tonitruante où le chanteur laisse planer sa sublime voix, ce qui en fait un titre moyen, mais relativement bien foutu. Enfin, Faith in Others clôt cet album de manière fort apaisante et fort calme. Le titre est doux, relativement lent, posant une ambiance un peu délétère et mélancolique. Seulement, tout cela reste un peu trop lent et finalement peu accrocheur pour un groupe comme Opeth.

Au final, Pale Communion, le dernier album de Opeth n’est pas une déception mais il n’est pas non plus une immense réussite. Relativement difficile d’accès, il ne se dévoile qu’après maintes écoutes, laissant l’auditeur dans une position délicate, entre fascination et déception suivant ce qu’il attend du groupe. Assez insidieux, cet album reste tout de même un très bon cru dont il serait dommage de se priver tant le rock prog se fait rare et trop excluant, un peu comme le free jazz où les musiciens se font plus plaisir à eux qu’au public.

  1. Eternal Rains Will Come
  2. Cusp of Eternity
  3. Moon Above, Sun Below
  4. Elysian Woes
  5. Goblin
  6. River
  7. Voice of Treason
  8. Faith in Others

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=CoW3Sywb5xQ[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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