
De : Simon McQuoid
Avec Karl Urban, Lewis Tan, Joe Taslim, Hiroyuki Sanada
Année : 2026
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, Fantastique
Résumé :
Les champions plébiscités par les fans – désormais secondés par Johnny Cage en personne – s’affrontent dans un tournoi ultime, sans foi ni loi, pour tenter de renverser le règne de Shao Kahn, un tyran qui menace l’existence même de l’Earthrealm et de ses partisans.
Avis :
Simon McQuoid est un réalisateur australien qui, avant d’arriver au cinéma, est passé par la publicité pour se faire connaître. C’est là qu’il développe un vrai sens du visuel et du spectacle, avec une efficacité immédiate dans l’image. Il débute au cinéma avec “Mortal Kombat” en 2021, adaptation de la célèbre licence de jeux vidéo. Simon McQuoid s’inscrit dans un cinéma de divertissement assumé, avec une volonté de proposer des films accessibles, rythmés et spectaculaires, tout en cherchant à donner une vraie identité visuelle à ses projets.

Bon, autant le dire de suite, je ne sais absolument rien de “Mortal Kombat”. Oui, à quarante-deux ans, je suis un novice total. Je n’ai jamais joué aux jeux vidéo, je n’ai pas vu le film de 1995, ni celui de 2021. Alors bien sûr, je connais le principe, mais ça s’arrête là. Mais alors pourquoi commencer par ce deuxième film ? Une envie de bagarre… ouais c’est ça, une envie de voir de la bagarre. Et pour le coup, j’ai été servi.
« drôle, fun, démesuré et totalement assumé »
Débile au possible, avec un scénario qui tient sur un post-it et des prestations d’acteurs qui en font des caisses, je dois dire que pour une première incursion, ce “Mortal Kombat II” m’a greffé un sourire sur le visage du début à la fin. Ce fut drôle, fun, démesuré et totalement assumé comme tel, ce qui fait que maintenant, j’ai presque envie (quand même) de voir le premier film.
Un empereur maléfique veut mettre la main sur le monde Terre. S’il y arrive, c’est la fin du monde comme nous le connaissons. Les dieux ont choisi des champions pour l’arrêter et tout va se jouer dans une succession de combats. Parmi eux, Johnny Cage, une ancienne star de films d’action des années 80 dont plus personne ne veut vraiment.
Décidément qu’est-ce que j’aime le cinéma. Cet art a cette capacité de surprendre d’un film à l’autre, parfois là où on ne l’attend absolument pas. Quand le premier “Mortal Kombat” est sorti en 2021, il n’y avait pas assez de pages pour dire à quel point ce film était mauvais. On imaginait alors un arrêt pur et simple et pourtant, cinq ans plus tard, un deuxième film voit le jour. Et va savoir quelle mouche m’a piqué, je me suis laissé tenter… et je ne regrette pas du tout. C’est vrai que le film a des sabots énormes. Le scénario, c’est un petit fil rouge où l’on voit tout arriver dès les premières minutes. Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre les rouages, les rebondissements et même le dénouement alors que le film a commencé depuis dix minutes.
« “Mortal Kombat II” coche toutes les cases du film qui vient flatter une forme de nostalgie »
Avec ça, il faut composer avec un univers visuel qui respire le fond vert à plein poumons. Franchement, ils n’ont pas fait semblant. Non, ils font même mieux que ça, ils s’assument totalement, allant à fond dans leur délire. Mais comme c’est assumé sans aucune honte, là où sur d’autres films ça aurait pu être rédhibitoire, ici il y a une forme d’indulgence qui se crée. On accepte, pire encore, on apprécie. Et c’est là que le film devient intéressant, parce que malgré tous ses défauts évidents, il fonctionne.
Pourquoi ? Parce que le film est fun, tout simplement. Les mecs ont réussi à créer un spectacle à partir d’un concept ultra basique où deux personnages se mettent sur la gueule, et à en tirer quelque chose de généreux. Il y a des bastons, beaucoup de bastons, des chorégraphies qui ont de la gueule, des personnages visuellement marqués, de l’humour, des références, et surtout une vraie envie de divertir. Et derrière ça, il y a ce petit parfum de cinéma des années 80, encore une fois totalement assumé, qui vient toucher une corde sensible. Ce côté bourrin, excessif, sans nuance, mais terriblement efficace, ça rappelle un cinéma qu’on ne voit plus vraiment aujourd’hui.
En fait, à bien y réfléchir, alors que tout est grossier, bruyant, parfois même ridicule, dans un autre sens “Mortal Kombat II” coche toutes les cases du film qui vient flatter une forme de nostalgie. Et c’est sûrement pour ça qu’on laisse passer énormément de choses. Parce qu’au fond, on passe un bon moment. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande.

Ainsi donc, ce deuxième “Mortal Kombat” se pose comme une sorte de plaisir coupable. Oui c’est con. Oui on le sait. Mais on ne peut pas s’empêcher d’apprécier le spectacle, la bêtise du truc, ses gros sabots qui cassent tout sur leur passage. Bref, comme je le disais, le cinéma est vraiment un art surprenant.
Note : 10,5/20
Par Cinéted
